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FAM. DES CONQUES.—PHOLADE, TARET, DAIL

jambes du chaud et du froid, malgré leur finesse, qui était telle qu’une petite tabatière leur servait d’étui.

Le jambonneau du Sénégal, qui n’a guère que neuf pouces de longueur, se mange et est très-bon; les nègres le pêchent autour de Gorée en plongeant à sept ou huit brasses de profondeur.

2° Secriox. CONQUES MULTIVALVES.

Cette section contient sept genres, dont les plus singuliers sont la pholade, le taret et le dail.

La PHOLADE , pholas, n’a que trois valves à sa coquille, dont une dorsale et les deux autres béantes aux deux bouts; le manteau forme un tuyau percé aux deux bouts, dont l’inférieur laisse passer le pied et le supérieur est partagé en deux trachées.

Ce coquillage vit dans la glaise, ou pierre très-tendre des côtes de POcéan , où il est enfoncé une fois plus que sa coquille n’est longue ; il perce le trou par le mouvement continuel de ses deux grands battants, qui sont striés comme une lime, et à Paide de son pied, et quand il y est une fois entré c’est pour n’en plus sortir.

On connait cinq ou six espèces de ce genre.

Le TARET, teredo, ver rongeur des bois, comprend plus de quinze espèces, dont lune très-commune sur les bords de l'Océan ; les autres sont des mers des tropiques.

Toutes ont cinq valves, ou cinq pièces de coquille, dont une en tuyau ouvert aux deux bouts et qui enveloppe toutes les autres; deux de ces valves, qui tiennent lieu des deux battants de la pholade, et striés de même en lime, sont au bas de ce tuyau, et deux en palettes sont à l'extrémité opposée ; le corps de l'animal est semblable à celui de la pholade, à l’exception du manteau qui ne sort pas hors de la coquille, et qui y est à couvert par les deux palettes.

Cet animal, pondu ou frayé sur le bois, s’y attache, le perce, y pénètre pour s’y loger au moyen de ses deux battants en lime, qui, par leur mouvement continuel de systole et de diastole, l’usent à peu près, comme le frottement du doigt répété sur les bénitiers les use à la longue. Ainsi logé dans une pièce de bois il n’en sort plus.

Il ne perce que les bois morts.

Les racines des mangliers du Sénégal en sont remplies.

Celui des côtes de POcéan est si multiplié dans les bois des digues de la Hollande qu’it y fait des ravages étonnants. On parviendrait sans doute à en garantir ces bois en les enduisant d’un goudron soufré, comme on goudronne la carène des vaisseaux.

Le paIL, dactylus, n’a que trois valves comme la pholade, mais les deux grandes valves se forment exactement. Elles sont nacrées intérieurement.

On en connaît plusieurs espèces.

Toutes vivent dans la substance des pierres les plus dures, comme les marbres, les coquillages; leur facon de se loger, de miner la pierre est la même que celle de la pholade et du taret, par le mouvement continuel de ses battants, qui sont striés en lime.

Le dail, ou la datte des rochers de la Méditerranée est si commun dans les marbres des côtes de la Provence qu’on les casse pour les manger. Leur eau est très-lumineuse dans Pobscurité tant qu’ils sont vivants; de sorte qu’en les mangeant la nuit la bouche paraît tout en feu; mais cette propriété se perd dès qu’ils sont morts.

Dans la prochaine séance, nous compléterons l’histoire des animaux par l’étude des poulpes, des téthyes, des méduses, des monotubes, des hydres, des ramistoles, et des organiques, qui sont les animaux les plus voisins des plantes.

X<, XIe, XII, XIII: CLASSES.

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