LEÇON IX
nature de momme. — l^e» lieaUé^ q«*ll a reçnei de Bien dans sa créatioii*
Nous rappelions dès la seconde leçon cette touchante prière que saint Augustin adressait à Dieu : Que je vous connaisse, Seigneur, et que je me connaisse moi-même. Il a plu à Dieii de se manifester à nous et de nous dire ce qu'il est : il nous a dit aussi ce qu'il a fait en nous créant, ce que nous sommes par le fait de notre création. A mesure que nous avancerons dans rétude de la Religion, nous connaîtrons mieux les perfections de Dieu, sa sainteté, sa bonté, sa miséricorde ; nous nous connaîtrons bien mieux aussi nousmêmes. En attendant ces manifestations plus étendues, recueillons-nous au souvenir de ce que la leçon précédente nous a dit de la création du premier homme; nous verrons, avec une bien douce et bien légitime satisfaction, combien la révélation extérieure répond^ à l'idée que la conscience que nous avons de nousmême et la raison nous donnent de notre nature.
§ 1. — DISTINCTION DE l'aME ET DU CORPS.
Que chacun de nous se mette donc en présence de lui-même et se fasse cette question : Que ?uis-je? qu'est-ce que l'homme?
NATURE BS l'hOMMB BT SES FACULTÉS 153
L'homme est tout à la fois esprit et corps; c'est une intelligence unie à des organes, par des liens aussi intimes que mystérieux.
Le corps est une œuvre d'une grande perfection. Sous quelque point de vue qu'on le considère, même dans ses plus petites parties, môme dans ses cheveux, on y découvre un art infini. Cependant ce corps, quelles que soient la beauté et la perfection de ses formes, n'est pas ce qu'il y a de principal en nous ; c'est notre âme surtout qu'il faut considérer, l'âme qui donne au corps le mouvement et la vie, l'âme qui, bien qu'elle soit invisible, nous est cependant mieux connue que le corps, au point qu'il nous serait plus impossible de douter si nous avons une âme que de révoquer en doute si nous avons un corps.
L'âme n'est rien de ce qui se voit ni de ce qui tombe sous les sens ; ce n'est pas un air subtil, comme l'ont rêvé quelques anciens; ce n'est pas un fluide, comme l'ont soutenu des matérialistes modernes : c'est une substance simple, ayant en elle-même le principe de son activité. Quand je pense à moi, j'ai le sens intime ou la conscience de mon existence, comme être spirituel. Je me distingue des objets qui m'entourent et je sens ma supériorité sur eux. Ces objets, quelque grands et magnifiques, quelque déliés et subtils qu'on veuille les supposer, ne sont en réalité qu'une matière inerte, incapable de se mouvoir, et je trouve en moi une spontanéité libre qui me fait agir, une intelligence qui raisonne, une force de volonté qui se dé- . termine et applique à mon usage les éléments de ce monde. Je distingue également mon âme de mon corps : ce moi dont j'ai un sentiment si profond, ce
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n'est ni ma tète, ni mon htm^ ni> nieid pieân, ni mon eerveiuiy ni tout mon corps eneemMev car je dis ma tête, mon cerveau, mon corps, ce qtti Mippose que ce eorps m'appartient et qu'il j. a par craséquent dans rhoffime quelque chose de distinct du corps et qui Itii «st supérieur.
D'où nous viendrait ce sentiment intime du mot, qui nous aurait suggéré l'idée d'un principe spiritud, auquel tout le reste en nous se rapporte, si ce principe n'existait pas? Évidemment un sentiment de cette nature, une idée si distincte, ne peut venir des sens : 6e qui est matière n'inspire pas ce sentiment, ne donne pas l'idée d'une substance immatérielle ; ce ne peut être que l'âme se révélant à elle, et symd conisoienee d'elle-même.
