IL. L
Toutes ces espèces sont attachées au fond de la mer par leur byssus.
La moule, musculus, se mange cuite, mais elle est laxative et de mauvais suc.
Nos côtes occidentales de lkurope en sont couvertes par bancs.
Autour de la Rochelle on les multiplie dans des pares appelés bouchots, formés de clayonnages assujettis à des pieux et des perches entrelacés, auxquels on en attache quelques-unes qui y déposent leur frai; il ne faut qu’un an pour peupler ainsi un bouchot. Il suffit d’en laisser un dixième pour la repeupler également tous les ans.
Comme les chenilles et les araignées sont les fileuses de la terre, de même les moules sont les fileuses de la mer. Leur jambe ou leur pied est semblable à une langue qu’elles peuvent allonger de deux pouces et qui forme au-dessus une rainure ou un sillon, le long duquel elle font couler une goutte de liqueur qui en coulant sur les pierres s’y attache.
Ce coquillage détaché du rocher ou du pieu y rejette et porte avec son pied la matière mucilagineuse qui forme ses fils, selon les expériences de Réaumur; mais quelques modernes ont avancé que ce fait était faux, que la moule, une fois détachée, ne filait plus.
Le byssus, ou la pinne marine, le jambonneau de la Méditerranée, la nacre de perle de Provence a jusqu’à deux pieds de longueur, se pêche principalement en Corse pour en filer le byssus, où ces fils qui les attachent aux rochers. Ce byssus, appelé poil de nacre en Corse, est aussi fin et plus fort que la plus belle soie, et d’une couleur rousse, Aussi rien n’égale la délicatesse des ouvrages qu’on fait avec lui à Palerme et à Tarente, où nombre de manufactures sont occupées de ce seul objet. En 1754, on présenta au pape une paire de bas de cette soie qui garantissait également les