‹ Cours d'homœopathieChapitre 1 sur 44 · A V 1 8 AUX LECTEURS · texte numérisé non relu

A V 1 8 AUX LECTEURS

Je ne devais publier ces leçons qu’ après les avoir professées encore une fois; mais au moment où toutes mes dispositions étaient prises pour ouvrir de nouveau mon cours le 10 avril de l’année 1862, dans un vaste local choisi ad hoc, on me fait savoir officiellement que pour donner suite celle année il mes projets, je devais préalablement m’adresser au Conseil impérial de l’instruction publique et lui soumettre le programme des questions que je me proposais de traiter.

Le Conseil supérieur ne devant se réunir qu’au mois de juillet, force me fut de suspendre momentanément tout projet de cours et d’attendre son arrêt. Sur son refus, je prends le parti de le livrer à l’impression. Cependant, je dois à la vérité de dire que le Conseil , en général, s’est montré très-sympathique à ma demande; sa décision n’a pas été prise en vue de repousser la doctrine, loin de lit ; une simple question de détail a suili pour qu’elle croie devoir me retirer, celle année du moins, l’aulorisation de professer. Son attention fut éveillée ii propos d’une question de statistique que je me proposais d’établir (touchant la prophylaxie), preuves h l’appui, afin de montrer lu supériorité de la nouvelle doctrine sur son aînée.

La susceptibilité de ces Messieurs, bien louable du reste, ullan jusqu’à craindre que cette comparaison n’amenât une poiéniiqu un peu vive et ne tournât trop à l’avantage de l’homœopathie, feignant de voir là une attaque trop directe, ne voulut pas assumer sur elle la responsabilité d’une pareille discussion.

Cette décision, prise par le Conseil supérieur, est, comme on le voit, d’un excellent augure. Je me promets donc de revenir à la charge, et je sais de bonne source qu’on pourra m’autoriser l’année prochaine, ces Messieurs ayant été unanimes pour proclamer la nécessité de laisser professer librement l’homœopathie.

J’ai cru indiquer dans quelle disposition d’esprit se trouve le Conseil supérieur à l’égard de l’homœopathie, afin que d’autres confrères qui seraient dans l’intention de professer, puissent en demander l’autorisation.

Qu’on le sache bien, je suis intimement convaincu qu’on ne fera faire de progrès réels à la nouvelle doctrine qu’en suivant cette voie. Ce n’est pas en créant des semblants de société où se débattent toutes les petites passions et toutes les rivalités mesquines qu’on fera avancer l’homœopathie. Il y a sept ans, faisant partie du congrès qui s’est tenu à Paris, en 1835, je me suis permis d’élever la voix pour demander :

1° Qu’une société horaœôpatique soit reconnue et constituée légalement.

2° Qu’un enseignement libre soit créé, comprenant l’enseignement théorique, pratique et clinique.

3° Qu’un dispensaire modèle soit institué;

4° Qu’un hôpital soit fondé;

5° Que le même local soit affecté à ces quatre créations.

Aujourd’hui encore ce sont les mêmes vœux que j’émets, et malgré la réponse que m’avait faite alors le Président, qui était M. Pétroz, à savoir : qu’il avait essuyé un refus de la part de l’administration pour une tentative analogue, et que le moment n’était pas encore venu; je persiste à croire et à dire que si une entente parfaite existait entre nous, depuis longtemps déjà nous aurions vaincu les obstacles. Rien n’est impossible à l’homme : je fais donc un appel à mes confrères; sachons nous grouper et nous entendre. Serrons nos rangs et nous triompherons.

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