‹ Cours d'homœopathieChapitre 32 sur 44 · Magnes artificialis · texte numérisé non relu

Magnes artificialis

Aimant artificiel.

Je ne me donne pas la peine d'énumérer les autres. Ces 241 médicaments n’ont pas tous une égale valeur.

Nous avons marqué de 4 aslériques (****) les Polychr estes,

De 2 aslériques (**) les demi-Polychrestes.

De 4 (0000) les médioamonlsqni également ont clé souvent empilés. De 2 (00) ceux dont, jusqu'ici, on a fait un usage moins étendu et moins fréquent.

Ceux qui n ont aucun signe sont peu connus de nous.

Disons un mot de leur préparation. Je me bornerai,

messieurs, à vous donner quelques règles générales, un aperçu bien succinct, vous renvoyant pour la description et la préparation de chaque substance homœopathique, à la pharmacopée de M. G. Wéber, laquelle peut, à bon ■droit, être regardée comme le codex des homœopathes.

Comme la plus légère influence pourrait sinon neutraliser, du moins contrarier et affaiblir les propriétés curatives des agents employés, en raison du degré de divisibilité et de susceptibilité auquel ils sont amenés, nous devons dans leur préparation nous entourer de toutes les précautions nécessaires pour que notre but soit atteint.

Les plus importantes sont:

1° De ne préparer que dans un local assez vaste et assez spacieux pour que l’air s’y renouvelle, et dans lequel doit régner une température uniforme , sans pour cela être supérieure à celle que nous avons dans nos appartements (ce sera, si vous voulez, l’officine.)

2u De faire en sorte que l 'atmosphère ne soit chargé d’aucune odeur, d’aucun gaz , d’aucune émanation méphitique ni d’émanations d’aucun agent médicinal; de choisir avec un soin scrupuleux les appareils dont on devra se servir, tels que : mortiers, coupe-racines, limes, spatules, cuillères, tamis, linge, bouclions, papier, balance et leurs poids, etc., etc., car il est important que ces appareils ne puissent abandonner aucune parcelle des corps dont ils se composent.

3» De soustraire les substances que l'on prépare à l’action des rayons solaires.

4° De s’entourer de tous les soins de propreté el de minutie même, les regardant comme des conditions indispensables. Ainsi tout linge dont on se sera servi pour exprimer le suc d’un végétal, ne doit jamais être employé de nouveau, il en est de même de tout flacon qui aura contenu la dilution d’un médicament; déplus, le linge sera de laine ou de toile do lin et non de coton.

On se sert, en général, d’eau distillée ou d'alcool aussipur que possible. Pour ce qui est de Yeau celle des grands fleuves comme le Rhône, le Rhin, la Loire, la Seine, etc., etc., sont les plus convenables pour nos préparations.

Veau filtrée à travers un sable fin ou du charbon, ne peut être employée qu’en dernier lieu, c’est-à-dire quand vous voulez faire dissoudre vos globules ou étendre votre médicament, qu’il soit en teinture ou autrement, pour le faire prendre à votre malade. Mais elle doit être bannie de toute préparation. Comme elle peut renfermer beaucoup de sels terreux ou principes médicamenteux, la dynamisation pourrait développer certaines propriétés qui viendraient contrarier ou neutraliser les elfets du médicament que nous adressons à l’organisme.

Les préparations homéopathiques se divisent en deux classes :

La première comprend les préparations officinales qui doivent toujours se trouver chez le pharmacien et qui sont : les triturations, les teintures-mères, les dilutions, les globules médicamenteux.

La deuxième comprend les préparations magistrales, ce sont celles que nous ordonnons : les poudres, les potions, les médicaments propres à l’olfaction.

La puissance d’un médicament homœopathique dépendra :

1° Du choix de la substance active avec des qualités déterminées, devant servir de point de départ pour les divisions ultérieures.

2ü De sa bonne préparation et du soin avec lequel on accomplira la manipulation elle-même.

3° De la pureté des véhicules.

4° De la bonne composition des instruments ou appareils.

Toutes les préparations homéopathiques doivent être faites

avec les substances mêmes qui ont servi aux expériences sur Y homme en santé.

