GÉNÉRALITÉS SUR LES REPTILES. — OEUFS
d’avoir 1° deux ventricules au cœur, 2 des plumes, 3° le sang chaud. Les reptiles ont donc un degré de plus de ressemblance avec les oiseaux qu’avec les mamellés, et comme ils ont cinq degrés de moins qu’eux de ressemblance avec les mamellés, ils doivent suivre immédiatement les oiseaux.
Le nom de REPTILE indique, à proprement parler, un animal qui rampe, c’est-à-dire dont le corps en marchant traine sur la terre, et tous ceux dont nous allons parler ont en général ce caractère, à l’exception du caméléon et peutêtre du dragon volant. La marche de ces animaux, si lon en excepte certains lézards, est donc extrêmement lente.
Tous ces animaux ont, comme nous l’avons dit, le corps nu de poils et de plumes, mais couvert d’une peau qui est écailleuse dans le plus grand nombre, ou relevée de tubercules écailleux au moins dans quelque partie de leur corps, comme le dos, le ventre, la queue, la tête, les pattes.
Tous sont ovipares sans exception ; leurs œufs sont ronds dans ceux qui ont le corps rond comme la tortue, ils sont longs, au contraire, ou ovoïdes, dans ceux qui ont le corps allongé comme les lézards.
Ces œufs sont enchaïînés en chapelet de substance gélatineuse, c’est-à-dire semblable à une gelée, sans jaune apparent comme ceux des coquillages ou des poissons, dans quelques genres comme le crapaud, la grenouille; dans d’autres ils sont couverts d’une membrane semblable à celle des œufs hardés, comme les tortues et quelques lézards : enfin ils sont couverts d’une coque dure et solide dans quelques autres comme le crocodile. Ces derniers œufs à coque ou à membrane sont en général entièrement ou presque entièrement pleins de jaune sans aucun blanc au moins sensible.
Aucun de ces animaux ne couve ses œufs. Néanmoins le crapaud appelé crapaud accoucheur les porte à ses pattes et
l DOUZIÈME SÉANCE.
sur son dos jusqu’à ce qu'ils éclosent. Le pipa de Surinam les porte de même dans des fossettes ou cellules creusées sur son dos, et fait, pour ainsi dire, une sorte d’incubation hors de son corps; les autres, comme la tortue et les lézards, les enterrent dans le sable en un lieu exposé, soit à l'ombre, soit au soleil, à une température suflisante pour les faire éclore, c’est-à-dire de 20 à 50 degrés.
Le nombre de ces œufs est fort petit dans les uns et trèsconsidérable dans d’autres. Les lézards, ordinairement, n’en font que cinq ou six à chaque ponte, le crocodile une cinquantaine, les tortues deux à trois cents, les crapauds et les grenouilles environ un millier.
Tous ces animaux ont, comme nous l’avons dit, un seul ventricule au cœur avec deux soupapes. Les mâles ont deux verges hérissées de pointes et les femelles deux ovaires. Leur squelette est plus osseux que cartilagineux dans les grenouilles et les tortues, et plus cartilagineux qu’osseux dans les lézards. Dans les tortues, il forme le test ou la couverture extérieure du corps ; au lieu que dans les grenouilies et les lézards, il est couvert par la peau et non pas par les chairs, qui sont plus rassemblées dans les parties postérieures. Les grenouilles n’ont pas de queue; les tortues et les lézards, au contraire, en ont une souvent même assez longue.
Ces animaux ont pour la plupart quatre pieds; néanmoins on connaît un genre de lézard qui n’en a que deux, placés vers les parties antérieures du corps, c’est le seps d’Aristote, qui se trouve dans les parties méridionales de l’Europe. Chaque pied a depuis trois jusqu’à six doigts, dont la plupart ont des ongles. Le genre du dragon a les hypocondres si étendus entre les jambes qu’ils lui forment deux espèces d’ailes à cinq côtes ou rayons, au moyen desquelles il vole comme le polatouche ou l’écureuil volant, ce qui
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établit un certain rapport entre lui et les quadrupèdes, à cet égard seulement.
