ETUDE DE LA RELIGION
ce fonds admirable de vérités qu'on y trouve, ceux qui n'ont pas eu le bonheur de recevoir dès leur enfance une éducation chrétienne, une instruction convenable, ceux surtout qui ont vécu dans l'oubli de Dieu, qui ont reçu des impressions défavorables à la Religion, ne parviendront pas à cette conviction qui fait le véritable fidèle, s'ils ne recherchent la vérité de tout leur c(Bur, comme a dit Pascal. Il se rencontre ici des difficultés particulières, des obstacles que Ton n'a pas à surmonter dans l'étude des sciences profanes.
La Religion, ayant pour but de régénérer Thomme tout entier, lui enseigne des dogmes qui humilient l'orgueil de l'esprit et lui impose des devoirs qui heurtent les passions du cœur. Donc ces passions conspireront ensemble pour fermer l'âme aux pures lumières delà vérité, et elles y réussiront si elle n'est point assez généreuse pour désirer sincèrement de connaître la véritûi^ et de la suivre, quoi qu'il puisse lui en coûter de sacrifices. Il y a des intelligences secrètes entre le cœur et l'esprit, la vérité ne se fait communément accepter de l'un qu'autant qu'elle plaît à l'autre; le cœur qui n'a pas l'amour du bien et du vrai redoute la lumière, et, s'il nous est permis de parler de la sorte, il retourne l'esprit du côté où il ne la verra pas. Voilà pourquoi tant de personnes demeurent dans les ténèbres, même au milieu du Christianisme.
Dépendra-t-il de l'homme seul de diriger son cœur vers l'amour du bien, et son esprit dans la recherche de la vérité? Non, il lui faut un secours étranger, il faut que la vérité elle-même le prévienne, et qu'une sagesse supérieure l'attire. « Cette philosophie naturelle (( qui irait sans préjugé, sans impatience, sans orgueil