« Si nous sommes tout corps et tout nature, dit « quelque part Bossuet, comment pouvons-nous oona eevoir un pur esprit, et comment avons-nous pm « seulement en ingénierie nom?... Je sais que notre « faible imagination, ne pouvant soutenir une idée <( si pure, Im présente toujoum quelque petit ooipe « pour la revêtir. Mais, après qu'elle a fait son der- (c nier effort pour rendre les esprits bien subtil» et « bien délié», ne sentez^vous pas en même temps <( qu'il sort dli fond de notre âme um lumière céleste « qui dissipe tous les fentômes, si minées et si déli- « cats que nou» ayons pu les figurer ? Si vous la pres^ « sez davantage, el que vous lui âenftaadiez^ ce que (c^ c'est, une voix {^élèvera du fond che l'âme : Je ne « sais P9A ce que c'est; mais néanmoins oe n'est pas « cela. Quelle force, quelle énergie, queUe secrète « vertu sent en dle^même cette âme pour se corroder
NATURE Ï^É' L'HOtEîJfi ET OÉST FACULTÉS 1%
« et se démentir elle-mftcûe ? Qui ne vdt qa'iî y a* en « elle un reifôortcacbé qui n'aigtt pas encore de tcfWé « sa force, et lequel, qttoiqtiHl sôit contraint, (fd^ « qu'il n'ait pas son mouvement libre, ftiit Bien Vôfr, « par une certaine vigueur, qu'il n^ tient pas tôt* « entier à la matière, et qu'il est comme attechi&pàt' « sa pointe à quelque principe plus haut*? »
L'âme se révèle encore par ses effets, par des opérations qui lui sont propres.
Nous pensons, nous raisonnons, tantôt sur des ob*-^ jets qui frappent nos sens, tantôt sur des rérités qui ne présentent rien de matériel, comme sur la boht^; sur la justice ; nous concevons le sentiment du p&i^r ou de là peine, nous en avons l'idée. Ce sont tfes opérations de chaque moment ; il faut bien qu'elles aient une cause qui les produise, et il faut qu'il y aîb lïtt rapport entre la cause et lés eflfetô. Qu'est-ce dont qui pense? qu'est-ce donc qui raisonne? qu'ést-cef qui compose les idées ? qui a la notion dû plaisir ou de la douleur? Ces idées, ces raisonnements, ne sont pas formés par le corps. Cô n'est ni Toreille, ni l'œil qui voit la vérité, qui raisonne, qui veut ou ne veut pas. Serait-ce le cerveau? Mws le cerveau, quelle que soit sa' forme et la délicatesse de ses tissus, n'est après tout que de la matière. Eh bien, ce serait à cette matière, à cette moelle, à cette parcelle de cerveau, au fluide qui circule dans les tissus, que Ton attribuerait les raisonnements, l'idée du bien et dot mal ? Cela répugne assurément autant au sens commun qu'aux notions les plus élémentaires de la phitofiopMet.
* Sermon sur la mort, i* point.
Donc le sens intime que nous avons d^un principe qui est en nous distinct du corps ; les effets qui ressortent de ce principe; les opérations bien connues de rame, la pensée, la réflexion, le raisonnement ; l'idée seule que nous avons de sa spiritualité, démontrent l'existence de l'âme.
Concluons qu'il y a en nous deux substances bien distinctes : Tune composée de parties et mue à la manière des corps ; Tautre simple, et dont les opérations sont spirituelles.' Nous ignorons la nature intime de ces substances; nous ne connaissons bien ni les corps ni les esprits, mais nous en constatons l'existence ; nous concevons le corps comme un composé d'éléments divers, qui n'a en lui-même ni vie ni mouvement, qui se trouve dès lors dans un état d'inertie, et ne peut être mi\ que par l'action d'une cause agissant sur lui. Nous concevons l'âme comme une substance non composée, et qui a en elle-même un principe de vie ou d'activité.
Ces deux substances, l'âme et le corps, sont unies entre eUes, et de leur réunion résulte l'bomme.
§ 2. — UNION DE l'aME ET DU CORPS. — LE CORPS EST SOUS LA DIRECTION ET LA DEPENDANCE DE l'aME. — DANS QUEL SENS ON PEUT DIRE QUE l'aMË EST SOUS LA DÉPENDANCE DU CORPS.
Nous pouvons, en nous servant des expressions de Bossuet, définir l'homme : un être intelligent créé de Dieu pour vivre dans un corps et lui être intimement uni 1.
