FAMILLE DES ANGUILLES. — MURÈNE
À nagcoires pectorales, une nageoire dorsaie petite, une queue fourchue sans nageoire anale.
13° La siade, d'Amboine.
( A nageoires pectorales, une nageoire dor- 14° L’ammodytes. sale longue, une queue fourchue avec une { nageoire anale longue.
( A nageoires pectorales, une nageoire dor-
sale longue, une queue tronquée avec une nageoire Fnale longue.
15° La corbeille, d’Amb.
La MURÈNE, muræna, est, avec la lamproie, lampetra, le seul poisson qui n’ait point de nageoires pectorales, mais elle en à une très-longue qui règne tout le long de son dos, et une autre derrière l’anus qui vont se réunir toutes deux à celle de la queue, qui est arrondie.
On n’en connaît encore qu’une espèce.
Elle est particulière à la Méditerranée depuis Marseille, où on l’appelle murène, jusqu’à Rome et Livourne, où elle porte le nom de murena.
Elle habite communément les fonds couverts de rochers dans la haute mer pendant l’été, et gagne perdant l'hiver le rivage, où elle se cache dans les trous de rochers bien exposés au soleil du midi.
Ce poisson a trois pieds environ de longueur sur quatre pouces de diamètre.
Sa peau est brun noir, mouchetée de blanc jaunâtre.
Il vit de poulpes, de sèches, de lièvres de mer, de coquillages et autres animaux marins,
Il y a apparence que ce poisson est vivipare, et s’accouple comme l’anguille et les vipères.
Les pêcheurs craignent beaucoup sa morsure, que lon dit venimeuse et dangereuse , quoique ses mâchoires n'aient qu’un rang de dents très-fines ; lorsqu'il est pris à l’hameçon , il coupe la ligne avec les dents, ou bien si on ne tire
pas la ligne aussitôt, il s'enfonce dans son trou et se cram-— IL. 8
ponne avec sa queue au point qu’il se laisse arracher la mâchoire plutôt que de se laisser prendre.
La meilleure manière pour réussir à cette pêche consiste à faire une fosse que l’on entoure de cailloux aux bords de l’eau, on y jette un peu de sang, la murène s’y rend aussitôt, et on la prend avec des pinces. On estime les grosses murènes plus que les petites, leur chair est grasse et presque aussi bonne que celle de l’anguille.
Le genre de l’ANcuILLE ne diffère de celui de la murène qu’en ce qu’il a deux nageoires pectorales.
Quoique les écrivains disent qu’il n’y en a qu’une espèce, et qu’elle va dans la mer, cependant ils ne peuvent disconvenir que le congre appartient à ce genre, et nous en connaissons au moins cinq ou six espèces, parmi lesquelles il faut compter le fiairaise de Marseille, qui a, comme le congre du Sénégal, la mâchoire supérieure plus longue que lPinférieure.
L’anguille ordinaire, anguilla , Pline, n’a guère que deux pieds et demi de long sur deux pouces de diamètre.
Elle est cendrée, à ventre rougeûtre, et couverte de petites écailles oblongues qui ne sont sensibles qu’au microscope, et cachées sous un épiderme très-muqueux, ce qui a fait dire jusqu'ici qu’elle n’a point d’écailles.
Ce poisson, quoique particulier à PEurope, ne se trouve pas partout; on n’en voit point, par exemple, ni dans le Danube ni dans les rivières qui se jettent dans ce fleuve ; et si l’on y en met, elles languissent et meurent en peu temps, de même que dans la mer : cela vient sans doute de ce que ces eaux sont trop froides ou trop salines. Néanmoins on dit en avoir vu vivre et s’engraisser fort bien dans des étangs d’eau salée et même sulfureuse, où elles s’étaient glissées, ainsi que dans des citernes, des fontaines, dans des puits.
Les eaux qui lui conviennent le plus sont les eaux douces