GÉNÉRALITÉS SUR LES INSECTES. — AILES
Quelques-unes sont parsemées de taches, d’autres n’en ont point.
Toutes ces diverses sortes d’ailes soit cartilagineuses, dures, épaisses et opaques, soit membraneuses et de la plus grande finesse, sont toutes également composées de deux lames fines entre lesquelles rampent les nervures qui portent la nourriture , Paction et la vie à cette partie. Ces lames sont si fortement collées et appliquées l’une contre Pautre qu’on ne peut les séparer pour s'assurer de leur structure et de l’existence des cellules qui sont renfermées entre elles. Mais une maladie à laquelle ces insectes sont sujets au sortir de leur état de nymphes donne lieu de la découvrir. Au moment de cette métamorphose, toutes leurs parties, et surtout leurs ailes, qui sont alors pliées et comme chiffonnées, sont molles et abreuvées d’une liqueur dont Pexsiccation doit leur procurer lextension et la solidité qui leur est naturelle. Pendant que ce développement se fait, Pair intérieur, poussé par les trachées ou les vaisseaux aériens qui rampent le long des nerfs et des vaisseaux nourriciers , s'épanche quelquefois dans le tissu mince qui est entre les deux lames des ailes , et les tient écartées; elles se sèchent ainsi, et laile reste épaisse, gonflée, et dans cet état emphysématique qui permet de voir leur structure interne. On parvient à imiter cette opération de la nature en soufflant avec un tuyau fin entre ces deux lames pendant que l'aile est encore molle.
Quoique les ailes de la plupart des insectes soient nues, lisses, comme polies et luisantes, il y en a qui sont couvertes d’écailles qui les rendent opaques en leur procurant de belles couleurs. On apercoit de ces écailles sur quelques espèces de scarabées, comme le viridulus, le kéroias, et à côté des nervures de celles de quelques mouches, comme le cou-
sin; mais tous les papillons en ont leurs ailes entièrement I]. 23
couvertes et obscurcies. Ces écailles , que quelques naturalistes ont improprement appelées des plumes, sont si fines que l’on ne peut bien les distinguer à la vue, et qu’elles ressemblent d’abord à une fine poussière qui quitte les ailes et s'attache aux doigts au moindre attouchement. Les ailes ainsi dépouillées, étant examinées au microscope ou avec le secours de la loupe, on y voit des sillons réguliers dans lesquels les écailles étaient rangées en se recouvrant mutuellement comme les tuiles d’un toit, et implantées chacune dans une des cellules ou cavités de Paile.
Les écailles, vues de même à un fort microscope, montrent beaucoup de variétés dans leur forme et leur grandeur. En général elles sont pointues par le bout qui est implanté dans l’aile, et dentelées à l’autre extrémité, et fortifiées longitudinalement par autant de nervures qu’elles ont de dentelures.
Quant à leur figure, les ailes des insectes sont communément ellipsoides, allongées, toujours égales en grandeur, par paires, de manière que les supérieures sont ordinairement plus grandes que les inférieures quand elles sont membraneuses, excepté la demoiselle, qui les à égales; et plus petites, au contraire, quand elles sont cartilagineuses ou en étuis. L’éphémère a les inférieures si petites qu’on ne les aperçoit pas d’abord.
Les mouches r’ont que deux ailes ; mais au-dessous d’elles, toujours sur le corselet, à la place où devraient être les deux inférieures qui leur manquent, on voit deux appendices d’ailes creusées en cuilleron, qui recouvrent en partie un balancier composé d’un petit bouton sphérique porté sur un pédicule en filet très-menu, et assez long dans quelques genres, tels que la tipule. Ges balanciers, quoique très-mobiles et très-agités pendant le vol de ces insectes , sont trop petits pour leur servir de balanciers, comme l’ont cru quel-