‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 186 sur 201 · FAM. DES MÉDUSES. — POLYPE D'EAU DOUCE · texte numérisé non relu

FAM. DES MÉDUSES. — POLYPE D'EAU DOUCE

Ces trois espèces ont toutes la même structure, les mêmes mœurs, les mêmes façons de vivre.

Leur corps représente un tuyau conique lorsqu'il est contracté, et cylindrique quand il s’allonge, percé d’un seul trou par-dessus, qui sert de bouche et d’anus, et qui est couronné par quatre à vingt filets au plus, susceptibles, comme lui, de contraction et de dilatation. Sa base a la facilité de faire l'effet d’une ventouse, de sorte que c’est par son moyen qu’il s'attache ordinairement pendant sous les feuiiles des plantes, surtout sous la lentille de marais, dans les eaux tranquilles.

Sa substance est composée entièrement de petits grains contigus quand il est contracté, et très-écartés les uns des autres, surtout dans les bras, quand ils sont extrêmement allongés; et il paraît que ces grains opèrent seuls la viscosité qui les attache aux divers corps qu’ils touchent.

Le polype vit au moins deux ans.

Sa marche s'exécute, comme celle de la sangsue, en arpentant le terrain, c’est-à-dire en étendant son corps placé sur son pied, puis en ramenant ce pied vers la tête, le corps étant plié en anneau.

Tous les petits animaux, surtout les monades, les mille pieds à dard, les vers et nymphes, des gardons même de trois à quatre lignes de longueur leur servent de nourriture; ils les prennent avec leurs bras et les approchent de leur bouche. Les parties solides des aliments, comme les coauilles, sortent par le même trou qui leur sert et de bouche et d’anus.

Les polypes sont des animaux sans sexe, et tous féconds sans aucune copulation. Ils multiplient de trois manières : 1° par œufs; 2° par rejetons ou bourgeons; 3° par sections naturelles ou artificielles.

4 Leurs œufs sortent non pas par la bouche, mais par la surface de leur corps, à laquelle ils sont attachés.

2° La manière la plus ordinaire de se reproduire de ces animaux est par bourgeons. Chaque polype en peut produire vingt par chaque mois d'été; voici comment il peut produire dès le quatrième ou cinquième jour de sa naissance : le premier qu’il produit en donne un deuxième quatre ou cinq jours après, c’est-à-dire le dixième jour, et un troisième pareil de cinq en cinq jours; six ou sept petits sortent de même de divers endroits de son corps et se ramifient de même. Ces petits ont d’abord le bout inférieur de leur corps ouvert en tuyau dans celui de leur mère, et mangent comme elle, de sorte que ja nourriture leur devient commune. Ce n’est qu’au bout de quatre à cinq jours que la communication se bouche et que le petit se sépare par un étranglement, et tombe comme un bourgeon ou un cayeu se sépare de la plante pour en produire à son tour d’autres cayeux ou bourgeons.

5° Il arrive très-rarement, et tout au plus une fois tous les trois mois aux polypes, de se partager naturellement tantôt par le milieu, tantôt plus ou moins près de l’une ou Pautre de ces extrémités, ce qui s’opère par un rétrécissement, puis par un mouvement qui opère la séparation entière. Ce n’est qu'après le vingtième jour, en été, que la partie coupée a réparé tout ce qui lui manquait; ainsi cette sorte de multiplication est plus lente que celle par bourgeons.

On opère la même multiplication artificiellement; on donne même par ce moyen au polype différentes formes singulières. Ainsi un polype coupé en deux en long a réuni ses deux bords souvent en moins d’uneheure; en cinq à six jours

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