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Mettez des plantes dans une cave, vous les verrez se diriger toutes vers le soupirail, pour jouir du peu de lumière. qui entre par cette ouverture; mettez-en près du verre d’une serre, elles se colleront contre le verre, au risque de se faire geler, plutôt que de se rejeter en dedans, où elles trouveraient un air plus chaud et plus salutaire, mais moins éclairé.

Je m’arrèête, parce que votre pratique vous a déjà appris une partie de ce que je pourrais ajouter, et que nous aurons encore plusieurs occasions de parler des effets de la lumière sur les végétaux. Occupons-nous maintenant de l'ombre.

Notions sur l'ombre.

La lumière directe du soleil contribuant puissamment aux combinaisons chimiques des sucs dans les végétaux et a l’endurcissement de leurs fibres, l’horticulture est intéressée tantôt à ce que les végétaux la reçoivent directement du soleil et dans toute sa force , et tantôt à ce qu'ils ne la recoivent qu'affaiblie et modifiée, de manière à ce qu'elle les entoure uniformément, et qu’elle ne soit plus assez vive pour accélérer la combinaison chimique de leurs sucs et l’endurcissement de leurs fibres. Cette modification de la lumière a lieu partout où le soleil ne peut lancer directement ses rayons lumineux et où cependant on est éclairé par des rayons environnants : alors on est dans l'ombre.

Ainsi, toutes les fois que le soleil est empêché de luire sur un endroit de la terre par l’interposition d'un nuage entre lui et la terre, il ÿ a une ombre en cet endroit causée par le nuage. Un arbre, un édifice, un mur, eu reflechissant les rayons du soleil , produisent aussi une ombre qu'ils projettent du côté opposé au soleil.

La meilleure ombre pour l’horticulture serait bien celle produite par les nuages ; mais, comme nous ne pouvons ni l’obtenir à volonté ni la circonscrire sur le seul endroit

où nous en aurions besoin , nous sommes obligés de pro-

fiter de celle que nous offrent Les arbres tout venus, ou

d'en planter exprès en palissade ou autrement, d’élever des murs, de tendre des toiles, des paillassons, etc., qui projettent leur ombre sur les plantes que nous voulons garantir des rayons directs du soleil.

Je vais vous rappeler quelques-unes des circonstances dans lesquelles l’ombre est nécessaire aux plantes et celles dans lesquelles elle peut devenir nuisible,

L'ombre est nécessaire à toutes les plantes dans leur enfance , dans leurs maladies, quand on leur fait subir des opérations violentes, telles que la suppression de leurs racines et de leurs branches, et quand on les transplante en état de vésétation.

Les graines germent mieux dans l’obscurité qu’à la lumière, leurs racines doivent même y rester toute leur vie; mais, à mesure que leur plumule se développe et sort de terre, 1l est avantageux qu’elle trouve une ombre protectrice pendant quelques jours, et qu’elle ne passe que par degrés à la lumière directe du soleil, afin qu’elle ait le temps de s'’accoutumer peu à peu à décomposer l’acide carbo-

nique qu'elle contient, et ne durcisse pas trop vite, ce qui

nuirait à son élongation.

Quand des graines sont si fines qu’on est obligé de les semer sur la terre même ou de ne les recouvrir que trèspeu, il est avantageux de leur procurer d’abord une obscurité artificielle jusqu’à ce qu’elles soient germées ; ensuite on leur donne une ombre épaisse, tandis qu’elles

enfoncent leur radicule en terre; enfin on les fait jouir

d'une ombre plus claire pour que leur plumule puisse verdir peu à peu. Si la plumule s’allongeait sans verdir, c'est qu’elle n'aurait pas assez de lumière; il faudrait éclairer davantage le semis.

Les graines plus grosses et moins délicates que l’on recouvre d’un ou plusieurs centimètres de terre commencent

par enfoncer une forte radicule en terre avant de monirer leur plumule : celle-ci, qui est ordinairement assez robuste, recoit les premières impressions de la lumière sans danger, et peut se passer de l’ombre graduée indispensable aux précédentes. Cependant il en est dont le premier mérithalle s'allonge beaucoup en très-peu de jours et reste blanc pendant quelque temps; si une lumière vive venait à le frapper pendant ces premiers moments, sa délicatesse ne lui permettrait guère d’en supporter l'effet, et ses fibres pourraient durcir trop vite et arrêter son développement : de sorte qu on peut, je crois, établir en thèse générale que, si l'ombre n’est pas indispensable à la germination de toutes les graives, elle est cependant favorable à toutes dans les premiers moments de leur végétation.

L'ombre est nécessaire aux plantes malades, d’abord en ce qu'elles y transpirent moins et ne dépensent pas plus qu elles ne peuvent absorber, ensuite parce que les faibles pousses quelles produisent ne sy durcissent pas aussi promptement qu’à la lumière directe du soleil ; elles ont le temps de s’allonger davantage et de multiplier leurs bourgeons, lesquels déterminent la production de nouvelles racines dans la terre, qui rétablissent l'équilibre et la santé de la plante quand elle n'a pas de lésion organique trop considérable.

L'ombre est nécessaire aux plantes auxquelles on a coupé les racines pour les transplanter pendant leur végétation; elle ralentit leur transpiration et empêche leur desséchement jusqu’à ce qu’elles aient poussé de nouvelles ra-

cines. Les plantes succulentes, dans cette circonstance, en.

out moins besoin, parce qu'elles contiennent toujours beaucoup d'humidité, qu'elles transpirent moins que les autres el peuvent vivre pendant longtemps aux dépeus de leur propre substance; mais celles qui sont de nature sèche périraient promptement après avoir subi le retranchement

de leurs racines , si on les laissait à la lumière directe du

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