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FAM. DES LITHOPHYTES, DES MADRÉPORES

Quoique très-dur le corail est sujet à être vermoulu par les scolopendres de mer comme les coquillages. |

De tout temps le corail a fait l’objet d’un commerce avantageux. On le polit avec le fil de chanvre, le blanc d'œuf ou l’émeril, pour en faire des manches de couteaux, des cuillers, des poignées d’épée, des grains de collier, de bracelets et de chapelets. Les mahométans de l’Arabie Heureuse comptent le nombre de leurs prières sur un chapelet de corail, et ils n’enterrent presque personne parmi eux sans lui mettre un de ces chapelets au cou.

Les nègres de toute l'Afrique en font leur principal ornement.

Enfin la médecine l’emploie aussi comme absorbant ou comme un alcali terreux. Avec sa poudre, faite dans un mortier de fer, tamisée et porphyrisée, on fait des trochisques. On en fait aussi une teinture et un sirop astringent. Dissous par l'acide du vinaigre, il donne un sel neutre, savoneux, tonique et diurétique.

8e Fame. LES LITHOPHYTES , LITHOPHYTA.

Diffèrent des coraux en ce qu’ils n’ont pas de croûte. Leur corps mou, semblable à une gelée, recouvre leur substance pierreuse, qui est ramifiée, à branches cylindriques couvertes de cellules d’un bout à l’autre, poreuses dans leur intérieur. Chacune de leurs cellules est marquée sur les bords de huit à vingt-quatre cloisons qui ne se réunissent qu’à son fond, où se termine chaque tête de lPanimal.

Cette famille comprend le calicaria et les lithophytes ordinairement appelés corne de cerf.

Ces productions sont communes dans la Méditerranée, et surtout dans la mer des Indes, autour des îles de France et des îles Moluques. On en fait la chaux la plus légère et la

moins caustique pour manger avec le bétel. Comme elles sont très-cassantes, il faut, pour les avoir bien entières, les faire pêcher par des plongeurs, car la drague et la selabre les brisent et n’en rapportent que des branches.

9e FamiLze. LES PORES ET LES MADRÉPORES.

Ne diffèrent des lithophytes qu’en ce que leurs cellules sont grandes et placées solitairement à l'extrémité des branches et non sur leur longueur.

Le porpite de luid, ou champignon de mer, le frondipore, ou œillet de mer, sont de cette famille.

Les étoiles de chaque branche contiennent chacune une tête, et ont depuis trente-deux jusqu’à quatre cents portions de cloisons formées par autant de lames pierreuses, tranchantes et quelquefois ondées ou dentelées.

Ces productions sont extrêmement communes dans la mer des Indes, et on en trouve beaucoup de fossiles en France et sur les côtes de la mer Baltique.

Le Porpite fossile, déprimé ou usé, en forme de bouton ou de pièce de monnaie, ne se reconnait pour être tel que par les cloisons rayonnantes qui se remarquent sur une de ses faces et qui se rendent toutes au centre qu’occupait Panimal.

Il y en à qui représentent si bien un champignon, une figue, un bonnet, qu'on leur à donné ces noms.

10° Faune. LES MILLÉPORES.

Se distinguent des lithophytes seulement à ce que leur masse est couverte de cellules en étoile et sans aucune ramification.

Le crustipore , le millépore, le globipore, l’érotulos ou cerveau, meandrites et l’astroite sont de cette famille.

FAM. DES ESCARES , DES POLYTURES. 537

Le MILLÉPORE , suivant quelques écrivains modernes, doit être percé de trous simples non étoilés au moins à Pœil; mais tous les observateurs et nous, n'avons encore vu aucune de ces cellules, si petites qu'elles soient, qui ne soient étoilées, c’est-à-dire marquées d’autant de sillons ou de cloisons que la tête d'animal qui la remplit a de filets ou de bras. Ainsi notre division, qui est l’ancienne, c’est-à-dire qui n’a compris jusqu'ici que des corps non ramifiés, doit subsister.

Le CERVEAU DE MER OU DE NEPTUNE, eroltulos menati, re doit pas être confondu avec l’astroite el encore moins avecle champignon de mer, qui est le porpite. Il n’est point composé d’une seule étoile comme le porpite, ni de plusieurs distinctes , ni étoilées comme celles de lastroite. Il tient, pour ainsi dire, un milieu entreces deux êtres. Ses étoiles, quoique distinctes, ne sont pas fermées et communiquent les unes aux autres, n'ayant de distinction réelle que par Îles sinuosités qu’elles forment.

11° Famirce. LES ESCARES, ESCARÆ.

Sont des animaux contenus dans des tubes ou cellules cartilagineuses ou pierreuses, réunies sous la forme d’une lame très-mince, simple ou ramifiée comme une plante.

On peut les diviser en six genres, savoir :

| qui rampe, et s'étend et s'applique

iv Le LAMESCARE , lamescara, comme une lame sur les feuilles des plantes marines, surles rochers.

{ qui se ramifie lui-même comme une

U plante.

3° Le LATERIPORE , | qui n'a de cellules que d’un côté.

çÇ qui est un peu plus épais, quoique rami-

À fié comme l’escare.

({ qui est aussi en feuilles, mais à cellules

U d'un seul côté, comic le latéripore.

6° LC RETIPORE Où la MANCHETTE ( qui est à jour comme un ouvrage à ré- DE NEPTUNE, t seau.