• De nos jours, un visionnaire a prétendu que l'homme était un composé d*un corps, d'une âme et d'un esprit déchu, qui est une
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I. Il est plus facUe de constater l'union de l'âme et du corps, et d'en indiquer les principaux effets, que d'expliquer sa nature. Nous ne pouvons pas douter que le corps ne soit dans la dépendance de l'âme^ qui le meut avec un empire absolu. Il suffit que l'âme veuille lever le bras, remuer la main, pour qu'aussitôt, et infailliblement, tous ces effets soient produits.
Qui nous expliquera cet empire de l'âme sur le corps? Comment un pur esprit peut-il agir sur la matière ? C'est un mystère impénétrable pour nous...
Notre ignorance sur ce point vient de ce que nous ne connaissons que très-imparfaitement la nature des esprits et celle des corps. Quand les savants ont voulu se rendre raison du mouvement des corps, ils n'ont su que dire, et cependant ces corps sont sous nos ^eux : est-il bien surprenant que nous ne soyons pas plus éclairés sur les rapports de l'esprit avec la matière ? Observons toutefois que l'âme n'agit pas sur nos organes, à la manière des corps, par un contact
partie, non moins essentielle que l'âme, de la nature humaine' du moins dans son état présent. Ce système est une chimère re* nouyelée des erreurs de quelque» philosophes païens ; il n'a pas le plus léger fondement. Contraire à l'enseignement de l'Église, qui a toujours cru que ce l'âme raisonnable et le corps, unis ensemble, forment un seul homme, » comme s'exprime le symbole de saint Athanase ; non moins contraire à la bonne philosophie, qui, du sentiment que nous avons tous de notre unité, conclut avec raison que le moi humain est un principe simple et non un composé de deux substances ' distinctes, dont chacune aurait ses pensées diverses, ses affections, ses volontés; ce système serait, de plus, destructeur de la morale, car l'homme trouverait une excuse aux pins grands excès, en les attribuant à raction de l'esprit déchu, sous la direction et l'empire duquel il serait placé. C'est donc tout à la fois une idée absurde et immorale.
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matériel, puisqu'elle est spirituelle, mais seloii- les règles propres aitx esprits et qui noussont incoimaes. Elle agit, s'il est portais de comparer l'acte de Bi créature à celui du Ci'éateur qui domine toutes ctioBes par sa toute-puissance, elle agit comme Meu qui, étant un pur esprit, imprime le mouvement et la di-^ rection aux corps. Observons ensuite qu'au lieu de repousser comme impossible et contradictoire Tafetion de l'esprit sur le corps, nous sommes dans la nécessité de l'admettre, puisque* la matière ét«ût inerte par sa nature, n'ayant en elle-même aucun principe de vie, elle ne peut être mise en mouvement <iue sous Faction et paf la vertu Jie l'esprit, qui est une chose active et Spontanée.
Autre mystère. Par un seul acte de volonté, nous mettons en jeu dés ressorts dont bien souvent nous n'avons pas la moitidre idée, et nous le faiscrtis avec^ ime justesse que n'obtiendrait pas le plus babilë naécanicien. Que je veuille parler, il faut que telle partie de mon corps soit d'abord ébranlée, que le mouvement se communique du cerveau à l'organe immédiat (le la parole par les nerfà qai lut correspondetit; qtttf ïaiït soit poussé par les pomnons, et que la lasiguô avec les lèvres se remuer, d'après des lois particulières, pour produire un tel son,, pour donner à la parote ua.aocent convenable. Mais ai**je étudié ces ressorts ^ètjretfe? Nbn; je n'en connais peut-être pas seulement Texifitence, et cependant je réussis aussi bien que si je m'étais appliqué à suivre les lois de la mécanicpie L'enfant, Thomme le plus ignorant, ne se trompe Jamais ici ; il ne lui arrive pas de se méprendre dans l'emploi qu'il f^it deS' parties les plus ineommes de
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son corps; ne craigtiez pas qu'il remue les nerfs? qtd aboutissent à un autre doigt qu'à celui dùut il veut âe servir. Sî plus tard cfet enfant étudie Tanatomie du corps humain, il apprendra (f iln mattre le nom et la disposition de chaque partie, et îl sera surpris de rencontrer tant de mystères dans son organisaticm, dont il avait remué jusque-là les ressorts avec un dis^ cemement si sûr.
