‹ Cours d'homœopathieChapitre 8 sur 44 · A M. LE DOCTEUR BOUILLAUD · texte numérisé non relu

A M. LE DOCTEUR BOUILLAUD

« Monsieur et très-honoré confrère,

« Le vœu que vous avez exprimé, dans la séance académique du 7 décembre 1858, dans des termes, il est vrai, un peu chaleureux, a fait naître en moi le désir d’y répondre.

« Il y a six ans, à pareille époque, assistant à la clinique d’un de vos collègues, M. Piorry, et entendant cet honorable professeur critiquer d’une manière acerbe l’homœopathie, jeter le blâme sur une doctrine qui déjà avait toutes mes sympathies, je me permis de lui écrire, en le priant de convier les homœopathes à un tournois scientifique , de les mettre en demeure de développer leur doctrine, en un mot de leur donner les moyens nécessaires, ce qu’ils demandent à grands cris, non-seulement d’enseigner, mais encore de pratiquer dans un hôpital , en présence des professeurs. de la Faculté, voire môme de l’Académie tout entière , persuadé que mes confrères se seraient empressés d’entrer en lice.

« Depuis longtemps donc, j’attendais cet appel que vous venez de faire aux admirateurs d’Hahneraann ; de tout cœur j’y souscris , heureux surtout de m’enrôler sous la bannière de mon savant et vénérable maître, le docteur Gastier,

« Veuillez agréer, monsieur et très honoré confrère, l’assurance de ma haute considération et de mon respect.

« Edmond-C. de la Pommerais, D\ il/. P. »

5, Rue des Saints-Pères.

M. Bouillaudse rappelant probablement les paroles qu’il avait osé prononcer autrefois : quand même je verrais je ne croirais pas; se retrancha derrière l’Académie à laquelle il nous pria de nous adresser directement.

Paris, 23 décembre 1838.

Monsieur et ancien Confrère en allopathie (1).

« Je suis parfaitement prêt en tout ce qui dépend de moi, à soutenir la lutte que j’ai proposée, aussi publiquement que possible, vous en conviendrez. Mais l’organisation du tribunal compétent ne dépend pas de moi. Si j’étais ministre (ce dont Dieu me préserve), ce tribunal fonctionnerait immédiatement. Il faut, monsieur, que vous soyez peu au courant de ce qui concerne lespowvoirs dirigeants en matière d’ enseignement et d’exercice de la médecine, pour ignorer que, de ce côté, nul n’a une si chétive position que moi. J’ai eu et j’ai encore, par là., plus à lutter que vous-même. Je ne puis donc compter sur rien, en ce qui concerne l'organisation d’un tribunal officiel. Quoi ! vous vous adressez à moi, homme isolé (vœ soit), pour obtenir ce que j’ai demandé d’une manière si éclatante, au lieu de l’obtenir vousmêmes! vous-mêmes si puissants, si nombreux, comme vous me l’écrivez! En attendant, venez à ma clinique, et nous conférerons ensemble sur les voies et moyens. Votre bien dévoué,

<( Dr Bouillaud.

« P. S. C’est bien à tort que vous m’accusez de passion, d’outrecuidance et d'inconvenance, etc. Je n’ai de passion que pour la justice et la vérité, et je ne suis pas même otfensé de vos dures paroles. »

Aussitôt notre confrère M. le docteur Gastier se rendit à ses désirs et écrivit à l’Académie.

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