FAM. DES MOUCHES A SCIE. — GÉNÉRALITÉS
des guêpes. Celles qu’on appelle quépes cartonniéres de Cayenne sont de ce genre : elles font un guëêpier de carton pendant aux arbres.
Ces mouches à scie s’accouplent peu après leur transformation en insectes ailés, et la femelle pond peu après.
Toutes les femelles portent, couchée dans la coulisse qui est sous l'extrémité de leur ventre, une tarière comparable à celle de la cigale, composée de trois pièces dont deux lames et un aiguillon; les lames sont chagrinées et font l'effet d’une râpe ou d’une lime, pendant que l’aiguillon, qui est barbelé ou denté, fait Peffet d’une scie.
C’est avec cet aiguillon qu’elles déposent leurs œufs, soit dessus soit dessous les corps qui doivent servir de nourriture à leurs petits.
Celles qui, comme la mouche à scie du rosier, les enfoncent dans les jeunes branches, s'occupent, dans les beaux jours du mois d'avril et de juin, vers les dix heures du matin, à faire cinq à dix entailles par jour, pour déposer un œuf dans chacune. Les entailles ne ressemblent d’abord qu’à une fente, à une saignée; mais, au bout de quelques jours, elles prennent de la convexité, de sorte que leur file représente une file de grains de chapelet, par laccroissement des œufs qui y grossissent avant que d’éclore et non par l’épanchement des sucs dans la plaie.
D’autres espèces écartent tellement les lèvres des plaies qu’elles font aux plantes que leurs œufs paraissent à découvert, rangés par paires comme les graines des gousses de plusieurs plantes.
D’autres les insinuerit dans le pistil des fleurs, des arbres fruitiers, tels que le poirier, le pommier, le pêcher, ete. C’est ce qui occasionne la chute de tant de boutons de fleurs qu’on attribue faussement à des vents froids; à peine ces fruits sont-ils tombés que la petite larve en sort, entre en
terre où elle se file une coque d’où sort une petite mouche à scie. La fausse chenille qui éclôt de l’œuf que quelquesunes déposent dans un bouton de rose ne reste pas dans ce bouton; elle s’y enfonce , pénètre le centre de la petite branche qui porte ce bouton, et gagne le long de la moelle en descendant. |
Enfin, il y en à qui, comme le pemphredo et le triedo du rosier, posent tout simplement leurs œufs en forme de plaque sur les nervures des feuilles. Ces œufs, ainsi que ceux des entailles du rosier, grossissent considérablement avant que d’éclore, par la seule transpiration de la feuille qui en pénètre les pores. On peut s’assurer de la vérité de ce fait, en prenant deux feuilles chargées de semblables œufs, et mettant la queue de lune dans Peau, et l’autre sur une table sans eau. On verra que ceux-ci se sécheront pendant que les autres grossiront et écloreront ensuite.
Les fausses chenilles des œufs ainsi pondus en juin filent leur coque en juillet et deviennent insectes ailés, ou mouches à scie, en août, et pondent une autre génération dont Îles fausses chenilles filent en octobre leur coque, sous terre, à deux pouces de profondeur où elles passent l’hiver dans l’état de nymphe, pour devenir insecte ailé en avril de Pannée suivante.
On trouve aux environs de Paris, surtout au bois de Boulogne, sur le chêne, autour des nids de chenilles processionnaires , depuis le mois de mai jusqu’à celui de janvier, trois sortes de coques qui sont suspendues aux branches par un fil long de trois à quatre pouces, et qui ont la faculté de sauter lorsqu'on les expose sur une table ou à une température chaude, telle que celle de la main. Ce saut, qui va jusqu’à trois à quatre pouces, était nécessaire à l'insecte pour remettre cette coque en suspension toutes les fois que le vent la fait reposer sur une feuille ou sur une branche.
FAM. DES MOUCHES A SCIE. — RUCHIPS, CARNIPTA. 407
Pour l’exécuter, Pinsecte, contenu dedans dans l’état de nymphe, replie son corps en demi-cercle, de manière que son dos, touchant au dos de la coque, et sa tête et son anus aux deux bouts, il se laisse débander ; alors son ventre devient convexe comme était le dos, et les deux bouts de son corps frappent le haut de la coque avant que le ventre soit parvenu à en frapper la partie inférieure.
L'espèce la plus commune de ces coques à deux lignes de longueur sur une largeur de deux lignes.
Le ver qui la forme est blanc, à tête noire, écailleuse, à deux mâchoires, semblable à celui des guêpes, et se transforme en nymphe sans quitter sa peau ; transformation qui est d’un genre particulier.
La nymphe devient ailée en juin et donne un petit tenthredo à antennes à massue, coudée, de douze articles dans le mâle, et de onze dans la femelle qui, après s'être accouplée, va pondre ses œufs dans les cheniiles processionnaires ou dans une chenille qui vit des feuilles du lilas.
Les vers qui en naissent, ou leurs nymphes, sont quelquefois mangés par une espèce de carnips qui y pond ses œufs, de même que le salticoque pond les siens solitairement dans autant de chenilles.
Le RucHIPS ou le ver mangeur de chenilles, Réaum., à cela de particulier que ses larves qui ont six pattes écailleuses, douze à seize membraneuses et une tête écailleuse à deux màchoires comme celles des ichneumons et des abeilles, en sortant des corps des chenilles se filent leurs coques sans duvet, distribuées de manière qu’étant les unes au-dessus des autres, comme on range des tonneaux, avec celle seule différence qu’elles sont collées ensemble, elles ont Fair d’un gâteau ou d’un côté de rayon de ruche à miel.
Le cARNIPTA et le PSEN, Arist., sont des genres de tenthredo qui ont une autre singularité, c’est qu’ils savent choisir
parmi les pucerons et les œufs de punaise, de papillon et autres, les œufs qui ont déjà été piqués par une espèce d’ichneumon pour y déposer un œuf dans la larve de cet ichneumon, qui se nourrit de la substance du puceron; la larve du psen vient à éclore, se nourrit de celle de l’ichneumon, qui périt peu après. Nombre de psens sortent ainsi des coques d’ichneumons qu’ils ont fait périr,et qui,eux-mêmes, avaient vécu dans des chenilles ou dans d’autres insectes.