‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 49 sur 201 · FAMILLE DES CARPES. — TANCHE, GOUJON · texte numérisé non relu

FAMILLE DES CARPES. — TANCHE, GOUJON

Ces poissons sont d’abord noirâtres en naissant, et ils restent tels toute leur vie s’ils sont dans un lieu ombragé et sans soleil. Ceux qui voient le soleil deviennent rouges à la deuxième année, et il y en a qui blanchissent dans les temps de la mue.

On les élève comme le taor dans des vases de verre ou de porcelaine. Nos carpes ordinaires s'élèvent aussi facilement, et deviennent aussi familières, aussi divertissantes, en venant recevoir la nourriture de la main.

La TANCHE, tinca, Auson., se distingue du genre de la carpe à trois caractères : 1° elle n’a que deux barbillons à la bouche, tous deux au menton; 2° sa nageoire dorsale est plus haute que longue; 3° sa queue est si peu échancrée qu’elle paraît carrée. Elle n’a point d’épines au x nageoires.

Il y à dans ce genre deux espèces, savoir :

1° La tanche, tinca ; 2° Le goujon, gobius, Auson.

La tanche, tinca, à à peine neuf à dix pouces de longueur; elle a deux pierres dans la tête. Le mâle se distingue de la femelle par ses nageoires ventrales, qui sont beaucoup plus grandes.

Ce poisson est particulier à l’Europe, et se trouve plus volontiers dans les eaux bourbeuses, stagnantes, ou qui coulent très-lentement, et très-herbeuses.

Il se nourrit, comme la carpe, de vermisseaux, de coquillages et de plantes; et comme il mange beaucoup, il ruine le fond d’un étang, au point qu’un terrain, suffisant pour engraisser cinq cents carpes, suflirait à peine pour nourrir cent tanches. Il faut donc avoir beaucoup de terrain de reste pour empoissonner un étang de tanches.

La tanche fraie deux fois lan, savoir : au printemps et en été, dans des touffes d'herbes; quoiqueses œufs soient moins nombreux que ceux de la carpe, elle croît beaucoup plus vite.

On la prend facilement à l’hamecon amorcé de petits vers et de limaçons.

On trouve quelquefois dans celles qui sont grasses un ténia long de deux pieds et demi, différent du ténia humain en ce qu’il n’est pas articulé par anneaux. |

La chair de la tanche est assez bonne, mais visqueuse, pleine de sucs grossiers, peu nutritifs et peu sains.

Ce poisson est si vivace que, fendu en deux et frit à demi, il s’élance hors de la poêle comme la carpe.

Le goujon, gobio, Auson., freudulus, Schoner., goiston du Lyonnais, à cinq pouces au plus de longueur.

Il est particulier à Europe, et se trouve comme la carpe dans les étangs et les rivières dont l’eau est tranquille et fangeuse.

Il vit de vermisseaux, de sangsues, et surtout de chairs pourries d'animaux, au point que, si l’on jette dans l’eau un cadavre, un chien mort ou une tête de cheval, de bœuf, ils s’y rassemblent en grand nombre.

La saison de le pêcher est depuis novembre jusqu’en avril. Il ne mord point à l’hamecon ; on le prend dans des filets dont les mailles sont étroites.

Ce poisson est assez agréable à manger lorsqu'il est frit.

La BRÈME, drama, Rond., abramis, Belon., quoique confondue jusqu'ici avec la carpe, forme un genre particulier de poisson, qui en diffère en ce que 1° elle n’a point de barbillons à la bouche ; 2° son corps est court et très-comprimé, aplati par les côtés ; 3° sa nageoire dorsale est plus haute ou plus profonde que longue, et au contraire l’anale plus longue que profonde.

On peut rapporter à ce genre deux espèces, savoir :

1° La brème, brama ;

20 L’able ou ablette, alburnus.

La brème, brama, abramis, Belon., cyprinus, 2, brama,

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