L’homceopathie, comme on semble le croire et le répéter à dessein dans le monde, n’a pas de médicaments qui lui soient particuliers.

Elle emprunte ses produits aux trois règnes de la nature, minéraux, végétaux et animaux. Elle s’adresse, en un mot, à tous ceux qui peuvent lui présenter des propriétés efficaces.

Les procédés employés pour la préparation des médicaments homœopathiques sont :

1° La trituration pour les substances minérales insolubles dans Y eau et Yalcool, qui consiste à broyer pendant un temps déterminé une substance inerte (le sucre de lait) avec un médicament, ce qui nous donne le produit de cette préparation.

2° L’expression des sucs végétaux pour les plantes.

3° La dilution et la succussion au moyen desquelles un médicament, soit minéral ou végétal, est mêlé avec une quantité déterminée d’eau, d’alcool ou d’eau alcoolisée, véhicules qui sont sans action thérapeutique importante.

Avant de soumettre les corps à la trituration, on commence d’abord parles réduire en poudre. Ce résultat est atteint pour certains corps métalliques, en les précipitant d’un sel, ou parprocédé galvanique; quelques-uns, comme l’or, l'argent, Y étain se trouvent en lames très -pures et extrêmement minces dans le commerce. D’autres sont pulvérisés en les frottant sous l'eau sur une pierre à rasoir et non au moyen d’une lime, dans la crainte que le métal dont vous voulez vous servir n’acquiert les vertus de celui contre lequel vous le frotteriez.

Une fois le corps réduit en poudre, on le lave à plusieurs reprises avec un liquide qui ne puisse le décomposer, puis on le soumet à la trituration par un temps soc, le sucre

de lait ayant de la tendance à attirer de l’humidité. Ces précautions étant observées, on prend d’une part un grain, ü gr. 05 çentigr, de médicament réduit en poudre impalpable, soit : mercurius , calcarea, silicea, Petroleum , etc. ; d’autre part , 99 grains ou 4 gr. 95 centigr. de sucre de lait purifié, complètement pulvérisé et desséché. Le sucre de lait est le véhicule doftt on se sert en* liomœopathie pour préparer les trituration s et les poudres. Il existe tout formé dans le lait de certains mammifères, surtout dans le lait d’ânesse qui en contient une plus grande proportion que celui de vache ou de chèvre. Celui que nous trouvons dans le commerce se prépare en Suisse, on l'extrait par évaporation du sérum , puis le sucre de lait se cristallise sous forme de tables épaisses, blanches, dures, inodores, demi-transparentes, ayant une saveur légèrement sucrée. 11 est soluble dans 12 fois son poids d’eau froide et 4 fois son poids d’eau bouillante ; presque insoluble dans l’alcool et tout à fait insoluble dans l’éther. Avant de s’en servir, il faut : t° s'assura’ qu’il ne contient aucune substance qui serait de nature à nous interdire son emploi; 2° le purifier et le pulvériser. On le purifie en le lavant avec une brosse rude de chiendent, de l’eau tiède pure et on le laisse sécher. Devenu inodore , on le pulvérise et on le dissout dans l’eau distillée bouillante avec une partie de sucre et quatre parties d’eau. On filtre et on ajoute s, la liqueur uue quantité égale à son poids, d’alcool à 33°.

L’alcool étant très-avide d’eau, il se dépose aussiôt sous forme de cristaux blancs , brillants. On les fait sécher , on les pulvérise et on les passe au travers d’un tamis dont le fond est de soie blanche ou de tissu de crin très-serré.

Continuons notre trituration : Nous avons, d’une part, 0,05 de médicament, et d’autre part, 4 gr. 95 centigr. de sucre de lait.

