LEÇON III
.— preave» 4e Texlstence 4e Mea. — n le manifeste ( le fliOD4e; tons les peuple» mit cm à la 41vliilté; rCv«latfMi telle
Comme il n'y a pas de vérité dont la connaissance nous importe autant que l'existence de Dieu, il n'y en a pas non plus qui brille à nos yeux d'un plus vif éclat, ni dont le sentiment soit plus impérissable dans nos âmes. L'idée d'un Être suprême n'a pas été pour nous le résultat de recherches laborieuses. Nous avons connu Dieu, comme nous connaissons l'astre du jour qui brille au firmament ; comme les enfants connaissent leur père, le chef de la famille.
Nous sortions à peine du berceau, qu'une mère prononçait devant nous le nom de Dieu, et que, nous montrant le ciel, elle nous apprenait à élever notre cœur en haut. Nous entendîmes ce nom, et l'idée qu'il exprime pénétra doucement notre âme, comme nous reçûmes la lumière extérieure du soleil qui éclairait pour nous ce monde et Tair que nous respirons. Une voix intérieure que nous ne po uvions pas démêler encore, et qui cependant commençait à nous conduire, nous disait qu'il y a bien véritablement un Dieu, que, puisque nous étions, il fallait nécessairement que Dieu fût. D'ailleurs, nous lisions le nom de Dieu partout,
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sur la terre el dans les cieux qui racontent Ba gtoire; nom yojions tous lee hommes s'aeoordj^r à croire en lui.
Revenons maintenant eur ces quatre preuves de Texistenee de Dieu : Tunivers, le témoigoage des booQmes, la lumière intérieure qui nous éclaire, et la révélation. Il est bon de les étudier plus à fond.
S 1. — PREMIÈRE PREUVE 9B L'EXISTENOE DE DIEU*. NOTRB PftOniB BXISTUiOB; L'EZlflTBNOS BT LE fiJFBCTACXJC DU MQ9i»B.
Diannoas éelaire eu mettant sous nos yeux des signes sensibles de son existence et de JBa sagesse, dans lesquels nous puissions le voir, comme si nous Usions son nom et ses perfections dans un livre,.
Nous ne sommes dans oe monde que depuis un pe-^ tit nombre d'années : de qui avons-nous reçu Texis^ tenee 7 Nous avons eu un pare et une mère que nous hoQorons^comme les auteurs de nos jours ; eux avaient m aussi leurs parents, et ceux*ici des aïeux; on r^f^ QKHiterait, par uim suite non interrompue de gmir^ tioûs, aux temps les plus reculés. Cependanti quelque uitiquité que Ton veuille donnef à cet ordre de succession seloa lequel las pères transmettent la vie à leurs enfants, il faut nécessairement que nous parv^-* nions, par la pensée, au premier anneau de cette eMne de générations, il faut que notis supposions qu'il exista d^ab<^râ un bornai qui n'avait eu ni père Bi mère, et qui a été la tige, le chef, le premier père du genre humain; esur, enfin, bn me peut pas remonter irisim. Or ee premier homme ne parui pas sans doute fortuiteinent sur i^ terre, sans que nulle cause
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eût déterminé son existence ; il ne se fit pas lui-tnéme , il ne sortit pas du sein de la terre, comme on voit le gazon pousser au jour du printemps ; cette supposition serait absurde, et, si quelqu'un était capable de prendre au sérieux les fantaisies de quelques écrivains modernes, dont nous parlerons ailleurs, et de croire que l'homme est sorti de je ne sais quel germe, il aurait à se demander d'où serait provenu ce germe et ce qu'il serait devenu? Disons donc que le premier homme fut formé par une cause distincte du monde. Cette cause, c'est Dieu : sans lui nous n'existerions pas.
Ce que nous disons de nous-mômes, nous devons le dire de tous les êtres animés qui nous entourent, des oiseaux, des poissons, des plantes ; on ne s'expliquera jamais l'existence d'un seul^de ces êtres, si on ne remonte à des germes primitifs ou à des individus qui ont été mis dans ce monde par une puissance supérieure. Que les animaux soient éclos d'un œuf, que les plantes se reproduisent par bouture ou par semence ; nous demandons qui a produit le premier œuf, la première tige; la première semence, d'où est-elle venue?....
