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tion précédente, sans quoi on n’y trouve absolument rien tant qu’elles sont fraichement coupées. Le sang n’en produit ni frais ni putréfié ; quelque putréfaction que je lui aie fait subir, jamais je n'ai pu parvenir à lui en procurer un seul tant que je n’y ai fait aucun mélange ; il reste toujours sans animaleules, ainsi que leau pure.

Les plantes ni leurs liqueurs exprimées ne contiennent pas plus de ces animalcules que les chairs des animaux; mais si on les fait fermenter soit dans leur sue, soit en les infusant dans l’eau, on voit alors paraître une quantité prodigieuse de ces êtres.

Il est de ces infusions qui, selon quelques auteurs, donnent des animalcules au bout de quatre heures : par exemple, l’eau qu’on donne à boire aux serins et aux oiseaux qui y détrempent la graine du millet, en produit de quatre ou cinq sortes en moins de quatre heures ; mais en général il faut cinq à six jours, ou même quinze jours, suivant la chaleur de l'air et la sécheresse des matières infusées, pour les produire.

Il ne faut ni pulvériser, ni macérer, ni écraser les fruits et autres parties des végétaux qu’on met en infusion, parce qu’elles rendraient la liqueur opaque trop épaisse, et qu’on n'y pourrait rien voir de distinct, comme il arrive quand on infuse du tabac râpé, du poivre ou du café en poudre, de la suie de cheminée. Ces infusions produisent des animalcules, mais si confondus avec la poussière de ces corps qu'on ne peut les voir clairement. On concasse grossièrement toutes les parties sèches, comme bois, feuilles, écorces, etc. À l’égard des fruits et des tiges charnues des plantes, on les exprime, on en rejette les parties grossières, ou ie mare, et on met le suc seulement en infusion dans l’eau commune, qui en développe bientôt les animal-

cules.

Ces animalcules paraissent également dans les vaisseaux bouchés hermétiquement et dans ceux qui sont ouverts, pourvu qu'ils soient exposés à la même température.

On en a fait naître dans la chair mise en ébullition ou rôtie.

Néanmoins on a remarqué qu'il est un certain degré de chaleur qui les fait vivre et un autre, un peu plus fort, qui les tue. Ces degrés s'étendent entre le dixième et le vingtcinquième ; au-dessus de vingt-cinq degrés, comme il arrive en juillet et août, ils périssent tous; et au-dessous de dix degrés ils sont engourdis, sans mouvement; quinze degrés paraissent être la température qui leur est le plus favorable, comme aussi est-ce au printemps que règne cette température, que la végétation est sensiblement plus prompte. Il n’est point ici question des animalcules spermatiques des animaux qui éprouvent une chaleur continuelle de trente-deux à trente-quatre degrés, mais seulement de ceux des infusions de matières soit animales, soit végétales. Ceux de l’infusion du poivre soutiennent le froid des hivers les plus rudes; ils vivent au-dessous d’une glace épaisse de deux lignes, en s’enfonçant à mesure que l’eau se glace ; quinze jours après le dégel on voit ces animalcules en plus grand nombre qu’ils n'étaient auparavant.

On voit à peu près la même chose dans les matinées fraiches : ils plongent et ne remontent que lorsque le soleil à échauffé Pair de quinze à vingt degrés; c'est pour cela qu’on les trouve alors en plus grand nombre à la surface de ces liqueurs. C’est le contraire de ce qui arrive au monocle, qui ne paraît que le matin à la surface de l’eau, et qui plonge dès que la chaleur du soleil augmente.

La durée de la vie de ces animalcules est proportionnée à la chaleur de la saison, par la raison qu'ils ne paraissent point, ou qu’en petit nombre, pendant les grandes chaleurs.

Is vivent aussi beaucoup moins dans cette saison. Ainsi ils vivent deux tiers de mois en juin, juillet et août; un mois en mai et septembre ; deux mois en mars, avril, octobre ct novembre; trois mois en décembre, anvier et février.

On les fait périr dès qu’on verse quelques gouttes d’une liqueur acide quelconque, du vinaigre, par exemple, dans l'eau de l’infusion où ils vivent.

Lorsqu'on laisse évaporer et sécher une infusion pleine de ces animaux, quelques-uns y périssent, mais les autres ne font que perdre leur mouvement; il suflit de leur rendre de l'eau et de les huinecter pour les voir revivre et nager de nouveau.