On divise le sucre de laitc/f trois parties, et l’ on met dans

un mortier de porcelaine non vernissé le médicament et un tiers de sucre de lait. On se sert d’une spatule lisse et ob* Oise, soit en ivoire, en os ou en buffle, mais jamais en métal, pour mélanger ensemble le médicament et la poudre, puis on broie avec une certaine force pendant dix minutes; mais comme une partie du mélange adhère fortement aux parois du mortier et à la surface du pilon, on l’en détache complètement avec la spatule , ce qui peut durer quatre ou cinq minutes , — puis on recommence à triturer pendant dix nouvelles minutes, sans ajouter de sucre de lait et on détache de nouveau. On examine alors le mélange à la loupe. Si la coloration n’est pas uniforme et qu’il paraisse encore des molécules médicamenteuses plus grosses que d’autres , on broie de nouveau pendant plusieurs minutes jusqu’à ce que le mélange soit parfaitement égal ; arrivé à ce point, on y ajoute le deuxième tiers des 4 gr. 95 centigr. de sucre de lait et on opère comme pour le premier mélange, jusqu’à ce que l’uniformité soit complète. Dans ce cas, oh ajoute le troisième tiers de sucre do lait et l’on procède comme pour les deux autres, c’est-àdire que l’on recommence l’opération jusqu’à ce qu’on ait obtenu un mélange uniforme, une homogénéité complète.

Cette première opération dure au moins une heure-, son résultat est de nous offrir un composé formé de 0 gr. 05 centigr. de substance médicamenteuse et de 4 gr. 95 centigr. de véhicule ou 100 grains en tout. C’est ce qu’on nomme la première trituration. On la conserve alors dans un flacon bouché qui porte le nom de la substance avec la suscription première trituration au 100e, indiquant que le médicament est à la centième puissance.

La même opération se répète pour chaque nouvelle atténuation, en prenant 0 gr. 05 centigr. de la trituration précédente et la mélangeant avec 4 gr. 95 centigr. de sucre do lait, en ayant soin ou de changer de mortier ou de le

nettoyer exactement en le lavant avec de l alcool, puis avec de l’eau et en le faisant bien sécher , afin qu’il ne reste aucune trace du mélange précédent.

Tous les médicaments amenés à troisième trituration , c està-dire à la millionième puissance , sont solubles dans l’alcool aqueux, et continuent d’être traités non par trituration, mais par dilution.

On prend un grain ou 0,05 du médicament à la troisième puissance ou troisième trituration, et on l’ajoute à 49 gouttes d’eau distillée; la solution étant complètement obtenue, on y ajoute une quantité égale d’alcool à 33° §t on imprime au flacon à peu près cent fortes secousses. On obtient de cette manière la quatrième puissance ou première solution ou dilution des minéraux, comme aussi celle des végétaux que l’on traite par trituration (par exemple : le carbo vegetabilis , le lycopodium, etc., etc.).

Pour avoir ensuite la cinquième puissance et les suivantes, on n’emploie que de Y alcool pur .

On répète la même opération autant de fois qu’il est nécessaire pour amener le médicament au degré de dilution où on veut l’employer. La trentième est la limite qu’a prise Hahnemann.

Le point essentiel est d’opérer sur une assez faible quantité de matière pour qu’il soit facile d’avoir un mélange exact; c’est pour ce motif que Hahnemann a recommandé de ne jamais prendre plus de 100 gouttes de liquide à la fois.

On a proposé dans ces derniers temps, de continuer à triturer les médicaments jusqu’à la quinzième puissance et au-delà, s’il est besoin. Pour mon compte, j’accepte ce nouveau procédé opératoire, laissant à l’avenir et à l’expérience clinique le soin de prononcer.

Je vous ferai remarquer en passant, Messieurs, que toutes les espèces d’alcool ne peuvent servir à l’usage ho-

mœopathique. On choisit toujours celui de Montpellier, qui ne marque que 33° Cartier (80° Gay-Lussac), il est le produit de la distillation du vin et ne renferme aucun corps étranger. Son odeur est franche et agréable. Bien que le plus pur, on le soumet à une nouvelle distillation, et on a un alcool qui, rectifié, est transparent.

Pour ce qui est des végétaux, ils doivent être recueillis à l’époque où leurs principes actifs sont les plus abondants; tenir compte, à cet effet, de la saison dans laquelle on se trouve, du terrain dans lequel la plante est venue et du moment où il convient d’en faire la récolte. De plus, il faut choisir exactement la variété employée par les expérimentateurs, ne pas confondre, par exemple : la camomille romaine avec la camomille des champs. On doit, en outre, connaître la partie de la plante qu’il convient d’employer. On prendra très-souvent le végétal tout entier, quelquefois ce sera seulement sa racine (Bryonia, arum maculatum), sa graine (nux vomica, etc.), ou quelques autres de ses parties.

