‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 4 sur 201 · TROISIÈME CLASSE. LES REPTILES, REPTILIA · texte numérisé non relu

TROISIÈME CLASSE. LES REPTILES, REPTILIA

Après avoir fini l’histoire entière des oiseaux, disons deux mots de leur liaison avec les autres êtres. Nous avons vu qu’ils touchent d’un côté aux quadrupèdes, surtout au chameau par Pautruche, et quoiqu'ils n’aient aucun rapport avec les insectes par l’oiseau-mouche ou le colibri comme le disent quelques écrivains, on ne peut disconvenir qu'ils ne touchent non pas aux poissons, mais aux reptiles comme la tortue par les oiseaux aquatiques, tels que les plongeons et les uries qui, comme le manchot, ont des écailles aux ailes et aux pieds.

Il n’est pas douteux que tous les êtres ont entre eux des rapports, soit dans leur forme, soit dans leurs qualités accidentelles, et qu’il n’y en à pas un qui, considéré par quelque côté, n'ait avec quelque autre être une convenance, une ressemblance même qui parait les rapprocher et en faire l'union. Mais lorsqu'on veut comparer ces êtres en les considérant sous plusieurs points de vue en même temps, soit

qu’on les compare deux à deux, soit qu’on les compare après les avoir réunis par classes ou par familles, on voit partout qu’ils sont séparés les uns des autres, qu’il faut nécessairement admettre une distinction entre les espèces, qu’il existe même des genres, et qu’il n’y à aucun raisonnement, aucun effort de l'esprit humain qui ait encore pu prouver cette liaison intime qui , selon quelques auteurs, réunit sans interruption les genres et les espèces. Nous avons fait voir, contre l’opinion de ces auteurs modernes qui prétendent que tout est lié dans la nature, que tous les êtres s'unissent en passant par des nuances, par une dégradation insensible, que cette liaison n’existe pas entre les trois règnes. Nous avons démontré qu’il existe une ligne de séparation bien marquée entre la classe des quadrupèdes ou celle des mamellés, et ceile des oiseaux qui en sont comme des branches. Il nous reste à prouver actuellement que la classe des REPTILES qui, comme nous l’avons dit, semble être une troisième branche dérivée des mamellés par les tatous, doit suivre immédiatement celle des oiseaux, parce qu’elle à plus de rapports avec elle quoiqu’au premier abord elle paraisse en être beaucoup plus éloignée.

En effet, les reptiles qui ont le corps couvert d’écailles ressemblent en cela à la famille des tatous parmi les mamellés dont ils diffèrent, parce qu’ils ne sont pas vivipares; et en ce qu'ils n’ont point de poils, point de mamelles, point doreilles, point d'ouverture pour cet organe, en ce qu’ils muent ou changent de peau, en ce qu’ils n’ont qu’un ventricule au cœur, et que leur sang est froid; ils ont done un point de ressemblance avec ceux des mamellés qui en approchent le plus, et huit points de différence. Si on leur compare actuellement les oiseaux, on voit que ceux-ci sont comme eux ovipares, qu’ils ont des écailles au moins à leurs pattes, et qu'ils n’en diffèrent qu’en trois points, qui sont

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