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FAM. DES ARAIGNÉES. — ARAIGNÉE DOMESTIQUE

jours quoique sans manger. La femelle les protége pendant quelque temps; elle les porte souvent sur son dos et en est comme hérissée.

A mesure qu’elles croissent elles muent, c’est-à-dire qu’elles changent de peau, même lorsqu'elles ont pris tout leur accroissement, une fois tous les ans vers le printemps comme les écrevisses.

L’araignée vit environ quatre à cinq ans.

Cet animal, que l’on déteste tant à cause de sa forme hideuse, est très-utile à Phomme en ce qu’il le débarrasse de nombre de mouches qui l’incommodent en été, et dont le nombre diminuerait si par un excès de propreté, et par un dégoût mal entendu, on ne détruisait pas autant d'araignées.

L’araignée est susceptible d’attachement; on en à vu une, reconnaissante des bienfaits d’un prisonnier qui lui donnait des mouches, s'attacher à lui, le caresser à sa facon, et venir quand il Pappelait.

Le genre de lARAIGNÉE DOMESTIQUE se reconnaît à deux caractères : 1° ses yeux sont au nombre de huit disposés en carré sur le devant du corselet; 2 son ventre est sphéroïde ou ovoide. On en connaît sept à huit espèces, dont les principales sont :

i» L'araignée domestique ou des chambres de Paris, à toile pleine. 2 L’araignée longue des fentes des fenêtres, à toile pleine. 3° L’araignée aquatique.

1° L'araignée des chambres. — 1 y a plusieurs araignées domestiques ; celle dont il est ici question, et que nous spécifierons par le nom d’araignée des chambres, a les pattes moins longues que la grande; celle des caves, n’ayant que deux pouces et demi d'envergure; elle est d’un brun noir, longue de six lignes.

Cette espèce forme dans les angles des appartements éclairés une toile horizontale, pleine, qui prend une forme

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triangulaire quelquefois de deux pieds de côté. Au fond de celte toile, dans l’angle du mur, l’araignée s’est pratiqué une petite tanière, une espèce de galerie sans fond, c’est-àdire percée par les deux bouts, où elle dort et repose, les pattes étendues et la tête en devant, de manière, que dès qu’elle sent dans sa toile quelque mouvement qui l’avertit qu’une mouche ou quelque autre insecte y est pris, elle y court aussitôt et l'emporte pour le sucer dans sa tanière, rejetant le reste du cadavre ou plutôt du squelette par la partie inférieure de cette tanière. C’est aussi par cette porte de derrière qu’elle fuit lorsqu’elle est poursuivie ou qu’on détruit sa toile. Lorsqu'on examine de près les cadavres des mouches et autres insectes qu’elle a sucés, on voit qu’il n’en reste absolument que le squelette, que lenveloppe extérieure, toutes les chairs et les liqueurs intérieures ayant été retirées par la succion des pinces de l’araignée, laquelle succion doit être bien forte pour opérer un pareil effet. De temps en temps elle nettoie sa toile de la poussière qui la chargerait trop; elle la balaye en donnant un coup de patte, une secousse si bien mesurée qu’elle ne rompt rien.

2° L’araignée longue des fentes des fenétres et des trous des caves se forme une tanière cylindrique dans ces fentes, et en tapisse l’entrée avec des filets tendus et rayonnants.

Sa toile se prescrit pour fermer les blessures.

5° L’araignée aquatique brune (Geoff., 644), est brune, légèrement velue, longue de cing lignes, large de deux.

On la trouve dans l’eau des mares et des étangs de la Champagne, à vingt-cinq ou trente lieues de Paris. Quoiqu’elle sorte quelquefois de l’eau pour poursuivre les insectes, elle reste plus souvent dans l’eau où elle les emporte quand elle les à pris. Elle poursuit aussi les insectes aquatiques au fond de l’eau, elle mange ses semblables, mais elle a pour ennemies les punaises aquatiques et leslarves à masque des demoiselles.