On emploie de préférence les substances fraîches et récoltées pendant que la plante est en fleurs.

On ne doit jamais renfermer plusieurs plantes à la fois dans une même boîte, ce qui se fait si souvent en herborisant, dans la crainte qu’elles ne s’altèrent par le contact d’autres substances.

On doit connaître parfaitement les propriétés chimiques de la plante, afin d’éviter de prendre des vases ou des instruments qui seraient décomposés par le suc végétal, et que celui-ci pourrait altérer. Ainsi, certaines plantes ne peuvent être coupées avec des instruments de fer; les unes seront pilées dans des mortiers de porcelaine, d’autres dans des mortiers de marbre ou de porphyre, etc.

Le procédé de division ne peut être non plus le même pour tous les végétaux; on incise l’opium, on coupe et on

pile la plupart des plantes entières, on broie la staphysai • gre et on lime la noix vomique. Si c’est une écorce ou un fruit dur (quinquina, ratanhia), il faut le réduire en poudre en le concassant, et même parfois le tamiser.

Pour nettoyer le végétal, on le mouille le moins possible.

Tous ces procédés tendent à rompre et à diviser le tissu propre de la plante qui renferme le suc actif.

Les teintures mères ne sont autre chose que le produit de l’action de l’alcool sur les végétaux.

On les obtient par expression, macération, et par digestion.

Le premier procédé s’applique aux végétaux que nous recueillons à l’état frais et qui renferment une grande quantité de suc; comme la belladone, l’aconit, la ciguë, etc. La plante étant coupée en morceaux, on la recouvre avec de l'alcool à 33°. On laisse digérer le tout pendant six jours et Von exprime ensuite. — Quant au résidu, on 1 e pile dans un mortier, puis on recouvre de nouveau la masse avec de l’alcool à 33°. On exprime et on a une liqueur qui, réunie à la première, forme la teinture mère.

Le deuxième procédé s’applique aux médicaments qui contiennent à l’état' frais très-peu de sucs; comme le thym et le thuia, etc. On coupe la plante en menus morceaux, on la recouvre d’alcool et on laisse digérer à froid pendant six jours au moins, puis on exprime. On écrase ensuite le résidu par petites parties, puis on le recouvre de nouveau d 'alcool, on exprime et le liquide est réuni au premier; on laisse reposer plusieurs jours, on filtre et le produit forme une teinture mère qui renferme environ un grain de substance active pour trois grains de liquide, de sorte que, pour la préparation des médicaments au centième, il faudrait prendre 3 gouttes de la teinture et 97 gouttes de véhicuk seulement.

Pour filtrer, il faut toujours choisir du papier Joseph non collé et blanc, et encore faut-il avant, le laver en y faisant passer de l’eau chaude, le papier gris ne peut servir parce qu’il renferme des parcelles de cuivre-, de même comme beaucoup de fabricants ajoutent de Y arsenic à leur papier pour le rendre plus consistant, on reconnaîtra la présence de Y arsenic en le faisant brûler ; la flamme aura une couleur bleu verdâtre et répandra une odeur alliacée, — le papier ne doit non plus avoir aucune odeur.

Le troisième procédé s’applique à ceux qui nous arrivent dans un état complet de dessication, comme la noix vomique, la staphysaigre et les végétaux exotiques. On réduit le végétal en poudre grossière, on le fait macérer dans 3 fois son poids d'alcool et on laisse digérer le mélange pendant 6 jours. On exprime ensuite, le résidu est remis de nouveau avec deux fois seulement son poids d’alcool, on exprime et le liquide est mêlé h. celui qu’a donné la première macération. On laisse reposer pendant 2 jours, on filtre et on a une teinture qui renferme un grain ou 0,03 centigrammes de principe actif et 5 grains ou 0,23 centigrammes de véhicule.

Quant à Y alcool, son degré de concentration ne peut pas toujours être le même, certaines plantes b principe résineux ne sont solubles que dans 1 ’ alcool concentré, d’autres au contraire, ne le sonique dans Y alcool étendu d’eau.