Les reptiles, en général, sont regardés comme amphibies, c’est-à-dire comme vivant également sur la terre ou dans Peau; néanmoins il y en a un très-grand nombre, surtout parmi les lézards, qui n’approchent jamais de l’eau.
Tous ces animaux muent, c’est-à-dire changent de peau au moins une fois dans l’année. Cette mue se fait en entier ; la peau part d’une seule pièce, au lieu que la mue des poils des quadrupèdes et des plumes des oiseaux se fait par parties.
Il y en à quelques-uns qui, comme le crapaud et la grenouille, subissent une métamorphose et commencent par être pour ainsi dire poissons, ayant une queue verticale qui doit se couper et se séparer par la suite, peu après l’apparition des quatre pattes qui doivent se montrer aux côtés du corps. Ces espèces de masques du crapaud et de ja grenouille s'appellent tétards, parce que leur tête est la partie dominante de leur corps. Cette métamorphose, ainsi que la mue, a quelques rapports avec celle des insectes.
Ces têtards, ainsi que les jeunes salamandres, ont derrière chaque oreille une ouïe en peigne qui leur sert pour la respiration conjointement avec leurs poumons, car ils ont ces deux parties comme certains poissons appelés coffres à deux dents, diodontes, ce qui établit une analogie à cet égard entre les grenouilles et les poissons coffres. Néanmoins, ces bronches n’ont que la forme extérieure des bronches des poissons; elles n’ont pas de rayons osseux ou cartilagineux, et ne paraissent être qu’une ramification d’un tube cylindrique qui communique avec les poumons. Ce qui doit étonner, c’est de voir que ces ouïes s’oblitèrent et s’effacent lorsque l’animal devient adulte, au point qu’il n’en reste pas la moindre apparence, et qu’il commence d’abord par
respirer comme les poissons et finit par respirer comme les mamellés, ayant comme eux deux poumons qui sont plus vésiculeux, et qui tiennent lieu de la vessie des poissons.
Les oreilles ne forment aucune espèce de cavité, elles ne sont sensibles que par une membrane plus ou moins épaisse qui en bouche louverture comme la peau d’un tambour. L’ouïe paraît être le sens le plus obtus de ceux de ces animaux.
La plupart sont muets, mais ceux qui ont de la voix, comme les grenouilles, l’ont rauque et très-désagréable.
Quoique l’on voie des couleurs très-vives et très-belles, comme du bleu, du rouge, sur la peau de ces animaux, néanmoins leurs couleurs les plus ordinaires sont tristes, livides, et semblent annoncer que ces animaux sont à craindre.
Ils ont la vue fixe, le regard perçant et perfide; c’est, à ce qu’il paraît, le premier et le plus fort de leurs sens. Leurs yeux sont petits et sans cils, ils n’ont pas de paupières supérieures. Vient ensuite celui de l’odorat: tous ont deux narines ouvertes au bout de la mâchoire supérieure, comme deux petits trous dans la plupart, et comme deux cornets dans quelques autres. Tous répandent, en général, une assez mauvaise odeur. Le sens du goût est encore assez obtus dans ces animaux. Ils avalent en général sans mâcher.
Leur nourriture ordinaire sont les insectes, et ils broutent quelquefois des végétaux. Ils peuvent supporter une diète de quelques jours et même de plusieurs mois. On sait que le lézard, la salamandre terrestre se cachent pendant l'hiver dans des trous où ils ne trouvent pas la moindre subsistance; on à tiré des crapauds du cœur de certains arbres où ils paraissaient avoir été enfermés depuis nombre d’années ‘. Les mâchoires, dans la plupart, n’ont ni lèvres
(1) Les expériences de quelques savants, et en particulier celles de
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ni dents; elles sont souvent composées d’un seul os ou de deux os réunis. Ils ont la vie extrêmement dure.
