‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 151 sur 201 · FAM. DES MOUCHES A SCIE. —— GÉNÉRALITÉS. A · texte numérisé non relu

FAM. DES MOUCHES A SCIE. —— GÉNÉRALITÉS. A

huit à vingt-quatre pattes, au lieu que les chenilles qui en ont le plus n’en ont que seize; 3° leurs pattes membraneuses sont nues, au lieu d’être bordées de crochets; 4° enfin, elles n’ont, de chaque côté de la tête, qu’un seul œil assez gros, au lieu que les chenilles en ont cinq ou six très-petits, Comme ces différences réelles n’empêchent pas que ces larves n'aient d’ailleurs une ressemblance frappante avec les chenilles, tant par leur forme extérieure que par leur manière de marcher, de vivre, de filer leur coque, M. de Réaumur a cru pouvoir leur donner le nom de fausses chenilles, nom qui leur est resté.

Les fausses chenilles ont toutes une attitude singulière qui les fait remarquer : la plupart, dans leur repos, ont le corps roulé en un ou deux tours de spirale comme de petits serpents, ce que ne font pas les chenilles; d’autres, tenant la tranche d’une feuille pincée entre leurs premières jambes, élèvent le reste de leur corps en Pair, en le contournant en S, telles sont celles du pemphredo du saule et du friedo du rosier. Enfin, pour peu qu’on les touche, elles se roulent en spirale, et si on continue, elles se laissent aussitôt tomber par terre comme mortes, telest le tenthredo de l’oseille.

La fausse chenille du saule, pemphredo, a quelque chose de bien plus extraordinaire : lorsqu'on la touche, non-seulement elle se contracte en spirale, mais encore elle lance, de divers endroits de son corps, de petits jets d’eau qui vont quelquefois à plus d’un pied de distance.

Les fausses chenilles ont pour leur nourriture la plus ordinaire les feuilles des arbres. Les groseilliers en sont quelquefois entièrement dépouillés dès le mois de maï. Il en est une petite, lente, à peau gluante et sale, semblable à une petite limace, qui est quelquefois si commune sur les feuilles de divers arbres fruitiers qu’elle en ronge tout le

parenchyme, n’en laissant que le squelette. Le pemphredo du chèvre-feuille suinte de même de tous les pores de sa peau une eau gluante d’une odeur forte et désagréable.

Quelques-unes de ces chenilles se filent, avec une filière de leur bouche, une coque pendante sous les feuilles des arbres. Les autres quittent la plante sur laquelle elles vivaient, descendent et vont s’enfoncer sous la terre où elles font leur coque; et c’est pour cette raison qu’on voit souvent un groseillier ou un rosier sans aucune fausse chenille, le soir, pendant que le matin du même jour il en était tout couvert.

La plupart de ces coques sont doubles et d’un tissu en réseau très-fort et à mailles larges, pour laisser pénétrer Phumidité de la terre, sans laquelle leurs nymphes périraient. C’est ordinairement faute de cette humidité que celles qu’on élève chez soi dans des boîtes réussissent rarement, au lieu que les chenilles des sphinx et autres phalènes qui font parallèlement leur coque dans la terre, réussissent ordinairement parce qu’elles n’exigent pas autant d'humidité.

Au lieu de se métamorphoser en chrysalides comme les papillons, les fausses chenilles se métamorphosent en nymphes dont toutes les parties sont distinctes à l’extérieur comme celles des larves; les nymphes des fausses chenilles qui ont été pondues en avril, et qui ont fait leur coque six semaines après, c’est-à-dire en mai, deviennent ailées ou mouches à scie vingt jours après, ou en juin au plus tard.

Les mouches à scie diffèrent beaucoup entre elles par la forme de leurs antennes, par le nombre de leurs articulations, par la position de leurs pattes et par la forme de leur ventre; toutes portent les ailes croisées et horizontales.

Leur couleur dominante est le noir; il y en a de vertes, de rougeätres et de jaunes, qui imitent un peu la couleur

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