FAM. DES MÉDUSES. —POLYPE D'EAU DOUCE
chaque moitié a reproduit les cornes qui lui manquaient.
Si lon fend la tête du polype en deux, ces deux parties, au lieu de se réunir, se complètent chacune de leur côté, et on à un polype à deux têtes. Ces deux têtes, refendues une deuxième fois, donnent quatre têtes complètes, et, refendues encore, on a eu une hydre à huit têtes. Ces huit têtes étant coupées, ilen revient huit autres à la place, et les huit têtes coupées forment chacune un polype complet qui se multiplie ensuite comme les autres.
En fendant la queue d’un polype, on a un polype à deux queues.
Enfin toutes les portions du corps d’un polype, coupées si petites qu’elles soient , redeviennent des polypes parfaits. Formé en tuyau à plusieurs cornes, comme les polypes non coupés, un morceau de peau de polype redevient creux comme un estomac. Il n’y a que les cornes qui ne produisent absolument rien.
Le polype a non-seulement la faculté de se reproduire par section, mais encore celle de pouvoir se greffer souvent au bout d’une heure, mais non pas entre des polypes de diverses espèces ; car s'ils se sont réunis ils se séparent au bout de quinze jours au plus tard. Pour que la réunion se fasse, il faut qu’il y ait une plaie au moins dans l’un des deux. Lorsqu'on introduit un polype dans la bouche d’un autre, il ne s’unit point à lui-même quand on le force à y rester trois ou quatre jours en les percant d’une soie de cochon ; dans ce cas, il se fend par le côté, et il se forme un trou par où lautre sort.
Enfin un polype retourné comme un sac mange, croit et multiplie au bout de deux à cinq jours. On peut le retourner ainsi deux fois et même trois fois successivement sans qu’il paraisse en souffrir; il multipliera trois jours après comme auparavant. Si le polype retourné a des petits, ils
se retournent aussi comme les doigts d’un gant; mais s'ils sont trop avancés, ils se séparent. |
Le polype est donc un animal d’une nature singulière, mais non pas dans le sens que lui ont voulu prêter quelques écrivains modernes, qui l'ont regardé comme une habitation commune, ou un assemblage de plusieurs petits animaux qui reproduisent, du côté qui se trouve emporté, ou ses grains, chacune de ses molécules, comme autant de polypes complets pourvus d’yeux et de facultés organiques, ou comme autant d'œufs fécondés de polypes qui éclosent et engendrent successivement; c’est un animal solitaire, com posé de molécules intégrantes, qui constituent son essence, précisément comme les plantes produisent des bourgeons qui en reproduisent d’autres sans être composées de bourgeons. C’est dans cette conformité, entre la multiplication du pelype et celle des végétaux, que consiste la singularité de cet animal, tant il est vrai que pour saisir la marche de la nature, il faut moins chercher à la deviner qu’à l’observer, et la suivre dans toutes ses nuances en passant d’un règne à l’autre.
2° Famize. LES VELETTES, VELETTÆ.
Ces animaux se distinguent des méduses en ce qu’ils sont toujours flottants sur les eaux ; ils comprennent huit genres dont les plus remarquables sont : le poumon marin ou bonnet flamand, la velette et la galère ou vessie de mer.
Le POUMON MARIN, pulmo marinus, le bonnet flamand, le bonnet de Neptune, le chapeau de mer, la gelée de mer, l’ortie de mer, urtica, Rondel., comprend quatre espèces d'animaux semblables à une gelée ferme , hémisphérique, ou en chapeau renversé à huit cornes quadrangulaires, festonnées, pendantes, réunies à leur origine pour former