On ne peut pas plus se rendre raison de Tordre parfait qui règne parmi les êtres, qu'on ne s'explique leur existence, tant qu'on ne recourt pas à Dieu.
Voyons ce qui se passe tous les jours sous nos yeux, dans les grandes choses comme dans les petites. Qui maintient dans le monde une régularité si parfaite qu'on n'ait pu remarquer l'ombre d'un changement dans les lois générales qui régissent l'univers? Les astres qui nous éclairent accomplissent leur révolution sans s'écarter jamais de la voie qui leur est tracée ; la
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terre serait perdue s'il sunrenait uue déviation dans sa marche, si elle était poussée vers le soleil ou s'en éloignait... Qui a revêtu les lis des champs d'une couleur si pure? Qui a prépa'ré aux oiseaux leur nourriture et la leur fait discerner? Incapables de se conduire par réflexion, ils sont manifestement sous l'action d'une main qui les dirige : ils construisent des nids avec une surprenante régularité, pour se mettre à l'abri des vents et de la pluie ; ils discernent, au milieu des terres, la nourriture qui leur convient et ce qu'ils doivent préparer à leurs petits. S'ils courent un danger, on les voit mettre en jeu tous leurs ressorts pour fuir le mal qui les menace; dans leurs ruses, dans les divers mouvements qu'ils opèrent, ils suivent les règles les plus exactes de la mécanique, avec une précision dont l'homme n'approcherait pas par ses réflexions. Cet instinct est-il autre chose qu'une sagesse supérieure qui pense et qui veille sur l'animal ? Il n'a ni méthode, ni science, ni culture; ce qu'il fait, il le foit sans y être préparé d'avance ; il le fait tout d'un coup, sans avoir tenu conseil. Manifestement, c'est Dieu qui le mène.
Qu'on ne nous parle pas de la nature, comme ai la nature faisait tout cela ; car ce mot est vidQ de sens ; c'est une abstraction de notre esprit, ou il ne signifie autre chose que les règles selon lesquelles le monde est gouverné ; mais ces règles sont-elles, peuvent-elles être autre chose que l'action uniforme et continue de Dieu?
Donc, tout jci-h^s, rend témoignage à Dieu. « Il ne « faut qu'ouvrir les yeux, disait Fénelon, pour aper- « cevoir sans raisonnement la puissance et la sagesse
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« du Crésleur qui éclatent dans se» olnvres. Si quel^ « que homme d'esprit conteste cette vérité, je ne di£k « pute pas avec lui. Je le prierai seulement de sup* <f poser qu'il se trouve, par un naufrage, dans u»» <f île déserte* Il j aperçoit une maison d'une exetU 0 lente architecture, magnifiquement meublée ; û y « voit des tableaux merveilleux, il entre dans un ea- « binet où un grand nombre de tràs^bons livres sont it rangés avec ordre. Une découvre néanmoins aucun « homme dans cette tle. Il me reste à lui demander « s'il peut croire que c'est le hasard, sans aucune wt « dustrie, qui a fait tout ce qu'il voit. J'ose le défier « de parvenirjamais à se faire accroire que l'assem^ « blage de ces pierres, fait avec tant d'art et desymé^ « trie, que les meubles, qui montrent tant d'art et de a proportion, que les livres, qui traitent si exactement « des plus hautes sciences, soient des combinaisons « purement fortuites. II lui sera impossible d'entrer « dans un doute sérieux sur l'industrie qui éclate « dans cette maison ; s'il se vantait d'en douter, il né <i ferait que démentir sa propre conscience. Cette « comparaison montre quelle doit être notre convie* « tîon sur la Divinité à la vue de cet univers. Peut-on ix douter que ce grand ouvrage ne montre infiniment « plus d'art que la maison que je viens de repréaen^ a ter? Toilà la Divinité pour tout homme sensé, at«- <f tentif, sans orgueil. H n'a pas plus besoin de médi-- « ter, pour trouver son Dieu à la vue de l'univers, que « pour supposer un horloger ou un architecte à la * vue d'une horloge ou d'une maison *• »
* Lettres $ur la rdigUmyyf tettre.
