‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 50 sur 201 · FAM. DES CARPES. — BRÊME, ABLETTE, GARDON · texte numérisé non relu

FAM. DES CARPES. — BRÊME, ABLETTE, GARDON

Arted., Syn., 2, est un poisson de l’Europe, et qui se plaît mieux dans les étangs bourbeux que dans les rivières. On en voit aussi vers l'embouchure de la Seine.

On remarque que lorsqu'elle abonde dans les étangs comme la tanche, les carpes n°v profitent pas.

Sa chair est grasse et molle, peu estimée.

L’able ou ablette, alburnus, Auson., albula, Schoner., cyprinus, 15, Arted., Syn., 10, tire son nom de sa couleur blanche ou argentée.

Il n’a guère plus de quatre pouces de longueur.

Ce poisson est commun dans la plupart des rivières de l'Europe, et particulièrement dans la Marne et la Seine.

On le prend à l’hamecon ou au filet.

Il n’est pas très-bon à manger, mais on tire un grand avantage de la matière argentine qui colore ses écailles. Elle sert à faire des perles fausses, et cet art, dont linvention est due aux Français, occupe beaucoup d'ouvriers dans Paris.

Pour ratisser cette matière, qui est comme un mucilage argentin, on enlève d’abord les écailles de l’able en le ratissant à l’ordinaire ; ensuite on met ces écailles dans un bassin d’eau claire, où on les frotte comme pour les broyer. Le mucilage argentin qui s’en détache donne à lPeau une couleur argentée; on verse donc cette première eau dans un grand verre, puis on en jette de nouveau sur les écailles. On les frotte de nouveau, et dès qu’elle a pris une couleur argentée, on la verse encore dans un grand verre. Le mucilage argenté, c’est-à-dire plus pesant, se précipite au fond de l’eau ; on verse par inclinaison cette eau jusqu’à ce qu’il ne reste plus que ce mucilage argentin, qui est épais comme de l'huile et qu’on nomme essence d'Orient. Le réservoir de

cette matière est une espèce de vessie couchée sur les laites ou les ovaires.

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