SA NÉCESSITÉ ET SA MÉTHODE
a jusqu'au boutde la raison purementhumaine, estun c( roman de philosophie, dit Fénelon ; je ne compte que « sur la grâce pour diriger la raison, même dans les « bornes étroites de la raison, pour la découverte de la « vraie religion*. » Mais aussi ce secours est offert, il ne manque à personne. Que l'âme docile aux premières impressions de la grâce qui agit sur elle, quoique d'une manière souvent imperceptible, sente son impuissance et le besoin qu'elle a du secours d'en haut; qu'elle prie, avec un sincère désir de connaître et d'embrasser la vérité, Dieu l'aidera à se dégager des liens qui la retenaient comme captive et à dissiper les nuages qui l'environnaient. Il la fortifiera: disons plus, il répandra jusque dans son fond le plus intime une onction céleste qui lui fera goûter la vérité de l'Évangile et éprouver un sentiment inexprimable de bonheur dans ^ la foi de ces mêmes mystères dont, aux jours des mauvaises passions, la seule pensée l'épouvantait.
Heureuse alors, l'âme jouît de la possession de la vérité, et, au souvenir de ses agitations passées, elle conçoit un vif sentiment de reconnaissance pour Celui qui a exaucé sa prière. Ah ! si les hommes savaient quelles joies pures, quelles délicieuses espérances nous donne l'Évangile , ils rediraient avec saint Augustin : « Que je vous connaisse ^ ô mon Dieu, et que je me connaisse moi-même! » et, bientôt exaucés, ils n'auraient qu'un seul regret, celui de l'avoir connu, de l'avoir aimé si tard- « Je m'abusai comme vous, dit ce saint docteur, « je parcourus longtemps, avec une fatigue incroyable, « les sombres labyrinthes d'une philosophie trompeuse
* Lettre VI«, Sur les moyens d* arriver à la vraie religiptif n» 3.
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« je Biangeai te pain amer de Terreur àla< sueur de mon « fronU Mais^ las d'errer tristement k»n de ia yérité, « loin de mon Dieu, jerevmsà lui, et je goûtai kip»aix. « C'est après avoir goûté tes biens de la terre ^ eeux (( du ciel que je me suis éerié, dans l'effusion du cœur : « C'est vous seule que je veux, 6 justice qu'environne (( une pure et brillante lumière et qui rassasies corna piétementnos insatiables dé^s. En vouson retrouve « xm repos profond, une vte pleine de ealme ; celuiqui <( entre en vous entre dans la plénitude de la joie et se <( désaltère délicieusement à la source du souverain (( bien. Hélas! dans les jours de ma jeunesse, glissant <( sur la pente des plaisirs, je m'élo%nai de vous rapi- (( demesit, 6 vérité immuable I et aussitôt, errant au <( hasard^ je me devins à moi-môme une région d'in- « digence et de douleur. Quel autre sort devats^je at^ « tendre? Vous nous avez fait pour vous^ ô mon Dieu, « et notre cœur est sans cesse agité, jusqu'à ce qu'il r&- « pose en vous. »
r,'HOMMB. IL EST FAIT POUR GOfBrNAÎTRB LA VÉRITÉ 23