GÉNÉRALITÉS SUR LES INSECTES. — VENTRE
ventre ou même le ventre entier, ainsi que les ailes et leurs étuis. Cet écusson n’est qu’une portion du corselet qui tient lieu du deuxième ou du troisième anneau du corselet des mouches à deux et à quatre ailes, et qui est uni au ventre dans les scarabées. C’est pour cette raison que les trois paires de pattes sont attachées sous le corselet des mouches, au lieu qu'il y en a une paire sous le corselet et deux sous le ventre, c’est-à-dire sous lécusson du ventre dans les scarabées.
Le ventre est la troisième et dernière partie principale du corps des insectes; il est attaché derrière le corselet, et varie beaucoup dans la figure : communément il est plus allongé et moins gros dans les mâles que dans les femelles.
Il est composé de douze anneaux dans les scarabées et de dix seulement dans les papillons et les mouches, tous enchâssés les uns dans les autres , de manière qu’ils peuvent s’allonger, se raccourcir, s2 mouvoir en différents sens ; ces anneaux ne sont pas d’une seule pièce, mais formés chacun par la réunion de deux lames semi-circulaires ou en demianneaux , dont ceux de dessous sont écailleux, aussi durs que les ailes en étui dans les scarabées et les punaises. Les anneaux supérieurs sont mous et recouverts par les ailes. Cette conformation donne au ventre de l’insecte la facilité de s'étendre et de grossir lorsqu'il est plein d'œufs.
Il'est aisé de voir que les scarabées ayant deux autres anneaux, savoir la tête et le corselet , font avec les douze du ventre, qui comprennent les deux de l’écusson , en tout quatorze anneaux correspondant aux quatorze du corps de leurs larves , comme les dix anneaux du ventre des papillons et des mouches, joints aux trois de leur corselet et à la tête, forment les quatorze correspondant aux quatorze anneaux du corps de leurs chenilles ou de leurs vers, remarque qui n'avait pas encore été faite avant moi.
Quelques femelles de la famille des punaises, comme celles
de quelques pucerons, de quelques cornafas, des allos, de la cochenille, du barbel, du kermès, de la céréole, la punaise humaine, la puce; les neutres de plusieurs genres de la famille des abeilles, comme les fourmis, etc., et de quelques ichneumons, n’ont jamais d’ailes, et les femelles de quelques papillons n’ont que des moignons.
Plusieurs insectes n’ont que deux ailes, tels sont les mouches et quelques scarabées ; les autres en ont quatre.
Elles varient beaucoup pour la substance et la figure. Les deux supérieures sont cartilagineuses dans leur entier, trèsdures, comme écailleuses, dans les scarabées, qui les ont quelquefois réunies en une seule par une suture ou par un sillon à bords relevés comme une couture, et elles enveloppent étroitement le ventre comme dans quelques charancons, un chrysomèle et quelques ténébrions ; les deux autres ailes, ou les inférieures, sont membraneuses, très-déliées ; elles manquent dans quelques genres, tels que Pollius, le sarli, le busarli, le falmir, Podalis, le vivulus, le kapmesus, le kapmenus, le kaplargus, locheutos. Les insectes qui ont ainsi les ailes supérieures écailleuses sont appelés coléoptères, ou à ailes en étuis.
Ces mêmes ailes supérieures, dans la plupart des genres de la famille des cigales et de celle des punaises, sont écailleuses, presqu’aussi dures que celles des scarabées, mais seulement dans leur moitié antérieure; l’autre moitié, ou leur extrémité, est membraneuse comme les deux ailes inférieures; de là le nom d’hémiptères donné à ces insectes.
Toutes les ailes sont membraneuses dans tous les autres insectes, transparentes, lisses, claires comme du tale, avec quelques nervures seulement , comme celles des papillons, des abeilles et des mouches; ou bien elles sont traversées d’une infinité de nervures qui en forment une espèce de réseau, comme celles de la demoiselle, du fourmi-lion, etc.