‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 75 sur 201 · FAM. DES MITES. — MONOCLE, CHIX, CIRON · texte numérisé non relu

FAM. DES MITES. — MONOCLE, CHIX, CIRON

rouge comme du sang. Pendant les temps couverts et froids de l’été, surtout le matin et le soir , on les voit par millions nager à la surface de l’eau, où ils forment comme une poudre rougeâtre qui, pendant la chaleur du jour et au soleil, se précipite au fond de l’eau où elle s'étend comme par nappes et par nuages, au contraire des molécules des infusoires qui restent au fond de l’eau le matin et qui s'élèvent à mesure que le soleil change.

Le peuple qui ignore la catise de ce phénomène parce que cet animaleule est si petit qu’il échappe à la vue, croit que l’eau s’est changée en sang ou qu’il est tombé une pluie de sang , ce qui porte la terreur dans son esprit.

On voit d’autres espèces de ces animalcules qui sont noires et qui présentent les mêmes apparences sous une autre couleur.

Le cmix, acarus, Lin., Geoff., 621, forme un genre de mite qui se reconnait à ce que, 4° son corps est ovoïde ou sphéroïde ; 2 ses deux yeux sont posés sur une écaille en plaque au-devant du corps; 5° ses deux antennes sont simples, filiformes, composées de deux articles placés auprès du bec; 4° ses pieds sont au nombre de huit, composés chacun de sept articles et de deux ongles.

On en connait environ quinze espèces dont je citerai seulement :

4° Le chiæ du Sénégal, qui est commun sur les bœufs, les brebis et les chèvres. Il a près d’un pouce de longueur et pond jusqu’à trois mille œufs, ovoides, pointus, roux, bruns, transparents, longs d’un tiers de ligne. IL se cramponne si bien à la peau de ces animaux en ÿ insérant sa trompe qui forme une aiguillon conique, que son corps y entre en partie et qu’on ne peut le détacher qu'avec peine, souvent en le déchirant en morceaux.

2° Le pou de Pharon, ainsi appelé en Afrique, entre les tro-

piques et aux Antilles de l'Amérique, parce qu’il attaque les hommes et quelquefois les singes, les chevreuils, les chats ; il est gros comme un pois. Au Brésil on Pappelle fous et niqua ou ning«.

Ses œufs sont communément déposés dans le sable où la mer les jette, pour ainsi dire, étant transportés cà et là par les pieds des hommes qui en sont attaqués; ils y éclosent, et dès qu’un homme passe ou marche sur eux à pieds nus ils s’y attachent et se logent dans les doigts auxquels ils s’attachent pour l’ordinaire au-dessus des ongles, surtout près de l’orteil, se cachant entièrement dans la chair. En trois ou quatre jours ils acquièrent la grosseur d’un pois et font souffrir, comme les cors, au point de faire boiter et marcher avec un bâton. Pour les retirer il faut cerner la chair tout autour, opération très-douloureuse et qui a quelquefois dégénéré en ulcère malin et difficile à guérir. Il y a une autre raison pour les retirer de bonne heure ou dès que l’on s’en sent aitaqué, c’est que sans cela on en est bientôt couvert, parce que ces animaux, multipliant sans accouplement, produisent leurs œufs par centaines.

Les gens qui se lavent souvent et qui se tiennent proprement ne sont pas sujets à cette vermine. Pour s’en garantir les Américains se frottent les pieds avec le roucou, avec les feuilles de tabac broyées et d’autres herbes âcres et amères.

Le cIRON, acarèés, Arist., acarus, Plin., ne diffère du genre du chix qu’en ce que, 1° ses antennes ont trois articulations ; 2° ses pieds n'ont pas d'ongles.

Il yen a douze espèces dont les plus grosses, semblables à des pois, vivent dans l’eau et sucent les insectes et les poissons ; les autres plus petites vivent sur les matières animales , comme le fromage rafliné et dans la farine ou le pain sans levain, comme le pain à cacheter, ou sur les oiseaux et les quadrupèdes.

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