‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 96 sur 201 · GÉNÉRALITÉS SUR LES INS. — STIGMATES, ETC · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR LES INS. — STIGMATES, ETC

dans une rainure pratiquée sous le dernier anneau du ventre ; tel celui des mouches à scie, tenthredines, qui l'ont de même caché dans une rainure sous le corps; tel encore celni des sauterelles et des grillons femelles, qui est formé comme un couteau à deux lames qui déborde le corps; tel celui des ichneumons, qui est composé de trois filets qui sont, de même, toujours hors du corps.

Les stigmates sont, comme nous l’avons dit à l’article des larves, les organes extérieurs de la respiration, qui sont figurés comme des ouvertures oblongues, elliptiques ou comme des boutonnières.

Ils sont, comme dans les larves, au nombre de dix-huit, disposés par neuf paires aux deux côtés du corps.

Deux paires sont placées sur les côtés du corselet des papillons et des mouches à deux ou à quatre ailes, ou, pour parler plus exactement, aux corselets qui ont trois articulations et qui portent toutes les pattes. Les corselets au contraire qui n’ont qu’une seule articulation, comme ceux des scarabées, des sauterelles, des cigales, des punaises n’en portent qu’une paire. Les deux stigmates du corselet des papillons, qui paraissent avoir échappé aux recherches de Réaumur, ont été découverts par de Geer et Bazin.

Les huit autres paires sont placées aux côtés du ventre de ces scarabées, qui ont quatre pattes posées sous l’écusson qui représente les deux anneaux postérieurs du corselet des mouches et qui sont unis à ceux du ventre; au lieu qu’il n’y en à que sept paires sous le ventre des mouches qui n’ont point d’écusson et qui ont les deux autres paires sur le corselet; or, comme leur ventre consiste en onze anneaux, il y en à quatre, ce sont les trois postérieurs qui en manquent.

Il y à à cet égard une contradiction dans M. Geoffroy qui dit, vol. 1, page 11, queles papillons ont, comme les mouches,

quatre stigmates au corselet, tandis qu’au vol. 2, page 6, il dit qu’ils n’enontque deux. Une autreerreur du mêmeauteur à ce sujet lui fait dire que tous les anneaux du ventre ont chacun deux stigmates : sur ce pieä il y en aurait douze paires au lieu de huit dans celui des scarabées.

Tous les insectes parvenus à leur troisième état, à celui d’insecte parfait ou ailé, ne sont plus sujets à aucune espèce de mue.

Le genre de l’éphémère et celui du triefa font une exception à cette règle, qui par là n’est pas plus générale que toutes les autres règles ou lois de la nature. Ces insectes devenus insectes ailés après les trois métamorphoses ordinaires, sont sujets à se dépouiller encore une fois de leur peau.

Le sens de l’amour paraît être un des premiers ou le troisième après celui de la vue, du toucher et du goût dans les insectes, ear ils sont très-féconds et paraissent n'avoir d'autre but que de perpétuer leur espèce.

Le sexe est distinct dans tous les insectes. Il y a parmi eux des mâles et des femelles, de sorte que celles-ci ne peuvent engendrer sans le concours des mâles. Néanmoins le puceron, quoique soumis à cette loi, s’en écarte quelquefois ; quelquefois la femelle engendre sans avoir été fécondée par aucun mâle. Enfin quelques genres de la famille des abeilles, comme les fourmis, outre les individus mâles et les femelles, ont d’autres individus en plus grand nombre qui n’ont aucun sexe et qu’on appelle neutres ou mulets, parce qu'ils ne sont pas propres à la génération; mais ces animaux neutres proviennent eux-mêmes de mâles et de femelles de même espèce qui se sont accouplés ; ainsi ils rentrent dans la règle générale.

Les organes des sexes, dont on ne voit aucune trace dans les larves, les chenilles et les vers, se trouvent tout formés dans ïes insectes parfaits.

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