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CLASSE DES SERPENTS. —— DIVISION EN FAMILLES

lorsqu’elle est venimeuse, par la liqueur que lance la dent, qui est creuse et percée d’un trou pour cet effet, alors la plaie devient d’abord rouge, livide ou noire, l’enflure suit, une chaleur brülante, et on meurt en une heure, en un ou deux jours, suivant la force et la quantité du venin insinué dans la plaie. l’alcali volatil est, comme l’on sait, le seul remède bien assuré qui ait été découvert de nos jours; nous le devons à M. de Jussieu , et j'étais présent à l’herborisation de Saint-Pierre, lorsqu'il en fit le premier essai sur le nommé Vital, herboriste.

Il est des pays au Sénégal où il meurt beaucoup de nègres de ces morsures ; au Sénégal, et dans nombre de pays, on mange la chair des serpents comme celle des lézards.

La médecine l’emploie comme sudorifique, en poudre, en rejetant la tête, la queue et les viscères. Elle sert surtout contre les maladies causées par les morsures venimeuses de quelques-uns.

Il y a des serpents qui n’ont pas un pied de longueur et d’autres qui ont jusqu’à cinquante pieds, et qui mangent ou avalent des bœufs et des cerfs après les avoir tués en les serrant d’un nœud ou en faisant glisser pesamment leur corps Sur eux.

Il est des couleuvres, c’est-à-dire des serpents innocents, qui deviennent si familières qu’elles suivent leur maître, soit sur la terre, soit sur l’eau, et qu’elles s’accoutument à monter le long de leurs jambes et de leurs bras, sur leurs épaules, pour venir manger à leur bouche et ÿ sucer lasalive.

On a vu des vipèreset d’autres serpents monstrueux à deux têtes et deux queues.

M. Linné ne fait qu’une classe de celle-ci avec les reptiles et les poissons cartilagineux, sous le nom commun d’amphibies, comme nous le dirons plus au long en parlant de la classe des poissons.

5h DOUZIÈME SÉANCE.

Quoique nous ayons quelques ouvrages sur les serpents, néanmoins ces ouvrages sont aussi peu méthodiques que peu historiques. Il nous manque de bonnes descriptions sur ces animaux. Seba en a fait graver plus de deux cents; Catesbi, Gronovius et Garden en ont augmenté le nombre, que M. Linné a réduit à cent trente-deux espèces, dont il forme six genres seulement, savoir :

1° Le SERPENT A SONNETTES, CY*0- 4° L’ANGUIS ;

talus ; 5° L’AMPHISPENE ;

20 Le 2oA; 6° L’ORVET , cœcilia.

3° Le COLUBER ;

Au lieu de six genres, on peut partager naturellement cette classe en six familles, considérant la forme de leurs écailles, savoir :

10 Les AMPHISPÈNES à ventre écailleux, en anneaux circulaires et queue en anneaux cireul.;

20 Les SONNETTES id. en demi ann, et queue articulée;

3° Les SCYTALES id, id. et queue à un rang d’écailles en-dessous ;

4e Les COULEUVRES id. id. et queue à deux rangs d’écailles en-dessous ;

5° Les BOAS id. id. et queue à trois rangs d’écailles en-dessous ;

6° Les oRvETS id. à plusieurs écailles sans ordre et

queue à plus de six rangs d’écailles sans ordre.

re Fame. LES AMPHISBÈNES, AMPHISBENÆ.

Cette famille comprend, comme nous venons de le dire, les serpents qui ont le corps et la queue couverts d’écailles disposées en anneaux cireulaires ; ils sont tous venimeux. J'en connais deux genres, savoir :

1° Le cérasre à plis latéraux et deux dents relevées en corne sur la mâ. choire supérieure ; 20 L'AMPHISBENE , sans plis et sans dents en Corne.

Le cérAsTE est un genre de serpent à écailles en anneaux

FAMILLE DES AMPHISRÈNES. — CÉRASTE. 09 circulaires sur tout le corps, mais coupés en demi-cercles par un pli qui se voit sur leurs côtés, et à deux dents retroussées en corne sur le bout de la mâchoire supérieure.

On en connaît trois espèces.

Le céraste de Pline , cerastes, ainsi nommé parce que sa mâchoire supérieure porte à son extérieur deux dents plus longues que les autres, mobiles, relevées en-dessus comme deux cornes, est commune en Afrique depuis le Sénégal jusqu’en Égypte, où on l’appelle alp et œeq.

Ce serpent a deux à cinq pieds de long sur deux à trois pouces de diamètre, la tête triangulaire, obtuse, blanche et noire.

Les anneaux du ventre sont au nombre de deux cents et ceux de la queue de quinze.

Cet animal rampe de biais et il siffle en même temps.

Il est très-venimeux par ses deux dents supérieures.

L’aimorrheus de diose est commun en Afrique dans les fentes des rochers. Il est couvert d’écailles rougeâtres mouchetées de noir et de blanc, et qui font grand bruit quand il s’agite.

Sa morsure supprime la respiration et fait sortir le sang des gencives, du coin de l’œil, de la racine des ongles, des poumons et par les urines.

L’ibiara du Brésil est court, de la grosseur et de la longueur du petit doigt, et blanc chatoyant, comme le cuivre, à yeux presque insensibles.

Il vit sous terre de fourmis et de cloportes ; sa blessure est venimeuse, sans remède.

L’AMPHISBÈNE ou serpent à deux têtes, amphisbæna, double-marcheur, ainsi nommé parce qu’il a la queue aussi grosse que la tête, et qu’il marche, dit-on, également en avant et en arrière, diffère du céraste en ce que ses anneaux forment des cercles entiers sans plis de séparation, et en ce qu’il n’a point de dents en corne.

On en connaît six espèces, parmi lesquelles on compte le pétola du Brésil qui est rouge de corail sur le dos et jaune safrané sous le ventre.

Il vit de fourmis et de vers.

Sa morsure est venimeuse. Elle cause d’abord une douleur semblable à la piqûre d’une abeille, ensuite une inflammation qui est suivie de la mort.

2e Famize. LES SONNETTES, CAUDISONA.

Cette famille diffère de celle des amphisbènes en ce que les animaux qui la composent ont le ventre couvert de demi-anneaux en-dessous, et que la queue est formée d’articulations qui font du bruit.

On ne connaît encore qu’un genre des animaux de cette famille. Il comprend quatre espèces toutes d'Amérique, toutes venimeuses.

Le BOICININGA pu BRÉSIL (crotalus, Linn.), ou serpent à sonnettes, appelé cascarel par les Portugais, a cinq pieds environ de long sur quatre à cinq pouces de diamètre. On dit qu’on connaît son âge par le nombre des grelots de sa queue, parce qu’il en croît un tous les ans.

Il marche plus facilement sur les rochers que sur la terre, et il nage encore mieux sur l’eau. Il s’élance élastiquement comme un ressort en pliant son corps en demi-cercle. On Pentend de loin parce que les articulations de sa queue servent comme autant de grelots. Il s’entortille autour d’un arbre et se lance de là sur les animaux qui lui servent de nourriture comme l’écureuil.

L'hiver, ces animaux se rassemblent dans des trous sous terre , ou dans des fentes de rochers, pour s’engourdir jusqu’au printemps.

Ils ont quatre grandes dents canines mobiles, dont la

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