‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 199 sur 201 · CLASSE DES ORGANIQUES. — G£NÉRALITÉS, ARE · texte numérisé non relu

CLASSE DES ORGANIQUES. — G£NÉRALITÉS, ARE

petit tube capillaire dont on bouche je haut avec le doigt, qu’on ôte quand le tube est au lieu désiré de la liqueur; il en entre aussitôt une gouttelette qu’on force à rester en rebouchant le tuyau avec le doigt et en le retirant pour mettre cette goutte de liqueur sous le microscope.

Si l’on se rappelle ce qui a été dit ci-devant, que ces animalcules ne se trouvent ni dans l’eau pure, ni dans les liqueurs spiritueuses distillées, ni dans le sang des animaux, ni dans la séve pure des plantes, mais seulement dans les eaux dans lesquelles ont infusé, soit naturellement, soit artificiellement, des parties animales ou végétales qui les contiennent, comme les eaux des étangs bourbeux pleins de poissons et de plantes, qu’ils croissent perdant une huitaine de jours, c’est-à-dire tant que la fermentation n’est pas putride, et qu'ils disparaissent tout à coup dès qu’elle tourne à la putréfaction ; si l’on considère la nature de ces animalcules, qui est constante sans mue, sans métamorphose à la grandeur près, on ne pourra se persuader, comme ont fait Goblet, Réaumur, Baker et plusieurs autres, que ces animaux vivent dispersés, soit parce qu'ils deviennent volatils comme les insectes, soit par leur ténuité et leur légèreté naturelle, au point d’occasionner les miasmes qui règnent dans l'air et qui causent les diverses maladies, comme la gale, la fièvre, la peste, comme le prétend M. Linné. On se convaincra au contraire qu'ils appartenaient à ces corps comme faisant partie de leur essence, et que se trouvant dans la substance des végétaux, ils tendent pour ainsi dire à lanimaliser, mais dans un degré bien inférieur à celui que possèdent les animaux, dont ils forment la partie la plus considérable ; et c’est parce que ces êtres sont organisés et qu’ils tiennent un milieu entre les animaux et les végétaux, que nous avons dù les placer à la fin du règne animal en les regardant comme des corps organiques moins parfaits que les

animaux, mais plus parfaits que les végétaux, qui n'ont ni le mouvement spontané, ni la manière de multiplier par génération ou par une ponte réelle aussi approchante de celle des animaux parfaits.

Il suit donc de là que plus on étudie la nature, plus on approfondit les plus petits objets, plus on cst convaincu que c’est dans les objets les plus vils en apparence que la philosophie découvre des phénomènes dignes de sa curiosité et même de toute son attention.

On voit par cet exposé que ces animaux, qui sont les derniers du règne animal, sont aussi les plus petits (de même que les baleines sont les plus grands); ce sont deux extrê- : mes entre lesquels nous avons vu qu’il existe au moins trente mille espèces d'animaux de grandeur intermédiaire, suivant une grosseur sensiblement décroissante, et qui ne reconnaissent de plus petit qu’eux que ce que l’on appelle lies éléments qui tous composent la sphère ou le règne inorganique minéral, tels que la terre, Peau, dont nous parierons après avoir parcouru le règne végétal, dont nous exposerons l’organisation dans la prochaine séance.

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