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C'est le langage <hi bon sens. Celui qui ne veut pas reconnaître un Dieu, pour ne pas admettre le mystère de la création, qull ne comprend pas, et des miracles dont le nom seul l'effraye, est forcéid'admetire, non pas d'autres mystères plus impénétrables, non pas d'autres faits plus miraculeux, mais de vraies absurdités. Il veut que ce qui n'était pas commence d*exister, sans qu'aucun être ait concouru à le meltre au monde ; il sera le produit du néant. Il veut que des corps organisés dont toutes les parties ont entre elles une connexion, une corrélation si bien calculée, qu'elle est un objet d'étude et d'admiration pour les savants, soient produits par un assemblage aveugle d'éléments physiques ; que ces corps aient puisé la
vie dans des éléments qui en étaient dépourvus I
n croira cacher ce» inepties, sous le nom de la nature, de lois nécessaires, de progrès, comme si du rien, si du néant pouvaient procéder Têtre, le mouvement, la vie et l'intelligence.
§ 2. — SECONDE PREUVE DE l'eXISTENCE DE DIEU l CROYANCE UNIVERSELLE DES PEUPLES.
^Bossuet disait, de son temps, en parlant des athées : La terre porte peu de teis mcmstres, et quand^ dans la lumière du christianisme y on en découvre quelqu'un, on doit en estimer la rencontre malheureuse. Il faut, &l effet, que l'homme ait bien étrangement perverti son cœur, pour que de ce fond corrompu il s'élève jusqu'à la partie «upérieûre de son âme des nuages assez épais pour lui voiler la présence de Dieu.
Nous comprenons dès lors le sens de c€*te parole
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d'im prophète : L impie a dit dans son cœur : Il n'y a pas de Dieu. Tout en nous et hors de nous nous ramenant à Dieu, ce n'est pas son intelligence, c'est son cœur qui le pousse à dire qu'il n'y a pas de Dieu.
Mais n'a-t-il pas senti Tamertume de cette désolante parole? N'a -t-il pas senti dans son cœur un vide immense, quand il a voulu ne plus croire en Dieu ? Quel malheur en effet pour nous, si l'idée de Dieu disparaissait de notre conscience ? Nous serions dans ce monde sans savoir pourquoi; nous ne saurions d'où nous venons, ni où nous allons ; nous n'aurions ni principe pour la direction de notre conduite, ni espérance pour nous soutenir dans les maux de ]a vie présente.
L'homme étranger aux habitudes d'une vie religieuse, l'homme qui parait le plus indifférent, le païen, l'idolâtre, le sauvage errant dans les bois, lève les mains au ciel ; il appelle la Divinité à son, secours quand il se voit menacé d'un grand danger, il l'implore dans sa détresse, ce que Tertullien appelle le cri d'une conscience naturellement chrétienne, et il se sent ensuite encouragé. Mais l'homme sans Dieu, à qui aura-t-il recours ? S'il perd sa fortune, si la mort lui ravit ses proches, si ses amis l'abandonnent, s'il souffre en un mot, que lui restera-t-il pour le consoler? Il se croit sous une loi de fatalité, il vit sans espérance : être trois et quatre fois malheureux, n'eût-il pas mieux valu pour lui qu'il n'eût jamais vu le jour?...
Nous le redisons avec assurance : s'il y a des athées dans le monde, ils sont très-rares. La plupart de ceux qui ont eu le triste courage de dire qu'il n'y a point
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de Dieu n'en ont pas été persuadés. Ils ont détourné leur pensée de Dieu, ils sont tombés dans un excès de dérèglement qui leur a fait désirer que Dieu ne soit pas ; mais qu'ils aient eu une conviction raisonnée, réfléchie, intime, qu'il n'y a réellement pas de Dieu, que tout est l'œuvre du hasard, ou de je ne sais quelle nécessité aveugle, c'est ce que nous ne pouvons croire. L'homme ne se défait pas à ce point de l'idée de Dieu qui le domine, qui le suit partout, que tout réveille en lui, parce qu'il la porte dans sa conscience.
Quoi qu'il en soit des sentiments de quelques individus, l'univers entier proteste contre l'athéisme, car toutes les nations, civilisées ou barbares admettent une divinité ; les anciens y ont cru comme les modernes; les générations de tous les siècles, si on pouvait les évoquer de leurs tombeaux, viendraient nous dire que partout et toujours le monde a cru en Dieu.
