FAMILLE DES ANGUILLES.— ANGUILLE
des rivières et des étangs, pourvu qu’elles soient courantes sur un fond sablonneux, pierreux et fertile en herbes. Elle reste communément au fond de l’eau, et ne s'élève à la surface qu’à approche des orages, où elle s’agite sans doute à cause de la pression de l'atmosphère sur l’eau, comme il arrive au MISgUurn.
Sa nourriture ordinaire sont les limaces, les vers, les grenouilles, les petits poissons, les herbes, les racines. On en à vu quelquefois abandonner l’eau et se traîner dans les prairies pour y chercher les limaces cachées dans l'herbe, et elle peut vivre assez longtemps hors de l’eau.
L’anguille vit sept à huit ans.
Quelques écrivains disent qu’on ne sait si elle multiplie dans l’eau douce, fondés sur ce que Redi assure que les anguilles de la rivière d’Arno descendent tous les ans au mois d’août vers la mer pour y faire leurs petits, et qu’elles remontent cette rivière jusqu’à Pise régulièrement depuis février jusqu’en avril; mais il y a apparence que ces anguilles sont des congres ou des anguilles de mer : car on sait que nos anguilles de France, par exemple, qui sont dans des étangs qui n’ont aucune communication avec la mer, multiplient sans en sortir.
Ces poissons s’accouplent comme les serpents; ils sont, comme la vipère, vivipares, c’est-à-dire qu’ils ont comme elle des œufs qui éclosent dans le ventre de la mère , et qui en sortent tout vivants et sans coque.
L’anguille se prend à la ligne, à la nasse, à la claie, dans des bourriches, et encore plus facilement dans des fagots de sarment qu’on laisse pendant deux nuits au fond de l’eau et avec lesquels on les retire.
Sa chair est un mets fort délicat, mais qui ne se digère bien que lorsqu’elle est rôtie.
Le congre est l’anguille de mer. On en distingue deux
variétés, l’une blanche äe la haute mer, l’autre brüne bleuâtre, à tête verte et ventre jaunâtre qui fréquente le rivage. Lier
Il a quatre pieds de longueur sur quatre à cinq pouces de diamètre.
Il vit de poulpes, de sèches et de crabes.
On en pêche environ mille quintaux en Bretagne vers Quimper pendant tout l'été, on les ouvre par le ventre de la tête à la queue, on entaille les chairs, qui sont très-épaisses, afin qu’elles se sèchent plus facilement étant exposées à l'air, et on les suspend en passant un bâton d’une extrémité à Pautre pour le tenir ouvert. Lorsqu’ils sont bien secs, on en fait des paquets de deux cents livres pesant qui vont à Bordeaux pour le temps de la foire, et qui passent de là en Espagne, où on en fait grand cas, quoique sa chair soit coriace. Le quintal se vend quelquefois jusqu’à dix écus.
Le genre du COURACHORE ou du SERPENT MARIN, Serpens marinus, diffère du congre en ce que, 1° il n’a point de nageoires à la queue ; 2° la mâchoire supérieure est plus longue que Pinférieure, au contraire de ce qui se remarque dans languille.
Ïl a cinq pieds de long, le dos jaune et le ventre cendré.
Il se trouve dans la Méditerranée sur les côtes de Pltalie.
Le CHEVAL DE MER OU hippocampus, ainsi nommé parce que sa tête , quand il est sec, se recourbe comme celle d’un cheval ; il est assez commun.
Son corps à quatre à cinq pouces au plus de longueur et à peine un pouce de diamètre. Il est quadrangulaire, comme articulé ou composé d’écailles qui forment des espèces d’articulations. Sa tête est allongée en tuyau ou en trompe.
Ses deux nageoires pectorales sont fort petites, et il n’a sur le dos qu’une seule nageoire qui, lorsqu'il a été roulé sur lerivage, se sépare, en des rayons qui paraissent comme