GÉNÉRAL. SUR LES INS. —— DIFFÉR. SEXUELLES
Les mâles se distinguent des femelles par plusieurs parties dont les unes n’ont point de rapport à la génération, et dont les autres appelées parties génitales, sont absolument nécessaires pour la produire.
Parmi les caractères extérieurs indépendants des parties du sexe, et qui différencient les mâles d’avec leurs femelles, on peut distinguer les suivants, qui ne se rencontrent tous ensemble que dans un certain nombre d'espèces.
4° Les mâles, au contraire des quadrupèdes, sont presque toujours plus petits que les femelles; il y en a même certains qui sont à leur égard d’une petitesse telle qu’ils en égalent à peine la seizième partie, tel est l’ocheutos, dans la famille des ténébrions. Il en est de même de la cochenille et du kermès ; le mâle ressemble à un petit moucheron qui court et se promène comme dans un vaste champ sur le corps immobile de sa femelle, qui est vingt fois plus grosse. La disproportion n’est pas si grande dans la plupart des autres insectes; mais au moins les femelles ont-elles le ventre beaucoup plus gros pour contenir une prodigieuse quantité d’œufs.
2° Une autre différence, souvent très-remarquable dans les insectes des différents sexes, consiste dans la forme et la grandeur de leurs antennes, elles sont ordinairement plus grandes dans les mâles, surtout dans quelques scarabées, quelques phalènes qui les ont barbues comme les côtés d’une plume ou comme les tipules et les cousins qui ont leurs barbes disposées circulairement en panache ou étagées comme un if, tandis que les femelles ont des barbes si étroites que souvent elles ne paraissent que comme une fine dentelure ou composées d’un filet simple et très-uni.
5° Une troisième différence qui distingue les mâles de leurs femelles, dans certains genres d’insectes, ce sont des éminences ou appendices de la tête ou du corselet, figurées comme des espèces de cornes, qui manquent absolument aux
femelles, comme les cornes du cerf manquent à la biche; ce qui établit une espèce de rapport à cet égard entre les insectes et les quadrupèdes.
4° La quatrième et dernière différence entre certains insectes mâles et leurs femelles, se remarque dans les ailes qui manquent à plusieurs femelles, tandis que leurs mâles en sont pourvus. C’est ainsi que, parmi les scarabées, le ver luisant femelle n’a aucune des quatre ailes que porte le mâle. Dans la famille des punaises, le puceron, aphis, le cornafis, le mallos, la cochenille, le kermès, le barbel, et la civelle femelle soni de même; quelques phalènes en manquent aussi, ou au moins n’en ont-elles que des moignons ou des appendices informes, comme le genre de la cochenille à brosse, qui s’appelle extala. Enfin on voit des exemples pareils de femelles entièrement dépourvues d'ailes dans quelques genres de la section des abeilles, par exemple dans quelques ichneumons qui, au premier coup d’œil, ressemblent à des mulets de fourmis. On ne connaît encore aucune espèce de la section des mouches où se trouve cette différence sexuelle.
La véritable distinction des mâles d’avec les femelles consiste dans les parties génitales qui caractérisent leur sexe. Ces parties diffèrent et par leur situation et par leur figure.
Quant à leur situation , elles sont placées à Pextrémité du ventre dans les mâles et les femelles de la plupart des insectes. Cependant quelques-uns les ont placées à l’origine du ventre, près le corselet, tel est le mâle de la demoiselle, libella, de la libellula et du philinte, quoique sa femelle les ait placées au bout opposé du ventre.
À l'égard de la figure des parties sexuelles, on remarque soit au moment de l’accouplement des insectes qui les gonflent et les sortent alors, soit en leur pressant le ventre, que la plupart des mâles ont à son extrémité deux espèces de