‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 88 sur 201 · GÉNÉRALITÉS SUR LES INSECTES. — ANTENNES · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR LES INSECTES. — ANTENNES

milieu de l'œil, qui, au lieu d’être ovale, forme un croissant qui entoure l’origine de l’antenne, comme dans le capricorne, cerambyx, qui forme la troisième section de la famille des charançons, curculiones.

Elles sont composées : de une à dix articulations dans la plupart des mouches, des punaises, et dans quelques scarabées; de onze articulations dans le plus grand nombre des scarabées; de douze à deux cents articulations dans là famille des sauterelles et dans plusieurs genres de celle des abeilles.

Leur figure varie beaucoup et sert à déterminer nombre de genres : 1° elles sont en massues dans plusieurs scarabées, dans la famille des papillons; 2° en filets ou soie dans les phalènes, les sauterelles, les cigales, la plupart des punaises et quelques scarabées ; 5° prismatiques ou anguleuses dans les sphinx, qui forment la première section de la famille des phalènes ; 4° aplaties ou comprimées par les côtés, comme dans le meloe et le platedo; 5° en chapelet ou en if, par la distance qui sépare leurs articulations, comme dans le bibion et quelques scarabées; 6° elles forment un peigne, c’est-à-dire qu’elles sont ornées, des deux côtés ou d’un seul côté, de barbes semblables à celles d’un peigne, dans les mâles de plusieurs phalènes, dans quelques scarabées et quelques mouches ; 7° eiles sont coudées et comme brisées dans quelques scarabées et dans la plupart des charancons et des abeilles, dont le premier article est très-long et forme un angle avec le reste de l’antenne.

En général ce premier article inférieur, celui qui tient à la tête, est non-seulement plus long, mais même plus gros que les autres, et le second, ou celui qui le suit immédiatement, est le plus court de tous; cependant les mouches à deux ailes ont communément les premiers d’en bas fort petits, et le dernier fort grand et aplati en palette.

Le sens de la vue paraît être le premier ou le plus parfait de tous les sens dans les insectes.

Tous les insectes ont des yeux qu’on distingue en grands el en petits.

Tous en ont deux grands, un de chaque côté de la tête. Ces veux sont immobiles, convexes, diversement figurés, presque sphériques dans les uns, hémisphériques ou ovoïdes, triangulaires ou en croissant dans d’autres.

Ils sont durs et couverts d’une espèce de cornée qui paraît lisse, mais qui, examinée au verre lenticulaire, se montre comme un réseau extrêmement fin, composé d’une infinité de facettes hexagones. Leuwenhoeck a compté 3,181 de ces facettes sur la cornée d’un scarabée, et 8 mille sur celle de la grande mouche bleue ordinaire; nous en avons compté 18 mille sur l’œil du taon, tabanus, et 25 mille sur celui de la grande espèce de demoiselle, libella. Comme ces yeux sont immobiles et ne peuvent se tourner vers les objets, il était nécessaire qu’ils eussent cette conformation, afin qu’ils pussent voir dans tous les sens les objets de tel côté qu’ils se seraient présentés. Chaque œil équivaut même à autant d’yeux qu’il a de facettes, parce que chaque facette est un cristallin, et qu’il répète autant de fois les objets, de même que les verres taillés à facettes; c’est ce que l'expérience à appris en détachant de ces cornées, en nettoyant bien leur surface intérieure et en les substituant à la place d’une lentille de microscope; les objets qu’on regardait au travers d’un microscope ainsi armé, se multipliant autant que les facettes de ces cornées. Cette multiplicité d’yeux renfermés dans un seul ne met pas plus de confusion dans la vision de l’insecte que nos deux yeux n’en mettent dans la nôtre. Les corps ne nous paraissent pas doubles, quoique nous les regardions avec nos deux yeux , qui ont chacun un nerf optique. Il en est de même

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