‹ Cours d'horticultureChapitre 35 sur 70 · PL BRUT NS · texte numérisé non relu

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les appendices tortillés qui peuvent se trouver au sommet des segments d’une corolle, comme ceux de la fleur du Strophanthus. |

Messieurs, sans nous embarrasser de ce que pensent les naturalistes des causes finales, reconnaissons que les vrilles sont d’une grande utilité à certaines plantes dont la tige est trop faible pour les élever dans l’air. Sans vrilles, la Vigne ramperait sur le sol , ses fruits seraient compromis, tandis que, placée au pied d’un jeune arbre, elle s'élève avec lui, étend ses rameaux à mesure qu'il étend les siens; l’air, le so-

leil favorisent la végétation de l’un et de l’autre, et le Raisin

acquiert des qualités qu’il ne pourrait acquérir si la Vigne rampait sur terre. C’est dans les forêts de la zone torride qu’on voit de merveilleux effets produits par le seul secours des vrilles. Là des Lianes dont la tige a la grosseur et la flexibilité d’une corde ont leurs ramifications, leurs feuilles, leurs fleurs et leurs fruits élevés à perte de vue et confondus avec ceux des plus grands arbres. On ne conçoit pas comment des Lianes si faibles ont pu élever leurs rameaux sur la cime d'aussi grands arbres. La chose est pourtant bien simple. Dans ces immenses contrées, les végétaux sont encore rois; ils vivent tous en paix sous la loi naturelle. L’humble Bignone-liane naît à côté de l’Acajou, qui doit devenir un géant ; mais, avant d’être géant, il faut qu’il commence par être petit. Dans cet état, la Liane attache quelques vrilles aux rameaux du jeune Acajou; celui-ci grandit, et la Liane attache de nouvelles vrilles à ses nouveaux rameaux. La tige de l’un et de l’autre se dénude par en bas au fur et à mesure qu’elle développe de nouveaux rameaux par en haut. En quelques années la Liane a enlacé les rameaux de l Acajou de tant de vrilles, qu'il est impossible qu’ils se séparent ; l Acajou est obligé , en s’élevant, d'élever aussi les ramifications de la Liane. Après cinquante ou soixante ans , l’Acajou est devenu un gros arbre dont le tronc représente une

(272) colonne de 20 mètres sans branches. La tige de la Liane est devenue de la'grosseur du bras, a conservé toute sa flexibilité, et elle ne se tient à peu près droite que parce que ses rameaux supérieurs sont fortement accrochés par leurs vrilles aux rameaux de l’Acajou : c'est ainsi que leurs cimes se confondent dans la voûte des forêts vierges de la zone tor-

ride.

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