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h94 DIX-NEUVIÈME SÉANCE.
vet, le tigre jaune, le drap d’or, la brunette, etc., sont de ce genre.
Le coRNET, conus, a la coquille exactement conique à sa base, c’est-à-dire à sommet tronqué où aplati; tels sont la tinne de beurre, le cierge, lPaile de papillon, la couronne impériale et la moire, qui sont dentelées.
La POURPRE, purpura, qui donne la teinture de ce nom si connue par les anciens, est un genre de coquillage qui comprend plusieurs espèces qui ont la même propriété. Tous ont une coquille à sommet allongé, à ouverture elliptique, avec deux échancrures, une en bas et l’autre en haut, dont celle-ci laisse passer le tuyau linguiforme de la respiration.
Le suc colorant qui se trouve dans cet animal est, en trèspetite quantité, dans un repli placé sur le dos; lorsqu'on le détache des rochers sur lesquels il rampe, il jette promptement ce suc, qui est perdu à moins qu’on ne le recoive avec précaution ; quand il est bien conditionné il est blanc; mais exposé au soleil il devient en moins de cinq minutes successivement vert pâle ou jaune, vert foncé d’émeraude, puis bleuûtre, et enfin pourpre vif et foncé. Cette couleur est si tenace sur le linge qu’elle résiste aux débouillis les plus forts; le sublimé corrosif la rend encore plus tenace.
Les anciens, Aristote et Pline n’ont pas connu ces changements de couleur dans la liqueur pourprée, parce qu’ils la faisaient passer tout d’un coup à la couleur pourpre en la délayant dans une grande quantité d’eau; ils ne tiraient donc pas cette couleur en cherchant le réservoir dans lani mal; il y a apparence qu’ils écrasaient le coquillage et qu'ils le faisaient bouillir dans beaucoup d’eau dans des chaudrons d’étain, où ils le laissaient évaporer. Selon M. Turpleman, il faut y ajouter du sel marin, non pour aviver la couleur, mais pour la préserver de corruption pendant lévaporalion.
FAM. DES LIMAG. — MUREX, BUCCIN, CÉRITE. 495
Le MuREx ou ROCHER ne diffère de la pourpre que parce que sa coquille à des tubercules en pointe.
Tyrioque ardebat murice lana, dit Virgile, liv. IV. Toutes les espèces de ce genre, ainsi que celle de la pourpre et du buccin, rendent plus ou moins de cette liqueur dont les anciens teignaient leurs robes en pourpre, en quoi les Tyriens excellaient. Elle servait d’encre aux empereurs romains pour signer leurs édits, et nul autre qu'eux ne pouvait user de cette encre sans commettre un crime de lèse-majesté.
À Panama, dans le golfe du Mexique, on trouve deux espèces de ce genre dont les habitants ramassent une quantité suffisante qu'ils écrasent entre deux pierres bien polices et dans le suc desquelles ils plongent aussitôt des fils de coton ou leurs étoffes, qui y prennent aussitôt une couleur rouge qui devient d’autant plus belle qu’on la lave davantage.
Le pisseur d'Amérique est encore de ce genre, et rend gros comme une noisette de cette belle pourpre; il faut y joindre le bois veiné, le fondu, la musique, le rocher triangulaire, le turban ou le casque, etc.
Le gucei, buccinum, ainsi nommé parce que les anciens s’en servaient comme de trompette pour la guerre, ne diffère du genre de la pourpre que parce que sa coquille n’a qu’une échancrure à sa partie supérieure seulement, et que les yeux de l’animal sont placés à la base ües cornes et non à leur milieu comme dans la pourpre.
Le barnet du Sénégal, qui casse sa coquille, est de ce genre.
Le grand fuseau blanc, ia mitre, la tour de babel, la tulipe, le minaret, la tiare, la grimace sont aussi de ce genre.
La cÉRITE, confondue jusqu'ici avec les genres qui n’ont pas d'opercules, comprend le clocher chinois, le popel du Sénégal, dont la coquille se casse.
Le vIGNOT ou BIGOURNEAU, est un coquillage qui a les deux
sexes séparés comme dans les pourpres, la coquille épaisse, lopercule cartilagineux, et qui se mange cuit dans Peau avec beaucoup de sel sur les côtes de la Bretagne. La guignetle en est une espèce. En Hollande, où on lPappelle alu kruyk, on l'estime d'autant plus qu’on la sale davantage.
Le vivirare, autre genre de limacor fluviatile de nos eaux douces de l’Europe, qui pond ses petits vivants et non en œufs, et dont la coquille est mince, verdâtre, avec un opercule cartilagineux, produit cinquante à cent petits vivants. Il ne se mange pas.