Les teintures une fois obtenues, il faut les conserver à l’abri de la lumière et de la chaleur, et dans des flacons de verre coloré.

Les teintures éthérées ne sont mises en usage que pour le phosphore et encore ne se sert-on que d'ether purifié.

Les substances tirées du règne animal sont bien moins nombreuses que celles que nous empruntons aux deux classes précédentes; ce sont des insectes, comme la cantharide ; ou des produits de secrétion, comme le venin des serpents

le suc de sépia, le musc, lecastoreum; ou encore des produits de décomposition, comme Y huile animale de Dippel. Il faut avant tout, s’assurer de la pureté de cos produits et les conserver à l’abri de la lumière et de l’humidité: on les prépare par voie de solution ou de trituration , suivant leur degré de solubilité dans l’eau ou l’alcool, ou leur affinité pour le sucre de lait.

Quant aux médicaments isopathiques, produits empruntés à l’ordre pathologique et presque abandonnés de nos jours, à l’exception peut-être du psoricum (virus de la gale dynamisé) et du vaccin (virus vaccin dynamisé), il faut toujours les préparer par trituration , parce que l’alcool coagulé le pus et lui enlève au moins une grande partie de son activité.

Les dilutions s’obtiennent en mêlant une certaine quantité du médicament avec une quantité plus grande de véhicule inerte, eau, alcool ou l’eau alcoolisée. On choisit un flacon capable de contenir 130 gouttes ou 7 grammes de liquide, et on y adapte un bouchon de liège neuf.

Le médicament est une des triturations dont j’ai parlé plus haut, ou une teinture mère. Les unes et les autres se préparent à peu près de même, la seule différence gît dans le médicament lui-même. Ainsi au lieu de dissoudre un grain ou 0,03 de troisième trituration, on laisse tomber une ou plusieurs gouttes d’une teinture mère, suivant leur degré de concentration , dans l’alcool préalablement dosé ; soit 9i ou 07 gouttes ou A grammes 93 centigrammes. On bouche et on imprime au tlacon de 100 à 200 secousses, ce qui forme la première dilution. Les autres jusqu’à la trentième se préparent en mêlant une goutte de la dilution précédente avec 99 gouttes d’alcool.

Si 1 on veut maintenant apprécier la valeur matérielle de chaque dilution, il faut se rappeler que la première' coutient une partie du médicament pour 99 parties de véhicule;

soit 100 parties en tout, de sorte que chaque goutte de la masse renferme un centième de la substance active.

La seconde dilution formée avec la centième partie du médicament ajoutée à 99 parties d’alcool, le contient dans la proportion de 1 à 10,000.

La troisième dans celle de 1 à La quatrième — là

La cinquième — 1 à

La sixième — là

La septième — 1 à 100,000,000,000,000

c’est à dire que le degré de division auquel la substance active est amenée peut toujours être exprimé par une fraction dont le dénominateur serait V unité suivie de deux fois autant de zéros qu’il y a d'unités dans le chiffre de la dilution: la trentième dilution aura donc pour expression une fraction au dénominateur de laquelle existera le chiffre 1 suivi de 60 zéros.

Le procédé indiqué par Hahnemann a été modifié sur plusieurs points : les uns ont remplacé l’alcool par l’eau , d’autres ont augmenté ou diminué le nombre de secousses ou ont fait varier le nombre de flacons , c’est-à-dire qu’au lieu de prendre autant de fioles qu’on veut avoir de dilutions , on les prépare toutes avec la même. Ce procédé a reçu le nom de son auteur, celui de Karsakow. Ainsi on prend un flacon de 8 à 10 grammes , on y fait tomber 99 gouttes d’alcool en ayant soin de marquer le niveau du liquide par un trait tracé avec un diamant ou une lime; on fait tomber dans ce flacon une goutte de la teinture-mère, on agite et on obtient de la sorte la première dilution. On vide le contenu du flacon, et ce qui reste du liquide adhérant aux parois suffit pour préparer la dilution suivante; on continue de la sorte jusqu’à ce qu’on soit parvenu au chiffre voulu.