Tel est donc l'empire de Tâme sur le corps, empire auquel préside évidemment une sagesse supérieure à rhomme, qui seule peut maintenir dans Tordre ©e monde intérieur qui nous est soumis sans que nous le connaissions.
II. Si le corps est sous la dépendance de Tâme^ Y&mei dépend elle-même' du corps-, dans un certain sens. Cette dépendance consiste eii' ce que râmfe Réprouve des sengacions à l'occasion des mouvem^Mts imprimés aux organes, et en ce que Texercice de ses fticultés est plus ou moins libre, selori que la consfr* tution du corps est plus ou moins régulière.
S'il intervient une perturbation notabla dans certaines parties du certeau, Tâme ne peut plus penser : son intéllSgenee est comme liée. Il if est pas rare qtxt rhomme perde le souvenir de ce qu'il a appris, que la réflexion lui devienne impossible, qu'il perde mÔDorè Tusage dé la raison, et*tous ces* effets sont déterminés par des causeïr physiques, par une simple altëratîoli survenue dans les organes dont Tâme doit se servir dans l'usage de ses facultés. Le sommeil qui suspend «haque nuit le cours de nos opérations et semble nous priver de la vie morale ; l'ivresse, le délire, la folie, l'afifaiblissement que la plupart des vieillards éprou-
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vent dans leurs facultés intellectuelles, ne s'expliquent^ pas autrement. Et dans un jeune enfant, l'âme n'estelle pas sous l'influence des sens ? Les appétits animaux, les exigences du corps, le dominent à tel point que son esprit est comme absorbé dans la matière. Sa vie est animale, et elle demeurera dans cet état jusqu'à ce que, les organes qui concourent à l'exercice de la pensée étant suffisamment formés, l'âme puisse se manifester.
Cependant, quand nous disons qu'à cette première époque de son existence la vie de l'homme semble se borner à recevoir des impressions animales et à agir en conséquence de ces sensations, nous n'entendons pas ceci d'une manière absolue : il y a presque toujourS; même dans les opérations les plus grossières de l'enfant, quelque indice d'un principe supérieur ; parfois même son âme se révèle, elle s'exprime^ d'une manière ineffable dans ses yeux, sur sa physionomie... Qui n'a contemplé avec émotion le sourire plein de grâce et d'amour que l'enfant fait à sa mère ?
Quand il est parvenu à un âge où son âme commence à subir davantage Tinfluenee de causes supérieures, il n'en demeure pas moins sous celle des sens, puisque telle est la suite inévitable de l'union de l'âme et du corps. Cette influefnce n'est pas exclusive, elle n'est pas nécessitante non plus^ comme nous le dirons bientôt ; c'est même un devoir pour nous de la diriger, pour remettre toutes choses dans l'ordre légitime, car enfin c'est à l'esprit de dominer le corps ; mais elle est toujours grande, elle a sa part dans presque tous nos actes.
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Ce serait une étude bien intéressante que celle des rapports qui existent entre l'âge, le tempérament, la nourriture, les circonstances atmosphériques, et les inclinations de l'homme, son aptitude pour les scieneeSy ses sympathies ou ses antipathies. Dans l'impossibilité où nous sommes de nous arrêter sur ces points, contentons-nous de faire une observation : Tamour de nous-mêmes est le sentiment le plus inhérent à notre nature; il n'y a pas de créature vivante qui n'éprouve au moins instinctivement le besoin d'être heureuse; donc chacun de nous se sentira porté vers les personnes ou les choses qui auront quelque rapport avec son caractère, la trempe de son esprit, son tempérament, ses habitudes, ses inclinations ; il éprouvera, en sens contraire, une antipathie plus ou moins ^ forte pour ce qui lui est opposé, car nous trouvons notre bonheur dans ce qui nous procure quelque jouissance ; ce qui nous contrarie est pour nous un mal que notre nature repousse. Il ne faut pas chercher ailleurs la raison des sympathies; elles ont leur source dans la sensibilité ; elles dépendent de la manière dont nous avons été affectés par Tobjet.
