FAMILLE DES CRABES. — ÉCREVISSE
de fiole ou de vésicule terminée par une petite pointe très-dure , très-piquante, qui a une ouverture par laquelle il lance son venin dans la plaie qu’elle a faite. Lorsqu’on presse cette vésicule on fait refluer la liqueur dans le corps, jusque sous le ventre, entre les deux pattes postérieures, où sont deux trous par lesquels on la voit sortir (ces deux trous sont les ouvertures des parties de la génération).
On sait, à n’en point douter, et les expériences ont appris que la piqûre du scorpion est venimeuse, mais elle ne lest pas également pour tous les animaux ni pour tous les hommes, et les scorpions blanchâtres sont moins à craindre que les noirs; on en a même vu dont la piqüre ne faisait aucun mal. On a vu des chiens en mourir, au bout de cinq heures, après une enflure générale, des vomissements et des convulsions qui leur faisaient mordre la terre. Les hommes qui en sont piqués aux parties inférieures ont aussitôt des enflures aux aines; si la plaie a été faite aux parties supérieures, la tumeur paraît sous les aisselles, lorsque la piqûre est légère, mais lorsqu'elle est considérable tout le corps paraît couvert de taches rouges comme celles de la petite vérole ou comme des meurtrissures, mais brûülantes, avec démangeaisons; les jointures perdent leur mouvement, le fondement tombe, le désir continuel d’aller à la selle presse, le malade vomit beaucoup, il a des hoquets, des convulsions, son visage se contrefait, il s’'amasse de la cire autour de ses yeux, les larmes sont visqueuses, il écume de la bouche.
L’eau de Luce, c’est-à-dire l’alcali volatil, est le meilleur remède en pareil cas, comme pour le venin de la vipère, et à son défaut, on applique sur la plaie le scorpion luimême, fraichement écrasé, ou l'huile dans laquelle on Pa fait infuser , parce qu’elle à une qualité alcaline.
Le scorpion est sudoritique et diurétique, propre à chas-
ser le sable des reins et de la vessie. On en ôte le bout de la queue, on le fait sécher au soleil, puis on le réduit en poudre, qui se donne depuis six grains jusqu’à un scrupule.
L’ÉCREVISSE, astacus, Arist., forme un genre qui se reconnaît : i° à ses dix pieds, dont les six premiers sont en pinces ; 2° à ses six antennes cétacées, dont deux simples, et les autres réunies deux à deux; 3° à sa queue demi cylindrique. 11 y en a deux espèces:
1° T’écrevisse fluviatile, astacus.
2° Le hommard ou homard, cammarus, Arist., de mer.
1° L’écrevisse, astacus, a quatre bons pouces de longueur du bout du nez au bout de la queue, sur quatorze lignes de largeur.
Elle est commune en Europe et non au Sénégal, comme le disent quelques écrivains, dans les rivières et les ruisseaux d’eau courante et claire, surtout entre les rochers et les racines des arbres, dans des terres argileuses ou fortes, bordées de gazon.
Elle se nourrit d'insectes, de vers, de sangsues et de charognes aquatiques, de grenouilles, de poissons et souvent de ses semblables.
Une écrevisse de sept ans n’est encore qu’à la moitié de sa grandeur, selon les pêcheurs, ce qui doit faire penser que cet animal vit au moins une dizaine d'années.
Elle ne mue qu’une fois Pan, et cela en juin, juillet et août. Aux approches de la mue, les trois pierres de son estomac, qu’on appelle improprement yeux d’écrevisses, diminuent à mesure que la nouvelle écaille se fortifie; lon ne trouve plus de pierres dans l’écrevisse lorsque Pécaille est entièrement formée, ce qui fait soupeonner que ces pierres sont le réservoir de la matière que les écrevisses emploient pour réparer la perte de leur croûte.
La chair de l’écrevisse est blanche, tendre, mais sèche, peu