FAMILLE DES ARAIGNÉES. —— TARENTULE
Afrique et en Amérique; on Pappelle anose où anause en Guinée, et democule à Ceylan.
Ses pattes étendues ont six à sept pouces de longueur.
Seba, et quelques auteurs, disent qu’elle pose son ovaire dans lPenfourchure des branches des arbres sur lesquelles elle reste; mais elle vit ordinairement sur les rochers, et porte son ovaire avec elle sous son ventre. Cet ovaire est grand comme un œuf de poule; sa peau forme une espèce de parchemin lisse, et le dedans est rempli d’une bourre de soie qui environne les œufs.
Les nègres se servent des crochets de cette araignée pour déboucher leurs pipes. Quelques curieux les font enchâsser dans de l'or pour s’en servir comme de cure-dents, qu’ils estiment beaucoup, parce que, disent-ils, ils préservent les” dents de douleur et de corruption. Jai de ces crochets qui ont sept lignes de longueur sur une ligne et demie de diamètre.
Cette araignée passe pour n'être pas venimeuse; mais dans quelques endroits, en Amérique, on prétend qu’elle est aussi dangereuse que la vipère; ses poils piquent et pénètrent la peau comme ceux de Portie ou plutôt comme ceux des chenilles.
La tarentule , ainsi appelée du nom de la ville de Tarente, dans la Pouille, où elle est commune, se nomme aussi lenragée.
Elle à tout au plus un pouce ou un demi-pouce de long sur quatre pouces d’étendue entre les extrémités des pattes. On dit que ses yeux qui sont jaunes sont lumineux la nuit comme ceux des chats.
Elle est noire mouchetée de blanc.
Elle habite dans les fentes des murailles et dans les trous creusés sous terre, où elle reste cachée pendant l'hiver.
Elle porte sous son ventre son ovaire qui contient soixante
œufs, et elle porte encore ses petits jusqu’à ce qu’ils soient devenus assez grands pour se défendre. eo
Sa nourriture ordinaire consiste en insectes, surtout en bourdons, qu'elle attend comme en embuscade, et qu’elle attrape en sautant dessus dès qu’ils approchent de son trou en bourdonnant.
On sait aujourd’hui que le {arentisme, dont on à fait autrefois tant de bruit, n’est qu’un charlatanisme imaginé par le bas peuple de l'Italie pour exciter les charités des passants devant lesquels les uns rient, les autres pleurent, pendant que d’autres font les assoupis, et que les autres dansent et crient au milieu d’une symphonie qu’ils disent, aux gens crédules, être le seul remède contre ces symptômes qu'ils doivent à la piqûre de la tarentule. M. l'abbé Nollet et plusieurs autres savants aussi expérimentés, qui ont voyagé en Italie, se sont assurés que la piqûre de la tarentule n’est pas plus dangereuse que celle de nos araignées. Néanmoins on ne peut douter que si le venin de la tarentule produit les effets qu’on lui attribue, les mouvements qu’il occasionne opéreraient la guérison par les sueurs et l’écume qu’il doit produire.
Le kaopik ou l'araignée à terrier, Varaignée mineuse, dont nous devons l’histoire à M. lPabbé de Sauvages, de la Société royale de Montpellier, est commune aux bords des chemins de Montpellier et sur les berges de la petite rivière du Lez, près de cette ville.
Elle se creuse dans ces endroits bien exposés au midi , au sec et dans une terreforte, un terrier cylindrique d’égal diamètre partout, d’un à deux pieds de profondeur, qu’elle tapisse d’une toile bien serrée. L'ouverture de son trou est bouchée par un couvercle hémisphérique tapissé intérieurement de soie et terreux à l'extérieur, qui se ferme de lui-
FAMILLE DES ARAIGNÉES. — FAUCHEUR. 215 même par son propre poids, et si exactement que ni l'air, ni l’eau, ni la lumière ne peuvent y pénétrer.
Il paraît qu’elle ne sort de son trou que la nuit, car lorsqu'on la tire au dehors elle est languissante , engourdie et sans mouvement.
Elle est pour lordinaire vers la porte de son trou pour guetter les insectes et les attraper à leur passage. Lorsqu'on touche au couvercle et qu’on cherche à le soulever elle le retient avec ses pattes en se cramponnant le corps renversé de manière qu’il faut une assez grande force pour l'ouvrir, Dès que sa porte est ouverte elle descend promptement au fond de son trou, et elle sent de là par la continuité de sa toile tous les mouvements qu'on fait au dehors. Lorsqu'elle tient sa porte, on peut avec le couteau cerner la terre tout autour et Penlever sans qu’elle se méfie du malheur qui la menace , et elle ne se précipite pas dans son trou comme quand elle voit qu’on a forcé sa porte.
Nous avons à Paris et aux environs une espèce d’araignée maçonne cendree, longue de cinq lignes, portant son ovaire sous son ventre, qui fait comme le kaopik un trou dans la terre , surtout sur les couches et sous les cloches. Mais son trou n’est pas plus grand que son corps, et ordinairement pratiqué sous une motte de terre ; il ressemble à une petite fossette tapissée d’une toile blanchâtre. Lorsque l'animal entend quelque bruit autour de sa loge il en sort, et si c’est un insecte qui lui convient il saute sur lui et l’emporte. Ordinairement cette espèce court le jour sur la terre et reste peu enfermée.
Le rAucHEUR, opilio, Virgil., phalangium, Geotf., 629, diffère de tous les autres genres d'araignées en ce que : 4° il n’a que deux yeux; 2° il n’a que six articulations à ses pattes et quarante tarses avec un seul ongle ; 3° sa bouche a deux doubles pinces.
216 OUINZIÈME SÉANCE,.
Jen connais trois espèces que tous les auteurs confondent ordinairement ensemble.
La plus grande à six pouces d'envergure entre les extrémités de ses pattes. On sent bien que ces grandes pattes leur ont été données pour enjamber facilement les herbes des champs et des prés où elles vivent.
On sait que cet animal n’a ni filière ni fils; cependant quelques écrivains ne font pas de difliculté de lui attribuer ces fils blancs de lait qu’on appelle fils de la Vierge, et qu’on ne voit qu’en automne.
M. Geoffroy, p. 626, les accorde à une espèce de chik qu’il appelle fisserand d'automne, acarus, 15. Mais nous savons que ces toiles sont dues à une espèce du genre que j'appelle biatela, et qui est très-commune en aztomne sur les arbres et les chaumes de la campagne où elle file ces fils sur lesquels elle se fait transporter par le vent. Quelques physiologistes ont pris ces fils pour des vapeurs condensées dans l’atmosphère.
3e Fame. LES CRABES ET LES ÉCREVISSES, CANCRI, ASTACTI.
Les animaux de cette famille se reconnaissent à ce que leur ventre est articulé pendant que leur tête est confondue avec le corselet. On peut la diviser en dix-huit genres,
SaVOIr :
1° Le scorpion, scorpius, Virgil. 7° La GREVETIE, Crangon, Arist.
20 Le CRABE DES MOLUQUES, 70lu- 8° Le LOkKIE, d’Amb., la langouste, cancer, Ad. de France.
3° Le CANCRE D'ARMOIRIES , d’Amb., 9° La sQuiILLE, squilla, Arist. condu, Ad. 10° La SQUILLAMANTE, squillaman-
4 Le cAMMaARUs. tes, hippocampus, Matth.
50 LC TAFELRREEST, d'Amb. 119 L'ERMITE, cancellus, Rondel.
6° L'ECREVISSE, astacus , Aristot. 12° Le PEDISTACUS, Ad.