Cette influence des sens ou cette organisation nous sert également à expliquer la passion de certains hommes pour les beaux-arts et les succès qu'ils obtiennent. Nous portons tous en nous-mêmes, mais à un degré fort inégal, le sentiment du beau qui ne provient ni de l'habitude ni de la réflexion, mais qui naît spontanément dans l'âme. L'étude de la nature aidera puissamment l'artiste, le poète, le littérateur, le sculpteur; mais la nature ne le touche, elle ne l'émeut, eUe ne l'exalte qu'en raison de l'aptitude que lui
162 KÀ^ÉaJLTKnr vaxmnçE ^.
donne sen organisation; plus le sene est fin et délioat, plus le semtitfient est vif, plus aussi l'ârtisle exeeltera ^ans sa partie ; combien d'autres, témoins comane loi des beautés de la natore, ne réussircmt jasMiis^ malgré le tratrail I^. C'est qu'ils ne sMt pas sensiMes au même xiegré.
Si nous réfléchissions un peu là-dessud, nous? serions moins vaniteux, car nous ne nous attribuerions pas à nous-mêmes, comme un mérite, les dons de la na^aire, nous n'^n. raipponevioas la gloire qu'Àeelui de qui seul nous les à-mvis vécus.
Mais c'est assez pour le moment; il est/ temps que nous considérions ce qu'il y a de plus élevé en^nons, <ies deux facultés^ l'intelligence et la Uberté, dans lesquelles consiete surtout la dignité de l'homme, p«rce -que c'est par elles qu'il peut s'élever à la connaissamce u •de son auteur et enU*er dans ses d^seins^
§ 3* INTBLLIGBKCE.
L'animal sent commB nDus> quelquefois méoie :avecplus devivaché; mais, outre que les sensations ne lui viennent qu« du monde matériel et sont exclu- ^vement relatives à la vie physique, il manque d'une faculté pour penser et pour raisonner d'après les setth entions qu'il éprouve, il ne peut pas dès lors s'élever lune connaissance réelle des choses qui rimpresBioiiiiisit. Ce défout de réflexion et d'idées parait manifestement dans sa manière dfagir. Yousî serez surpris en voyant l'adresse, le» finesses, le travail dé certains animaux; l'art qui se révèle dans leurs <ipératioB8 seito-
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biewdtiîïdiquer eti eux une'intelligence égale à ceUè de rhomure ; mai» d'où rient qu'ils sont aussi babilês^ aussi adroits dès leur naissance, qu'ils le seront à la on de lait vier? W^ yiefft que depuis l'origine du oEKdnée rien n'a changé dans leurs habitudes, qu'ils iaont invariablement les mêmefs partout, sans que Ton renrarque jamais en eux le moindre progrès? San» mi' doute^ c'est qulte sont privés de raison et que tJouB leurs mouvements s'opèrent par instinct, sous la seule influence de la sensation, d'après des lois étaMies pour eux.
Il n'en est pas ainsi de l'homme : ses travaux, ses découvertes, les progrès qu'il fait faire aux sciences, décèlent en lui une faculté supérieure, celle de penser, de raisonner, et de remonter des effets à leurs causes. C'est bien par là que l'homme est véritable- ^ ment grand, et qu'il domine le monde, dont il s'assujettit les éléments. <( L^homme, disait Pascal, n'est « qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est « un roseau pensant. Une vapeur, une goutte d'eau, <( suffît pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écrase- « rait, l'homme serait encore plus grand que celui <c qui ïe tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage « que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.... « Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et « les royaumes ne valent pas le moindre des esprits ; « car il connaît tout cela et soi-même, et le corps « rien K »
L'homme se connaît lui-même. Il n'est pas réduit, comme l'animal, à éprouver simplement des sensa-
' Pascal, Pensées sur l'homme,
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tiens ; il a l'idée de son existence et de sa personnalité, par laquelle il se distingue des objets divers au milieu desquels il est placé.
Il peut étudier ces objetej^ raisonner sur leur nature, les assujettir à son usage, par un travail intelligent. Il s'élève de la considération des choses qu'il voit à des notions générales, à l'étude des causes premières et de la un ; il connaît Dieu, et c'est surtout par cette noble faculté, par son intelligence, qu'il porte en luimême comme l'image de son Créateur \