FAM. DES CONQUES. — PALOURDE, PÉTONCLE
Ce coquillage reste dans le sable, où il s'enfonce quelquefois à deux pieds de profondeur; il n’a pas d’autre mouvement progressif que d’y monter et d’y descendre.
Il se mange. Pour le tirer de son trou, on se sert d’une longue pointe de fer appelée dardillon, ou bien on jette après la retraite de la mer une pincée de sel dans son trou, et on le saisit dès qu’il sort.
La PALOURDE, peloris, a la coquille elliptique, béante par les deux bouts, le manteau ouvert en deux membranes, et deux tuyaux frangés au bout, enfoncés de deux à trois pouces dans la vase. Son ligament est placé hors la coquille.
On en mange beaucoup en Provence et en Poitou.
La CHAME, chama, a la coquille ovoide ou ronde avec une petite ouverture, ou béante, d’où lui vient son nom de chama. Les filets de ses deux tuyaux sont simples.
Elle vit, comme la palonide, enfoncée dans le sable.
On la mange de même.
La tricotée, ou la corbeille, la chagrinée, la vieille ridée, la calcinelle, l'écriture arabique ou chinoise, le zigzag, etc., sont de ce genre; la flammette, la poivrée, piperata en Italie, se mange à cause de son goût de poivre.
Le LAvIGNON , hiatula, ne diffère de la chame qu’en ce que sa coquille a un pli ou une côte sur uu des côtés.
Le PÉTONCLE, petunculus, a la coquille béante, arrondie, mais plus renflée que celle de la chame, et quatre dents au lieu de deux à la charnière de chaque battant. En fermant sa coquille avec vitesse, il se fait reculer de cinq à six pouces et remonter à la surface de l’eau.
Il se mange.
La cLonIssE, clonissa, Massill., et par corruption clovisse, diffère de la chame en ce que sa coquille ferme exactement pertout, et que chaque battant a trois ou quatre dents contiguës.
Sa chair se mange cuite sous les cendres au Sénégal; elle est saine, délicate et de bon goût.
Là TELLINE, OU TENILLE, flion, Normandie, diffère de la clonisse en ce que sa coquille est triangulaire, et que son ligament est en partie dans la coquille et en partie au-dessous du sommet. à
L’épaulée, la volselle citrine, la langue de chat ou la rude sont de ce genre.
Elle vit dans le sable et se mange.
La MOULE, mytlulus, est un coquillage d’eau douce à coquille ovoide, nacrée intérieurement, à ligament placé extérieurement au-dessus du sommet, à une à deux grosses dents ridées, fermant la charnière de chaque battant; à manteau bordé de filets et rapproché au bout supérieur pour former deux trachées bordées de filets.
La grande moule d’étang produit souvent des perles grosses de une à deux lignes.
Celle de rivière s’incruste dans la Seine et dans la Marne, et forme des géodes.
La PERLIÈRE OU la MÈRE PERLE, margarilifera, diffère de la moule en ce qu’elle est lenticulaire ou triangulaire; elle est attachée aux rochers par des fils, comme le peigne, à huit ou dix toises de profondeur.
On sait que les perles les plus belles et les plus rondes se forment dans le manteau de l'animal, qui abonde en cette matière de nacre, et qui, étant vicié ou piqué, en fait des dépôts plus ou moins gros qui sont autant de perles. Celles qui sont formées dans la coquille même y sont déposées également par le manteau, qui y laisse épancher ses sues en forme de loupes ou de coques plus ou moins grosses, au lieu que quand il se porte bien les couches en sont régulières.
La mère perle ne se trouve que dans les Indes, surtout