Aujourd'hui l'histoire des peuples anciens est connue plus qu'elle ne l'avait jamais été, par suite des travaux de tous genres auxquels les savants se sont livrés, pour étudier les traditions, les mœurs, la forme des gouvernements, les arts, la littérature, les monuments des peuples civilisés. On n'a pas exploré avec moins de zèle les idées et les pratiques des populations appelées barbares ou sauvages parce qu'elles sont demeurées en dehors du mouvement de civilisation qui se fait remarquer ailleurs. Or le résultat de tant de recherches a été de constater que l'idée d'une divinité a présidé à la formation et à la législation de tous les peuples ; qu'il n'y a ni royaume, ni province,
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in dté^ ni peuplade qui n'ait eu ees cmyances, une reKgioû, un eulte^ par conséquent un Dieu. On s'^t convaincu par là avec combien de vérité un philosophe païen, qui avait lui-même beaucoup observé^ a pu dire : « Jetez les yeux sur la ftice de la terre, <r vous pourrez y trouver des villes sans fortifications^ <f sans lettres, sans magistrature régulière ; des peu- <t pies sans habitations distinctes, sans professions a fixes, sans propriété de biens, sans l'usage des « monnaies, et dan^ l'ignorance universelle des beaux- « arts ; mais vous ne trouverez nulle part une ville « sans la connaissance de la Divinité ' . h
Ce que nous disons des peuples anciens est égaie^ ment vrai des peuples modernes. Les croyances àe& peuples civilisés de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique, de TAmérique, sont trop connues pour que nous devions en parler. Quand les navigateurs partis de nos contrées ont traversé les mers pour aller à la décoU"verte d'un nouveau monde, de quelque côté que leurs courses aient été dirigées, sur les côtes des fl^rs, au milieu des bois, dans les péupladesnotn^ades, dans les villes, partout ils ont vu des hommes recônûaîtm une ou plusieurs divinités^ et, si qfuelquefois ées doutes ont pu s'élever sur le fait de cette croyance, ce doute ne portait que sur quelques rares tribus de sauvages tombés par l'ignorance et Fabrutissement des mamrs au dernier degré de dégradation que puisse attekidre la nature humaine. Ce n*es! pas là, sans doute, qu'on ira chercher des traditions à opposer à la toi universelle des peuples, el cependant là encore, après «ae
» Pltitarqae.
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étude plus exacte des habitudes de ces hcnDmes, eti n*a pas tardé à découvrîTim culte rendu à des divinités.
Yoilà un fait qui, dans sa généralité au moins, ne sera contesté de personne : il y a eu de temps à aoive des indivitlus «fui ont fait profession de ne pas croire en Dieu ; des peuples athées, on n'en vit jamais. Quelle peut être la c ause de cette croyance universelle et invariable? Il ne s'agit pas ici d'une opinion isoiée, spéculative et indifférente, mais d'une doctrine coaimune à tous, liée à la conduite de l'homme, à laquelle il ne peut refuser le plus vif intérêt. La source doit en être nécessairement ou dans des préjugés communs à tous, ou dans une raison commune à tous.
Attribuer aux préjugés ou aux passions la croyanee universelle des peuples, c'est impossible. Les peuples ont pu altérer sous l'influence des passions ou des préjugés le fond de la doctrine ; des hommes, dominés par les sens, entourés d'objets matériels, ont bien pu s^imaginer des dieux corporels ; des hommes corrompus ont pu se persuader que les dieux étaient sujets aux mêmes passions, et chercher la justification de leurs débordements dans les exemples de ces divinités : toutes ces erreurs, toutes ces superstitions, ont leur cause dans la faiblesse et dans la corruption du cœur; mais l'idée primitive, et qui perce à travers ces aberrations comme un rayon de lumière à travers le nuage, d'où rient-elle *? Cette idée, se trouvœt partout, souvent discutée, toujours plus ou moins combattue par quelques esprits téméraires, toujours
^ Frayssioous, Conférence swr V existence de Dieu, prouvée par ht foi du genre humain^ II* partie.