Les globules saccharins sont de petits grains blanchâtres composés de sucre de canne et de très-peu d’amidon qu’on

y ajoute pour les blanchir. On les imprègne avec la teinture d’un médicament ou avec la dilution dont le médecin décide faire usage, afin de pouvoir ensuite doser celui-ci plus facilement et de le rendre aussi plus aisément transportable. Il ne faut jamais imbiber à la fois qu’un petit nombre de globules , afin d’être bien sûr de l’exactitude de la préparation.

Les globules une fois préparés, sont conservés dans des flacons bien propres , bien secs et exactement bouchés. On peut se servir aussi de pastilles, et même de tablettes qui sont plus minces, plus larges et qu’on imprègne alors de médicament.

Telles sont, messieurs, nos préparations officinales ou mieux celles recommandées par Hahnemann, vous pourrez ^donc recourir à toutes les puissances, aussi bien aux triturations et aux teintures-mères qu’à la trentième dilution.

Les préparations magistrales sont des mélanges qui se font au moment où le malade doit les prendre; ce sont :

Les poudres, les potions, les médicaments propres à l’olfaction.

Les poudres sont une préparation sèche composée de sucre de lait dans lequel on écrase un certain nombre de globules médicamenteux. La quantité de sucre de lait s’élève rarement au delà de 0,05 ou 0,20.

Pour les préparer, on se sert donc d’un mortier, d’un véhicule (sucre de lait), du médicament et d’un papier pour renfermer la préparation.

Le papier dont on se sert à faire des capsules doit être blanc, collé, assez épais et bien lisse , afifi que ie médicament ne puisse y adhérer. Le papier glacé ne doit jamais être employé, parce que le glaçage renferme du blanc de car use , qui peut se détacher et altérer la médicament.

Un autre moyen bien simple pour préparer ces poudres ou ces prises , c’es*i d’avoir à l’avance dos papiers tout pliés

contenant le sucre de lait voulu, et d’y faire tomber le nombre de globules que l’on désire. Les poudres se préparent généralement avec des médicaments h l'état sec , des triturations ou des globules, mais, cependant on peut, et je suis de ceux qui pensent ainsi, prescrire des poudres et des prises préparées avec plusieurs gouttes de teinture-mère ou d’un e dilution. On prend alors une plus grande quantité de sucre de lait , 1 ou 2 grammes, par exemple, et on mêle, on écrase, on triture le tout jusqu’à évaporation et dessication.

Quant à cette substitution du cacao et de la poudre de réglisse au sucre de lait, pour tromper les malades ignorants pt incrédules, qui ne jugent de l'effet médicamenteux que par la masse et la couleur, je ne la crois pas bien nécessaire. Ou les malades ont confiance en nous, ou ils ne l’ont pas. Dans le premier cas , peu leur importe la couleur, pourvu qu’on les guérisse. Du reste beaucoup savent aujourd’hui que nos médicaments ont une apparence uniforme. Dans le deuxième cas , quoique vous fassiez, vos malades, dans leur impatience, vous échapperont avantla ün du traitement, alors à quoi bon chercher ci se les rattacher. Soyons dignes avant tout.

Les potions sont des médicaments liquides composées d’un véhicule qui est l’eau et l’eau alcoolisée , dans laquelle on fait dissoudre une des préparations officinales. — Pour préparer une potion, il faut se procurer :

1° Une fiole neuve, de verre hlanc ou de cristal, bien nettoyée et bien séchée, dont la capacité sera eu raison du nombre de cuillerées que vous vous proposez de faire prendre au malade, soit de 2 onces (60 grammes), de 4 onces (120 grammes), ou de 6 onces (180 grammes), ou de 8 onces (230 grammes).

Les verres de couleur doivent être préférés pour certaines substances, comme le nitrate d’argent , qui sont altérées par les rayons lumineux.

2° Le bouchon, qui doit Être do liège, les bouchons à V émeri ne convenant que pour certains médicaments, comme le brome, l’ iode, les acides qui, donnés en nature, altéreraient le liège.

3° Les véhicules qui doivent être exactement purifiés.

4° Le médicament, qui sera une trituration ou une teinture mère, ou une dilution liquide, ou encore des globules médicamenteux.