20 L'ESCARE ,

4° Le PLATYPORE,

5° Le FOLIHPORE,

12e Famizze. LES POLYTUBES, POLYTUBI.

Nous avons imaginé ce nom pour désigner les animaux à plusieurs têtes renfermées dans des tubes qui ont été jusqu'ici confondus sous le nom de corallines, qui appartiennent, comme l’on a vu, de tout temps à ces productions animales pierreuses articulées qui ressemblent en quelque sorte au corail.

Cette famille comprend environ cent espèces d'animaux qui peuvent se diviser en douze genres en les considérant par la situation et le nombre de leurs cellules, par la distribution de leurs tuyaux ou branches, dont les unes s’articulent, les autres s’anastamosent.

Chaque tête d'animal a, pour l'ordinaire, huit bras; il yen a néanmoins qui en ont douze, d’autres quatorze, d’autres quinze, d’autres seize; d’autres, comme le dipolée, ou le polype à panache de Trembley, en ont cinquante à soixante, disposées en deux faisceaux en fer à cheval. Le mouvement de ces filets est tel qu’il fait tournoyer l’eau et qu’ils semblent tournoyer eux-mêmes; ils sont par ce moyen une espèce de gouffre pour tous les insectes qui entrent dans ce courant et qui les précipite dans leur bouche.

La plupart de ces animaux produisent de temps en temps, au-dessous de leurs cellules, des vésicules qui contiennent chacune une tête d’animal, qui l’ouvre quand il est entièrement formé, qui étend ses bras, qui se meut, se nourrit comme les autres pendant quelque temps, après quoi ils se détachent , tombent comme une graine pour aller multiplier ailleurs.

Le polype à panache se multiplie par des têtes ainsi détachées, mais sans former de vésicules; il se multiplie aussi

FAMILLE DES DICÉPHALES. — BRACHION. 399

d'œufs que chaque tête rend en grand nombre par la bouche, et qui deviennent autant d'animaux par la suite.

13° Famiize. LES DICÉPHALES, DICE PHALI.

J’appelle de ce nom cette famille nombreuse d'animaux à corps nu, sans enveloppe, partagé en deux têtes, tels que ceux des infusions, et les brachions ou les globators des eaux pourries où croît le conferça.

Les auteurs qui, comme MM. de Réaumur et Ledemesle, prétendent que ces animalcules sont produits par des animaux volatiles et qu’ils deviennent volatiles eux-mêmes, et par conséquent qu’ils subissent des métamorphoses, disent qu’ils vont pondre, pendant l'été, leurs œufs sur les plantes.

Mais ce sentiment ne peut se soutenir; on sait que ces animaux ne subissent aucune métamorphose, qu’ils ne deviennent jamais volatiles, et qu’ils se multiplient ordinaire ment par des œufs qu’ils pondent, et souvent par section.

Le BRACHION, brachionus campanulatus, Pallas, globator, Baker, qui vit sur ie conferva, dans les tonneaux d’eau de puits destinés à l’arrosement des jardins, a à peine un trentième de ligne de grandeur.

Il ressemble à une cloche sphéroïde à deux branches, ou cornes, veiné en réseau, quelquefois sans pédicule, quelquefois surmontant un pédicule cylindrique.

Cet animaleule est dans un mouvement continuel de ressort soit sur son pédicule, soit sur lui-même, lorsqu'il n’a pas de pédicule. Il se contracte et s’allonge successivement dans des espaces de temps irréguliers de cinq à dix secondes, sans qu’on voie aucun pli sur son pédicule, qui paraît rentrer en lui-même jusqu’à sa moitié inférieure, qui est comme ailée et solide ; les deux cornes rentrent et sortent

à chacun de ces mouvements dans ouverture qui sert de bouche.

{4° Fawizze, LES RAMISTOLES, RAMISTOLI.

Cetie famille comprend tous les animaux nus ramifiés ou à plus de deux têtes, et c’est en cela seul qu’elle diffère de celle des dicéphaies, qui n’ont que deux têtes, ou deux apparences de têtes. D'ailleurs ils se multiplient de même par section et par des œufs.

C’est dans cette famille que se trouve le polype à bouquet de M. Trembley, RauISTOLE, Ad,, qui a sur lui-même, c’està-dire sur son pédicnle, un mouvement de systole et de diastoie, comme les brachions, et qui se divise et se multiplie en fendant d’abord sa première tête en deux, et cellesci successivement, jusqu'au nombre de huit, dans l’espace de trois jours. Ces têtes se détachent ensuite de leur pédicule, et, tombant au fond de l’eau sur les plantes, se multiplient en prenant un pédicule et se divisant de même; le pédicule ancien reste après a chute de ses têtes; il à un tiers de ligne de longueur au plus.

Chaque tête a en dessus un petit trou qui lui sert de bouche, et qui occasionne un mouvement de rotation dans l'eau.

OrEsToLe. J’appelle ainsi un genre de ces animaux qui à à chaque tête un opercule bordé de filets rayonnants, et qui y tient au moyen d’un pédicule placé à son centre. Ces filets ont un mouvement en roue extrêmement prompt.

Cet animal est appelé brachionus operculatus par M. Pallas ; il se trouve, mais rarement, dans Îles eaux tranquilles des étangs, sous les feuilles de la lentille d’eau.

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