FAM. DES ARAIGNÉES. — ELLIRETA, TRIATELA. 211

Lorsque cette araignée nage, c’est à la renverse, son dos tourné vers la terre et le ventre en haut. Tant qu’elle est dans l’eau, elle est environnée d’une bulle d’air qui la tient à sec, et qui la fait paraître brillante et argentée. Cette bulle est due à la graisse et au poil en duvet dont son corps est environné. Elle profite de cette propriété pour se faire

au milieu de l’eau un domicile où elle est à sec; pour cela, elle colle d’abord quelques fils de sa soie à des plantes qui croissent sur son fond, ensuite, montant à sa surface toujours couchée sur le dos, elle élève hors de l’eau son ventre qui paraît sec au-dessus de la surface, puis elle le retire vivement dans l’eau pour entrainer avec lui une bulle d’air plus forte que d’ordinaire; ensuite elle descend vers ses fils et y laisse une partie de cet air qui s’y concentre et forme une bulle qui est retenue par lesfilsqui lenvironnent de tous côtés. L’araignée remonte de nouveau à la surface de l’eau, en rapporte de nouvel air qu'elle porte à sa bulle ou à sa loge, ce qu’elle répète jusqu’à ce qu’elle soit à peu près grosse comme une forte noisette ou même du diamètre de neuf à dix lignes.

Alors sa loge est faite, elle y vient reposer et manger les insectes qu’elle a pu attraper. Quand elle y entre, elle la gonfle par le volume d’air qu’elle y apporte avec son corps, et elle la diminue lorsqu'elle sort par la portion d’air qu’elle emporte nécessairement autour d’elle.

Non-seulement cette araignée repose, mange et mue dans ce domicile, mais elle s’y accouple aussi deux fois Pan, l’une au printemps, Pautre en septembre. Alors la femelle fait une deuxième loge pareille à la première pour y loger son ovaire; le mâle établit aussi la sienne à côté, et lorsque le temps est venu, lorsqu'il voit la femelle couchée sur le dos, les pattes étendues en l’air comme si elle était morte, il perce la cloison du domicile de la femelle et y entraine le

sien en yintroduisant son corps; aussitôt les deux bulles s'unissent pour n’en faire qu’une beaucoup plus grande; il s’unit un instant en glissant son corps sur la femelle qui se relève aussitôt, court après lui et le fait fuir avec précipitation. |

L’ELLIRETA forme un genre d’araignée qui se reconnait à ce que ses veux sont placés sur deux lignes parallèles courbes ou en ellipse, et à ce qu’il file une toile verticale en réseau.

J’en connais vingt espèces parmi lesquelles sont :

4° L’araiquée porte-croix des jardins dont nous avons décrit ci-devant la manière de faire sa toile.

2° Nous avons au Sénégal deux espèces longues de plus d’un pouce, c’est-à-dire grandes comme un œuf de pigeon, noires et dorées, assez semblables à celles de la Louisiane qui forment une toile en réseau de deux pieds environ de diamètre, dont la soie jaune d’or est si forte qu’il s’y prend quelquefois des petits oiseaux, comme les colibris; leurs ovaires sont en forme de coupe et soyeux.

Jen envoyai à M. de Réaumir, mais le résultat de ses expériences fut, comme je lai dit, Que emploi en serait plus difficile, plus dispendieux, et moins agréable que celui de la soie ordinaire.

La TRIATELA forme un genre d’araignée qui se reconnaît à ce que les yeux sont disposés sur trois lignes droites. Ce genre comprend six espèces parmi lesquelles Les plus remarquables sont :

1° La triatele ou la grosse araignée des tropiques, anose, du Sénégal, 2 La tareutule.

3° Le kaopik ou araignée à terrier.

4° La maçonne des couches, de Paris.

5° L'araignée à deux queues, du Sénégal.

La triatele ou la grosse araignée des tropiques se trouve en

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