Pour les médicaments propres à l’olfaction, on se contcnle de mettre sous la narine du malade un tube renfermant soit une basse dilution ou une teinture mère, soit des globules récemment imbibés.

Comme nous ne sommes pas encore au temps où nous aurons le droit de dispenser nous-mêmes nos médicaments, nous sommes obligés de recourir à l'intermédiaire du pharmacien qui délivre les préparations sur ordonnance de nous, ordonnance qui commence par le signe habituel R ou %, qui signifient recipe. Au-dessous se trouve l’indication du médicament, de sa dose et de sa forme. Sur une ligne inférieure se place le nom du véhicule suivi de sa quantité. Puis, au bas, la manière dont le malade doit prendre son médicament. En homœopathie, comme en allopathie, les formules appartiennent essentiellement au médecin, lui seul les compose et détermine la valeur de chacun de leurs termes.

Maintenant, messieurs , que penser de ces divisions et atténuations multiples, de ces secousses en plus ou moins grand nombre qu’ Hahnemann conseille d’imprimer au liquide? qu’on le lise avec attention, et l’on remarquera que ce grand homme, malgré tout son génie, était tombé, a la fin, dans dos contradictions incroyables. Celle vérité qu il a mise au jour, à savoir : la dynamisation des médicaments, est entachée de trop d’erreurs et surtout d'exagérations pour qu’on ne cherche pas h la dégager de ce

qu’elle peut avoir de subtile, d’autant plus que, dans le principe, Hahnemann n’a eu en vue que la diminution du volume des doses. Je crois qu’on peut simplifier le procédé si fastidieux de la dilution successive dans trente flacons, et qu’on arrivera au même but en se contentant de secouer, pendant une demi-heure ou une heure seulement, un grain ou plusieurs grains de médicaments" dans un véhicule donné, sans pour cela croire à la spiritualisation des préparations médicamenteuses. J’ai déjà fait bon nombre d’essais de ce genre, et je me propose de les continuer sur une vaste échelle. Du reste, les résultats que j’ai obtenus sont bien de nature à m’encourager dans cette voie. De même, depuis plusieurs années, au lieu de me servir des préparations au centième, je me sers avec beaucoup de succès de celles au dixième que j’ai préparées moi-même, c’est-à-dire qu’au lieu de mettre un grain ou 0,05 cent, de médicament pour 99 grains ou 4 grammes 93 cent., je mets 10 grains ou 0,50 cent, pour 90 grains ou 4 grammes 50 cent.

L’opinion que j’émets et défends aujourd’hui est celle qu’ Hahnemann émettait lui-même, lorsque, se prononçant en faveur des doses matérielles, et pour prouver la puissance des succussions, il invoquait les expériences suivantes-(Organon, cinquième édition, page 262, note) : « En faisant dissoudre, dit-il, un grain de tel médicament dans 15 grammes d’eau mêlé avec un peu d’alcool, en secouant pendant une demi-heure et sans interruption le flacon rempli aux deux tiers, j’ai trouvé ensuite que la liqueur qu’il contenait égalait la trentième dilution en énergie. » Et ailleurs, il dit, à propos du carbo vegetabiUs : « On peut accroître bien davantage l’énergie du charbon en l’atténuant; cependant Yatténuation au millionième suffit aux usages de l’homœopathie (Mat. médic., t. II, p. 72). » Si une dose aussi évidemment matérielle, où les particules de charbon sont visibles

uiio simple loupe, suffit pour le besoin de la pratique, quelle nécessité y aurait-il à employer des dilutions plus élevées?

11 dit également de Stannum : « Après m’être servi longtemps de la dilution au billionième, j’ai fini par reconnaître que la millionième était suffisante (Mat. médic. pure, t. Il, p. 310). » Et plus tard, tout en recommandant de ne se servir que de doses faibles et diluées, comme les plus convenables, lui-même s’écartait de ces préceptes en guérissant un cas de gale récente avec un demi-grain de carbo vegetabilis et de sépia ( troisième trituration).

