‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 45 sur 90 · VOLONTE ET LIBERTÉ · texte numérisé non relu

VOLONTE ET LIBERTÉ

I.Par son intelligence l'homme considère, il réfléchit, il connaît la vérité et la discerne de l'erreur ; par la volonté, il accepte ou il repousse, il veut ou ne veut pas l'objet qu'il a pensé. C'est une nouvelle faculté qu'il nous reste à considérer dans l'homme, faculté qui semble venir la dernière, puisqu'elle a besoin du secours de toutes les autres, surtout de l'intelligence, pour s'exercer convenablement, mais qui n'en est pas moins, dans l'ordre hiérarchique, la maîtresse de ce petit monde intérieur. La volonté commande à l'intelligence, elle dirige, applique ou détourne son attention, de sorte que, le plus ordinairement, rhomme ne pense, ne réfléchit et ne médite que parce qu'il le veut. Elle commande à la mémoire, qui répond à son appel ; elle peut même, jusqu'à un certain point, commander à la sensibilité. On voit

* Revoir ce qui a été dit dans la U^ leçon sur rintelligence de l'homme.

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souTent des personnes s'habituer, par l'énergie de leur volonté, à des privations et à des douleurs qui finissent par leur être moins sensibles.

La volonté est donc ce qui domine en nous ; là est la direction de la vie, là se trouve la raison du mérite et du démérite. Heureux celui qui sait lui conserver Tempire qu'il lui convient d'avoir sur les sens et sur l'imagination. Mais, la Religion nous l'apprendra et déjà il est bien facile de l'entrevoir: la volonté, pour demeurer ferme et pure, pour dominer les appétits sensuels, qui sont dans un état habituel de lutte contre la force morale, a besoin d'un secours extérieur. Son énergie dépend principalement des influences qui la pénètrent; si donc elle se laisse pénétrer par l'action divine; si elle s'appuie, non sur une vaine confiance ^ en elle-même, mais sur la vertu, sur le secours, sur la ^ grâce de Dieu, elle trouvera en lui une force admirable. Qu'elle soit humble et qu'elle prie, il n'y aura pas de difficultés dont elle ne puisse triompher.

II. Autre observation bien importante : la volonté est libre dans ses actes ; elle en porte, par conséquent, toute la responsabilité. Nous ne parlons pas des actes qui se font sous la seule direction de l'instinct, ou sous l'empire d'une émotion violente qui prévient la réflexion ; il y a bien toujours alors activité, mais ce n'est pas une activité libre telle que nous la concevons. La liberté morale consiste à se déterminer par son propre choix.

Nous savons que nous sommes libres, parce que nous en avons la conscience, et ce sens intime de la liberté est si inhérent à l'âme, que nous ne pourrions essayerde nous persuader le contraire sans aller contre

BOtre pfttuita, et eoi^re la cifaàyielÂe^ .^M^^mlladt à»* TÎncible de tous les autres hoKwesiiioss ne Téu^ûrions même pas, 09^il oe n^m ^ pae-pliiiâ dfm^é ie douter si Bausôoo^Daeô libres, que de douter n nous p^sooas ou si nous exi^toas.

Si quelqu'un pf éteaid que la Ut>erté n'eaaste paft, que ridée. qu«. BOUS en av^ois n>st .qu'un piiré^^s^rC^t bomcaa avance un, paradoxe a^qmel il ne ofoit pas )e moins d<^ monde. Pourquoi, en effet, le voy^ez^i^ud Infléchir et délibérer avant de prendre un paf4i dani( lescaffairesqui l'inliépessent ? D'où viemi^ent ^s oaleulSt oes hésitaiioins , c^tte appréciation des ava&t^es et des inconvéments? D^où vient oeUe fermeté à^s^iitwir ^$ droits? Pourquoi cas plaintes contre c^ux qui les auraient violés? Se eonduirail-il >aiEsi, eebii ^ui ï^ croirait pas à la fliborté ?

Nul sophisme; ne peutjprévak)irxontre le 6e»s ôa- ^ time de la lil>eTté. Nous devems nous en estimer tfèsheureux et en féliciter la société, car si jamais i'idée du fatalisme prévalait;, elle anéantirait tout, jusqu'à ridée du bi,en et du mal. Le vice et la vertu ne seraient plus que des chimères ; on ne comprendra ri<m aux législations, qui toutes supposent la liberté d'observer w. Ae violer les lois. L'homme serait profondémôl^t dégradé. Pourquoi lui commander une action, ^s'ilrn'est pas en s.on pouvoir de la faire ou de ne paiS laiaire? Pourquoi le. pnnir d'un crime, s'il ne dépend ps^si d% lui de l'éviter?...

Pour prévenir quelques difficultés, observons que l'homme £>git ^rdinaiwnent , peut-être ^ême JouiouKi^, SQuarinfluQuce ^e quelques motifs d'utilité ou d'agrémjent qui le4éterminent, sans toutefois qu^ce&

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motifs le nécessitent. A l'instant où il se détermine, il sent très-bien qu'il pourrait faire autre chose qu'il ne . fait. On peut lutter contre des motifs, on le peut contre ses passions, contre le tempérament; l'expérience montre tout ce que l'éducation et une forte résolution peuvent sur les caractères les plus mauvais. Il peut y avoir des instants de surprise, où la raisonest troublée par un mouvement violent de passion, qui ne laisse pas lieu à la réflexion; mais, en dehors de ces drconslances, fort rares tians le cours de la vie, quand l'âme conserve l'usage de ses facultés inteUectuelles, quand elle est éclairée et qu'elle a la oonsctence d'elle-m'èiiae, eUe est libie. Celui qui sacrifie alors le devoir à la passiKi commet une làchdlé.

Devx mois résument les ooiwàd«tations que mom jéroBons de faire sur notre matuf*e, et indiquent aa< môme temps les conséquences que nous en devoDis tirera dignité de notre ftme, son incontestable supélàortfé sur le corps; nécessité pactr chacun de bous deimlti^er avec soin noire ème, d'intelligenee, l'imagÎDfttioD, la métfioipe et le ccentr, le cœur surtout, :par l'élKMle et ram^vr des vérités, par l'observaiion des smtes lois de la religion. Il y a beaucoup de dignité et'de grandeur dans l'homme, à cause de son iQteUigenee et 4e «a Hberlé viorale ; mais-n'omblions jamais que rien ne le rend plus véritablement grand, rien ne peut lui*assurer un bonheur plus solide que la cob- Bfaissame, Fan»«p^t le «enôoQ 4e Imvt^.

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