FAM. DES CÉRATOPHYIES. — FAM. DES CORAUX
dans la mer de Norwège ; on en a vu de seize pieds de hauteur.
7e Famizze. LES CORAUX, CORALLTA.
Ont le corps mou, placé entre un corps pierreux et une croûte friable, Chaque tête a, comme les cératophytes, huit cornes velues. Nous en distinguons trois genres, qui sont :
1° Le LiITHOCERAS, Ad., ou Île CORAIL ARTICULE DE L'ILE DE FRANCE , GOn:ttode, Donati, à axe noueux, cartilagineux et pierreux, alternativement ou dans les étranglements, il semble faire la liaison ou le passage des cératophytes aux coraux ;
90 Le LITHONODUS, Ad., OU CORAIL ROUGE DE MADAGASCAR , à AXe NOUÊUX et pierreux enliérement ;
3° Le coraiL à axe pierreux et non noueux.
Le coraiL, corallium, à été longtemps regardé comme une végétation, dont les têtes d'animaux ont été prises pour autant de fleurs. Mais les végétaux n’ont ni mouvement ni organisation animale ; ils croissent en général attachés par des racines qui tendent vers le centre de la terre pendant que leur tronc s'élève vers le ciel. Le corail, au contraire, est un arbrisseau d’une substance pierreuse qui n’a point de racines, mais seulement un large empattement par lequel il est attaché intimement aux rochers, sa cime et ses branches pendantes en bas. On le trouve aussi quelquefois sur des dos de baleines, sur des têtes de bouteilles et autres corps semblables. Il est commun dans la Méditerranée, et ne se voit dans aucune autre mer à la profondeur de trois à cent cinquante brasses.
Les plus grands pieds de corail n’ont guère qu’un pied de hauteur sur un pouce de diamètre.
Sa pêche se fait depuis le commencement d'avril jusqu’à la fin de juillet, sur les côtes de Provence, de Catalogne et de Sicile. Pour cela, les pêcheurs corailiers se servent de la salabre, qui est une croix de bois lestée à son milieu dans
un boulet ou un morceau de plomb, pour la faire plonger, et armée à chaque bout d’un filet en bourse, et de fils d'étoupes; ils attachent cette croix à deux cordes, dont l’une tient à la poupe et l’autre à la proue d’une barque qu’ils laissent entraîner par le courant, autour des rochers où elle s'accroche aux branches; cinq ou six hommes s’occupent du soin de remonter la salabre pour en retirer le corail qui est resté attaché à Ja filasse ou qui est tombé dans la bourse. Les autres plongent au fond de la mer pour y chercher celui qui y est tombé.
Lorsqu'on retire le corail de l’eau, il a l'écorce d’un rouge plus pâle que l’axe ou la pierre intérieure, et elle pâlit encore plus en séchant. Elle est semée çà et là d’un grand nombre de tubercules percés d’un petit trou en étoile à huit sillons par où passe une tête ou division de Panimal du corail, qui est comme une gelée blanche logée dans une petite cellule creusée au moins aux extrémités des branches. Cette gelée jaunit en séchant. L’écorce a à peine une demi-ligne d’épaisseur et se détache facilement de l’axe; elle est crétacée.
L’axe qui forme l'arbre du corail a un pied fort court et est divisé en nombre de ramifications alternes. Lorsqu’on le dépouille de son écorce on voit qu’il est couvert de sillons ou de stries longitudinales. Il est formé de couches concentriques, ajoutées les unes aux autres et composées d’une partie mucilagineuse qui servait de soutien ou de charpente à la partie terreuse qui y était attachée; cette structure se découvre aisément en laissant tremper une de ces branches dans de Pesprit de nitre affaibli par degrés avec cinq ou six parties d’eau, qui dissout sa portion calcaire.
Le corail se multiplie par des œuïis extrêmement petits, d’abord mucilagineux, qui s’attachent sur différents corps, forme d'abord un mamelon simple rempli par une tête d’animal qui se ramifie peu à peu.