En suivant cette pratique, Hahnemann était, je crois, bien plus dans la réalité qu’en ordonnant de hautes dilutions. Du reste, un de ses élèves M. le docteur L..., m’a assuré avoir très-souvent entendu son maître répéter que s’il avait poussé les dilutions aussi loin, c’était parce qu’il savait, qu’on reviendrait toujours assez vite aux plus basses ; son ^intention était donc qu’on laissât de côté les deux extrêmes pour ne s’en tenir qu’aux moyennes, c’est-à-dire aux premières dilutions.

Car pour moi, dynamiser c’est accroître la force ou la puissance; diluer c’est l’ affaiblir en diminuant la masse; l’un et l’autre sont incompatibles. 11 est donc regrettable qu’il n’ait pas poursuivi davantage ces expériences, car, il se serait épargné bien des ennuis et des déboires s’il s’était attaché à cet ancien axiome, qui est la base de tout ce qu’il y a do vrai de la dynamisation: Corpora non agunt nisisoluta.. On ne fera véritablement avancer rhomœopathie, qu’en laissant de côté toutes ces exagérations qui ne sont faites que pour les imaginations exaltées; il nous faut à nous des principes clairs et appréciables. Les préparations, du reste, doivent différer d’après les médicaments employés-, ainsi: 1" les substances telles que les terres, le charbon, certains métaux, le lycopode, etc., etc., ne développeront leur puissance que par

le broyemenl qui semble les vivifier. — 2° Les substances très-énergiques à l’état brut, qui exercent une action délétère sur l’économie, comme les poisons, n’auront par conséquent besoin que d’une simple diminution de volume, ou bien d’être diluées afin d’adoucir leur force. 3° Celles dont l’énergie au contraire est déjà complètement développée, n’auront pas besoin qu’on leur en donne une plus grande; telles sont: (1 e camphre, le phosphore, les substances éthérées, etc., etc.,); force et matière forment un ensemble tel que, séparer l’une de l’autre, serait vouloir nier tous les phénomènes de la nature.

Si Hahnemann en était resté à cette première assertion à savoir, que les plus petites doses contiennent encore des particules médicamenteuses , personne n’aurait soulevé la moindre objection, surtout après les expériences si concluantes de Maycrhofer. On se serait peut-être demandé jusqu’à quel point la division d’une partie quelconque d’un médicament pouvait être portée pour échapper à toute recherche; mais on n’aurait jamais cherché à expliquer et à résoudre son action sur l’organisme, par des explications plus mystiques les unes que les autres, et qui ne sont plus en rapport avec l’état actuel des sciences naturolles, je dirai plus, ces explications sont indignes de la méthode exacte, offerte par la science actuelle qui, avec raison, se refuse à admettre une séparation de la matière et des forces ou puissances qui lui sont propres, en deux éléments distincts, les regardant l’un et l’autre, matière et force , comme essentiellement un. Accepter et défendre de pareilles données, en s’abandonnant à sa passion pour le merveilleux, Y incompréhensible, l'infini, c’est se couvrir do ridicule et ne pas rester dans les limites raisonnables.

Nous devons, certes, de la reconnaissance à Hahnemann, pour nous avoir démontré que l’organisme est encore accessible aux doses minimes, mais ce serait commettre une

grave erreur que de croire qu’elles seules fussent capables de guérir.

Sans substratrum donc, pas dé puissance médicinale, et nous avons tout lieu de croire que le médicament, quelque petite que soit la dose, ne déploie son action propre dans l’organisme, que parce qu’il renferme de la substance.

Notre tâche n’est pas de rehausser le dynamisme aux dépens du matérialisme , mais d’étudier ces deux principes dans leur unité organique, afin de faire tomber ces discussions oiseuses et ces opinions absurdes, qui regardent une trentième dilution comme plus forte qu’une basse dilution. Notre tâche, en un mot, est de. rester dans la sphère des réalités, et de ne pas nous servir exclusivement de la trentième dilution, attendu que nous devons éviter le reproche que nous adressent si souvent nos adversaires de ne rien faire.

Nous devons nous attacher à débarrasser notre doctrine autant que possible de tout ce qui lui donne une apparence paradoxale, merveilleuse et incroyable, et nous servir principalement des basses atténuations, afin d’être sûrs de la pureté des préparations.

Ceci dit, d’une manière générale, nous traiterons en détail de la question des doses à la prochaine séance.

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