‹ Cours d'homœopathieChapitre 7 sur 44 · SI · texte numérisé non relu

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paratives fussent l'ai les , avec la plus grande publicité possible, par des médecins homœopathes et des médecins de l’unedes écoles classiques sur des maladies dont les cas seraient bien nettement caractérisés, et sous la surveillance d’un tribunal compétent et impartial; et s’il se trouvait un homœpathe assez hardi pour accepter cette épreuve, a je me chargerais, avez -vous dit, h défaut de tout autre, de démontrer en un jour que l’homœpathie est un rien, un néant, un déshonneur pour la médecine. »' — Voilà, Monsieur, des paroles qui, en en retranchant l’outrecuidance, qu’on pourrait leur reprocher , d’une part, et d’autre part le manque absolu de réserve et de convenance qui accuse la passion qui a pu les inspirer, constituent un appel franc et généreux à la solution d’une question de la plus haute importance. Pour mon compte, il satisfait au souhait le plus ardent que j’aie jamais formé sur ce sujet, et je regrette vivement que mon changement de domicile ait retardé pour moi la lecture du journal qui le contenait. Oui, Monsieur, ily a bien longtemps qu’un tel appel aurait dû se faire entendre à la tribune de l’Académie de médecine : les cinq médecins dont se composait, en France, il y a 28 ans, toute l’école médicale homœopathique n’auraient pas vu, si la pensée qui vous inspire est vraie, s’élever leur nombre au chiffre étonnant où l’a porté de nos jours la confiance publique ; mais aussi, dans le cas contraire, ce nombre se fût-il élevé bien plus haut encore, et peut-être est-ce là le motif qui a retenu votre école jusqu’à celte heure. Quoi qu’il en soit, vous venez, je le répète, de faire un appel plein déloyauté, dont il ne m’appartient ni ne me convient de suspecter la sincérité; et vous l’avez fait avec celle spontanéité hardie qui sied bien à la position élevée que vous occupez-dans le monde médical... Moi, Monsieur , dans l'humble condition de la mienne, je suis cependant ce hardi qui vient répondre à votre appel ; et , comme vous, à défaut de tout autre confrère, j’accepte le défi que vous présentez à notre école. Vous êtes dans la force de l’âge et dans toute la puissance du génie; moi, je suis dès longtemps arrivé au déclin de lotis ces avanla-

ges ; c’csi vous dire que pour relever un gant si fièrement jeté par un athlète tel que vous, il' faut que je sois bien confiant clans l’excellence de nia doctrine, et bien assuré de trouver en elle un appui qu’il n’est point en moi de lui donner. Or, pour expliquer ma témérité et prévenir, au besoin, le dédain que vous pourriez concevoir pour un tel adversaire, permeltez-moi d’entrer ici dans quelques explications. Il y aura bientôt un demi-siècle ( comme il résulte d’un ouvrage que je publiai, au terme de mes premières éludes médicales ( sur In nature des maladies et le mode d’action des médicaments ) que j’instituai synthétiquement la thérapeutique sur les bases mêmes où, à mon sens, repose la doctrine homœopathique dont S. Hahnemann a fait h la science et à l'humanité le présent inestimable. Aussi, lorsqu’en 1830, les traductions des écrits de ce prodigieux génie eurent introduit en France la connaissance de sa doctrine, ai-je dû, l’un des premiers, l’accueillir, m’appliquer à son élude, en faire la règle de ma pratique médicale. Dès lors, plus fermement appuyé sur un principe qui avait constamment été le mien, je m’abandonnai sans réserve aux enseignements de cette doctrine, objet de votre répulsion aujourd’hui , mais ii laquelle, j’en ai le pressentiment , je vous verrai un jour enchaîné vous-même, s’il m’est accordé de vivre encore In moitié du temps qui sépare mon âge du vôtre. J’étais alors médecin de l'hôpital de Thoissey ; j’y ai fait, pendant dix-huit ans, l’application exclusive de cette doctrine. Durant cet c.-pace de temps, le chef de l’administration du département s’est plusieurs fois transporté il l’hôpital pour s’enquérir des résultats de ma pratique, et lorsqu’en 1849 j’ai été appelé â Paris pour une autre mission, l’administration de l’hôpital avait déjà donné depuisplus d’une année la sanction la plus honorable à mon service, en-coustalant la supériorité de scs résultats , comparés à ceux des divers services antérieurs au mien, sous tous les rapports : mortalité relative moindre; admissions de malades beaucoup plus nombreuses; économie considérable à la pharmacie, cl très-grande simplification du service en général.

(( Vous voyez par lit, Monsieur et honoré confrère, qu’étant l’un des plus vieux et le plus ancien praticien de l’école homœopalique en France, c’est moi qui ai dû ressentir le plus vivement l’injure du reproche que vous nous adressez il tous, en disant de l’homœopalhie qu’elle est un rien, un néant, et que vous signalez comme le déshonneur de la médecine celle doctrine que nous croyons, nous, en être la vérité et le progrès ; et qu’ainsi c’est à moi qu’il incombait d’accepter le défi que vous adressez à notre école. — Je l’accepte donc, Monsieur; non-seulement je l’accepte, mais je vous adjure de réaliser l’épreuve solennelle à laquelle vous nous appelez. Votre haute position dans l’Université vous rendra celle réalisation facile; d’ailleurs l’Académie, qui a permis vos paroles, qui les a entendues et qui peut-être y a applaudi, solidaire de l’engagement que vous avez pris devant elle, doit vous fournir son puissant concours.

« Indépendamment des avantages que je me promets de celte épreuve faite dans toutes les conditions d’égalité et. de justice que vous-même avez tracées dans votre discours h l’Académie , je serai heureux de voir à l’œuvre, de son côté, l’instaurateur des saignées coup sur coup, étant le seul, je crois, de notre école qui eu ait reconnu la valeur en principe, et indiqué le véritable mode d’action dans des mémoires spéciaux publiés en 180) dans nos journaux, ou vous auriez pu les lire, si, comme nous faisons des vôtres, vous daigniez y jeter quelquefois les yeux.

« Votre appel m’est garant de votre bonne foi, il est pour moi comme un serment, je l'accepte; vous le tiendrez, j’y compte. J’y compte, parce que, placé comme vous l’êtes entre l’honneur d’une initiative généreuse et la honte d’un recul possible, je ne puis vous taire 1 injure de cette dernière supposition. Me trouvant, dans ce moment ci-même, sur le point d’un départ de Paris pour un molil exactement semblable ii celui qui m’y retiendra si vol i u icponse est telle que je la souhaite, j’ai besoin qu’elle soif nette, explicite et prompte; et, eu égard au motif qui me fait la- demander telle, vous voudrez bien, je l’espère, excuser celle forme pressante de ma laltre.

r Agréez, Monsieur et très-h onoré confrère, l’assurance de ma haute estime et de ma considération la plus distinguée.

« A. F. Gastier D. il/. //. »

Paris, 21 décembre 1858.'

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