Le VERMET, vermetus, Ad., est un coquillage à opercule orbiculaire, cartilagineux, à deux cornes et deux filets, à deux yeux à la base des cornes, et dont le tuyau, qui se colle d’abord à tout ce qui le touche, est replié et contourné en différents sens. Tous les auteurs les ont confondus avec les pinceaux, qui ont des tuyaux à peu près semblables, mais reconnaissables à ce qu’ils ont une petite côte aiguë qui règne sur leur longueur, au lieu que ceux-ci sont exactement cylindriques et striés en long.
Le saBor, {urbo, a la coquille épaisse, nacrée au dedans un opercule cartilagineux rond, quatre cornes et des filets sur les côtés de lPanimal ; la magriette de Normandie, le cadran, la friperie, le bouton sont de ce genre.
La rourir diffère du sabot en ce que 1° sa coquille n’est pas nacrée; 2° son opercule m'est pas rond; 3° l'animal n’a que deux cornes et aucun filet.
Le marnat, le boson, le daki et le rifet sont de ce genre.
Le BurGo diffère du sabot seulement en ce que son opercule, qui est aussi rond, est pierreux, très-épais, recouvert d’une lame cartilagineuse.
La veuve, ou le livon, la bouche d'or, la bouche d'argent, la peau de serpent, le toil chinois, la lampe antique, ‘le paon, le dauphin, le dragon, la sorcière en sont des espèces.
FAM. DES LIMACONS. — NÉRITE 1h97
L’olearia, Vhuilier des anciens, était assez grand pour contenir deux pintes ou quatre iivres de liqueur ; ils en faisaient usage pour mettre de l'huile.
La nacre du burgau, appelée burgaudine, est très-épaisse et plus brillante que celle des perles; les ouvriers en font des couteaux, des navettes, des tabatières et autres jolis cuvrages.
La NÉRITE , nerila, coquillage à quatre cornes, dont la coquille est hémisphérique, non nacrée, avec un opercule pierreux sans cartilage, qui approche plus que tout autre des conques par la manière dont son opercule est rapproché et joue dans une espèce de charnière, à peu près comme les deux valves ou battants des conques, mais sans aucun ligament. La forme äe l’opercule, qui est toujours plat sans spirale, le différencie encore des conques bivalves.
La guenotteensanglantée, la pintade, ete., sont de cegenre.
2e Famizze. LES CONQUES, CONCHÆ.
Les conques diffèrent des limaçons 1° en ce qu’ils ont au moins deux pièces de coquille en battants à peu près égaux, et unis étroitement ensemble avec un ligament et souvent avec une charnière dentée; 2° deux muscles attachant les deux pièces de coquille, une à chaque bout; ils n’ont ni yeux, ni cornes, ni mâchoires, mais seulement un manteau et un pied.
Le manteau est partagé en deux membranes quelquefois sinples, quelquefois frangées ou bordées de filets qui recouvrent tout l’intérieur de la coquille, et qui opèrent tout son accroissement; l’extrémité supérieure de ce manteau se rapproche ou est réunie pour former deux tuyaux simples ou bordés de filets, dont lun sert à inspirer l’eau et la nourriture, et l’autre à lexpirer avec les excréments.
C’est au bas de ces tuyaux qu'est ouverture de la bouche, qui est placée entre quatre petites lames, ou caroncules en croissant ; plus bas on voit quatre ouïes, deux de chaque côlé, sous la forme de quatre grandes membranes pareillement en croissant, striées en travers; enfin le corps forme un ovale, et à son extrémité est le pied, qui sert non pas à ramper, parce qu’il n’a pas d’empatement, mais à fendre comme un couteau, ou à appuyer comme un point d'appui pour passer le corps en avant.
Tous ces animaux sont vivipares et hermaphrodites; ils contiennent deux ovaires et deux vésicules séminales, chacune ayant son canal.
Quelquefois, au-dessus du pied, on voit une filière, comme dans les jambonneaux, les noarches, etc.
Cette famille se divise naturellement en deux sections, savoir : 1° les bivalves, qui n’ont que deux pièces de coquille ; 2° les multivalves, qui ont depuis trois jusqu’à sept pièces de coquille.
ire Secrion. LES CONQUES BIVALVES.
Les conques bivalves comprennent trente et un genres, dornit les plus remarquables sont : le couteau ou coutelier, s0- Len, la palourde, peloris, la chame, ou le lavignon, chama, le pétoncle, petunculus, la clonisse, clonissa, la telline, tellina, la moule, mytulus, la perlière, margaritifera, lhuitre, ostreum, le spondyle, spondylus, l’'anomie, anomia, la mussole, ou arche de Noé, le peigne, pecten, le jambonneau, perna.
Le COUTELIER , OU MANCHE DE COUTEAU, solen, cannulichio en Italie, pivot en Angleterre, a la coquille très-longue, à battants égaux , rapprochés en cylindre ou articulés par les deux bouts, le manteau fermé en tuyau, avec deux cylindres réunis à bords dentés.