Quelques-uns , comme le sourd ou le gecko, la salamandre, le crapaud, répandent à l’extérieur, sous la forme d’une liqueur blanchâtre, un venin , acide en apparence et caustique, dont les effets se dissipent avec des substances huileuses et alcalines. On sait que les Indiens ont pour remède contre ces animaux venimeux, contre les serpents et contre leur poison, l’ichneumon et l’ophioriza ; que les Américains ont le cochon et le polygala seneka; que l’Europe a la cigogne et l'olivier; les habitants de l’Arabie et les prophètes de l'Amérique enchantent les serpents venimeux avec de Paristoloche.
On sait : 1° que les grenouilles ou les animaux mâles de la première famille des reptiles n’ont pas de génitoires et s’accouplent par équitation sans introduction, en répandant leur sperme sur le frai de la femelle, à mesure qu’il sort; 2° que ceux de la deuxième famille ou les tortues s’accouplent ventre à terre; les lézards, de côté, leurs queues mêlées ensemble , et les serpents, leurs corps entrelacés ou tortillés, n’en faisant qu’un seul à deux têtes, qui se regardent en dardant leurs langues fourchues.
Lorsqu’on considère la lenteur de la marche de la plupart des reptiles et la fécondité de ceux qui, comme la tortue, produisent deux ou trois cents œufs par an, ou un millier, comme les crapauds et les grenouilles, on ne peut s'empêcher de reconnaitre que Pintention de la nature a
M. Hérissant, nous apprennent que ces animaux vivent enfermés dans des pierres scellées hermétiquement, comme privées d’air, au moins de Vair grossier, et sans nourriture pendant deux ans entiers. Ce qui tend à donner quelques degrés de vraisemblance à l’assertion des observateurs qui assurent avoir trouvé de ces animaux enfermés dans des murs et dans des troncs d'arbres qui paraissaient avoir cinquante à soixante ans , et même davantage.
été non-seulement de multiplier les moyens de conservation à ces espèces, mais encore de les faire servir à la nourriture de nombre d’autres animaux. Si la tortue et le crapaud avaient en partage la célérité du lièvre, combien d'animaux manqueraient leurs repas ?
On ne voit aucun ouvrage particulier sur les reptiles, mais seulement quelques figures éparses çà et là dans Rondelet, dans Seba et dans Ræsel; aussi l’histoire de ces animaux est-elle encore fort peu connue.
Linné n’en distingue que quatre-vingt-une espèces, dont il forme seulement quatre genres; savoir : 4° la tortue; 2 le dragon; 5° le lézard; 4 la grenouille.
Cette classe peut se diviser en trois familles, dont la première contient les reptiles qui ont le corps court et sans queue, comme les GRENOUILLES, ranæ; la deuxième, les TorTues, c’est-à-dire les reptiles à corps court, recouvert d’un test osseux et avec une queue; la troisième, les Lézarps, c’est-à-dire les reptiles à corps allongé et à queue; j'en connais environ deux cents espèces que je divise en vingt-six genres.
1'° Famirze. LES GRENOUILLES, RANÆ.
Les reptiles de cette famille se reconnaissent, comme nous venons de le dire, à ce que leurs corps est court et sans queue. — Jen distingue quatre genres qui sont :
s 4 doigts antérieurs distincts, 6 doigts postérieurs distincts.
| 4 doigts antérieurs distincts, 6 doigts postérieurs palmés.
( 4 doigts antérieurs distincts, Ü5 doigts postérieurs palmés.
{ 5 doigts antérieurs distincts, U5 doigts postérieurs palmés.
1° Le crapaud, bufo:
2e La grenouille, r'ana :
3° Le pipa :
40 Le musica de Surinam :
Tous ces animaux ont quatre pieds dont les postérieurs sont beaucoup plus longs et tous partagés en quatre à six