Quoique l’on soit parvenu, avec le secours des verres microscopiques, à grossir plus de quatre cents fois le diamètre des plus petits objets, il existe probablement dans l’eau des infusions nombre d’animalcules qui demeureront toujours invisibles, soit par la faiblesse de notre vue ou des instruments, soit par les différences qu’il y a à suivre ce qui se passe dans chaque infusion, c’est-à-dire par exemple ceux qui naissent dans l’infusion du tabac, de Pæœillet, des calices de framboises du Sénégal, et qui sont si petits dans les premiers jours qu’on a peine à les apercevoir, même avec les microscopes les plus forts, ce qui semble indiquer qu’il peut y en avoir Ge si petits que nos meilleurs microscopes ne puissent les faire apercevoir, ou plutôt que le peu de lumière que ces animalcules réfiéchissent dans nos yeux ne soit pas capable de les ébranler assez pour les faire apercevoir.

Ces animalcules commencent d’abord par un point invisible, puis ils se rendent un peu sensibles aux microscopes les plus forts; alors ils sont trente millions de fois plus peüts qu’une mite ou qu’un ciron; ensuite ils grossissent de manière qu'on en voit quelques espèces à l'œil nu. Enfin,

parvenus à leur dernier période de grandeur, ils périssent

presque tout à coup par une dépourriture qui les dissout ; cela leur arrive communément au bout de huit jours. Il ne reste plus que les plus petits ou les derniers développés de l’infusion , qui grossissent comme les premiers, et qui disparaissent de même dès qu’ils ont acquis la grandeur qui est propre à leur espèce.

Parmi ces animalcules, il y en à de très-petits qui en dévorent de plus gros, selon Joblat; néanmoins on ne leur a point encore vu de bouche.

On ne connait pas encore la multiplication de ceux qui ont le corps sphérique , mais on la découvre dans ceux qui ont le corps oblong comme une anguille.

L’anguille de l’infusion de Pécorce du chêne, par exemple, est vivipare; elle contient dans son corps une petite anguille quatre fois plus petite, qui va et vient dans toute la longueur de son corps.

La pontelle, au contraire, pontella, Ad., du conferva des pavés humides, est pleine d’œufs qu’elle pond par centaines, et qui grossissent comme leur mère; leur corps est si transparent qu’on les voit au travers.

L’anguille vivipare de la pâte aigrie est vivipare et ovipare en même temps; elle pond six petits vivants et vingt œufs à la fois. Pour les pondre, elle se sépare en deux portions, et laisse sortir avec les petits un corps figuré cemme elle, qui est un amas de la farine dont elle s’est nourrie. Ces anguilles se voient aussi dans l’infusion de la farine, du blé niellé et dans la colle aigrie. Elles s’y conservent deux ou trois ans, et, quoique séchées pendant ce temps, on les fait reparaître en les humectant. Leurs petits prennent tout leur accroissement en deux jours. Les anguilles qui se sont coupées en deux réparent en peu de temps ce qui leur manque.

La farine de blé broyée et mise dans l’eau produit de pe-

tits filets rayonnants qui ont un mouvement oscillatoire, et d’autres filets en massue, ou semblables à des massues, qui rendent par leur extrémité quantité de petites molécules animées. Il sort des molécules pareilles d’entre les filets. Ces molécules ne changent pas de forme et ne deviennent pas des anguilles. Voilà donc deux ou trois sortes d’animaux ou de corps mouvants organisés qui sortent de la farine fermentante.

Tous ces animalcules quelconques des infusions ont un mouvement assez vif et très-varié, suivant les espèces, oscillatoire dans les uns, en avant dans d’autres, ondoyant dans d’autres, circulaire ou spiral dans d’autres, mais toujours spontané, car on en voit plusieurs qui semblent chercher à éviter de passer dans un endroit plutôt que dans un autre.

Quoique chaque plante produise quelquefois plusieurs espèces différentes d’animalcules, néanmoins nombre de plantes produisent aussi souvent les mêmes; c’est ainsi que Pinfusion du séné, celle du fruit de l’épine-vinette, celle des grains de verjus, donnent des molécules ovoïdes. L’écorce du chêne, au contraire, donne des animalcules ovoïdes, d’autres en larmes, d’autres en anguille.

Les animalcules de certaines infusions ne vivent pas toujours avec d’autres, néanmoins il en est qui s'accordent fort bien; par exemple, en mêlant ensemble parties égales de l’infusion du séné, de celle des calices, des queues du framboisier, de celle du foin, une goutte de ce mélange examinée une demi-heure après, on y voit des animalcules de chacune de ces infusions, mais ils n’y subsistent pas aussi longtemps qu’ils auraient fait s'ils fussent restés chacun dans leur première infusion.

Pour prendre facilement ces animalcules en grande quan- {té dans une gouttelette d’eau, on plonge dans Pendroit de l’eau où ils sont plus abondants, comme à la surface, un

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