‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 17 sur 201 · FAMILLE DES LÉZARDS. — CAMÉLÉON · texte numérisé non relu

FAMILLE DES LÉZARDS. — CAMÉLÉON

3° Le ial du Sénégal, scinc ou mabouia des Antilles ; 4 Le cordyle, cordylus ;

5° Le scinc, scincus;

6° Le gecko, gecko, Ind.;

7° L’iguane , Sénégal , ou le lézard à goître sous le cou ; 8° Le caudiverbera, fouette-queue ;

9° Le Geltabé, Sénégal ;

10° Le mbott, Sénégal ;

11° Le lézard, lacerta, stellio, anoli, calotes, Linne: 12° La salamandre, salamandra ;

13° Le crocodile, erocodilus , caïman ;

14° Le chalcites, Plin., ou seps.

Le GAMÉLÉON , chamæleo, a le corps très-comprimé par les côtés, tranchant sur le dos et sous le ventre, à langue en massue avec cinq doigts à chaque pied tous onguiculés, mais réunis en deux mains dont l’extérieure n’a que deux doigts pendant que l’intérieure en a trois. J’en connais quatre espèces qui sont : 1° le caméléon du Sénégal à tête creuse en dessus ; 2 le caméléon d'Égypte à tête avec trois tubereules; 3° le barotso de Madagascar à tête à deux cornes en devant; 4 un autre barotso du même pays à nez charnu avancé en corne conique.

Le caméléon appelé koketar au Sénégal , a six pouces de longueur du bout du nez à l'anus et autant de l'anus au bout de la queue, ce qui fait en tout un pied : il est donc d’un pouce plus grand que celui d'Égypte, dont on dit que les plus grands n’ont que onze pouce de longueur.

ll est très-commun dans tout le pays du Sénégal, où on le trouve non pas à terre ni sur les rochers où il ne peut marcher, mais perché sur les arbrisseaux à la hauteur de trois ou quatre pieds, la queue roulée autour d’une branche horizontale qui lui sert de soutien.

Cette posture lui est si naturelle et si familière qu’il n’en a jamais d’autres, ni pour veiller , ni pour dormir, ni pour manger. Lorsqu'il marche il n’y a que la queue qui change de position en se déroulant, car dès qu’il est posé dans un

endroit il la roule de nouveau autour d’une branche pour s’y fixer. Sa marche est aussi lente au moins que celle de la tortue. |

Les jeunes caméléons sont d’un jaune vert, les adultes sont d’un jaune gris, et les vieux d’un brun noir. Il est bien étonnant que l’on ait dit jusqu’ici que cet animal change de couleur à chaque instant et que son corps prend toutes les teintes de ceiles qu’on lui présente, au point que le public le regarde comme le symbole des flatteurs et des courtisans auxquels il a coutume d'appliquer son nom. Si les naturalistes avaient bien observé cet animal ils auraient remarqué que ce changement si célébré et attribué à ses passions intérieures, à la crainte, à la colère, à la joie, à ses gentillesses même, ne dépendent que de la tension ou du relâchement de sa peau dont la structure, bien connue et mieux examinée , aurait donné le dénoùment de cette prétendue merveille; voici en quoi il consiste : sa peau est chagrinée ou composée de petits tubercules assez égaux et semblables à des écailles qui, dans l’état naturel de tranquillité, se touchent les uns les autres, et qui, au contraire, lorsque la peau s’enfle et s’étend , se trouvent écartés et séparés les uns des autres par un intervalle qui est brun plus clair dans les jeunes que dans les vieux. Or, les tubercules ou écailles qui forment le chagrin des jeunes étant jaune vert, ceux des adultes, jaune gris , et ceux des vieux étant brun noir, ces derniers en enflant ou désenflant leur peau lorsqu'ils se mettent en colère ne changent pas sensiblement de couleur; les adultes sont mêlés de brun et de jaune gris, pendant que les jeunes passent du jaune vert au brun ou au cendré clair. Tous les raisonnements qui ont été faits pour expliquer ce changement et qui n’ont pas eu cette observation pour base, ont mené à des conclusions aussi singulières que peu satisfaisantes.

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