OSNBRATTON SPONTANÉE KT TRANSFORMATION PROGRESSIVE DES ESPÈCES
Ceux qui ont écarté Tidée de Dieu, ou qui ont nié audacieusement l'existence de tout être spirituel, distinct du monde, supérieur au inonde, ont prétendu expliquer l'existence actuelle de l'homme par ce qu'ils appellent la génération spontanée et la transformation progressive des espèces. Selon eux, il se serait produit à une époque indéterminée, par les seules forces de la nature, des êtres organisés et vivants, mais à l'état le plus rudimentaire, n'ayant que les éléments les plus essentiels de la vie, à peine distincts des espèces végétales. Ces êtres, par des évolutions ou transformations successives, à travers des milliers ou des milgliards de siècles, auraient passé par l'état de mollusques, de poissons, de reptiles, de singes, et seraient enfin parvenus à la forme humaine. L'homme serait ainsi le descendant d'un singe, d'un reptile, d'un poisson, de je ne sais quoi.
Quelqu'un peut-il prendre au sérieux de pareilles suppositions ?... Il est néanmoins nécessaire d'en dire deux mots, pour avoir occasion de rappeler des idées utiles, ou des notions qui ne sont pas sans intérêt pour l'intelligence des œuvres de Dieu.
I. On entend par génération spontanée la production de certains êtres organisés et vivants, qui s'effectuerait par les seules forces de la nature, sans aucun germe préexistant.
Que Dieu puisse produire des êtres vivants, des espèces soit végétales, soit animales, sans l'emploi de causes secondes, par le seul acte de sa volonté souye-
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raine, personne n'a le droit.de le contester. Cette puissemee eatre •essentiellement ehtns l'idée que iious avons de Dieu. L'acte de cette puissance donnant l'être à ce qui ne l'avait pus n'est pas ui^e génération, c'est tout siiQpleiaent une création.
Bleu a-t-il usé de ce pouvoir depuis ie commeAce- 99tent du Qftonde, par des créâtioi:^ successivas, faites 4 divejrsas époques qui nous sont incoiiuiues; ou b^ea toutes les espèces e]i^istant actuielleiuenl sont -allas provenues de celleis qu'il a créées d^s l'or^j^ine, ou dee semences qu'il aumt répandues dans la jiatura pour que des êtres issus de 4)6S germes soient produits au moment inarqiaé par sa Providance ?
La révélation se tait là-dessus, et les sciences ne nous disent rien de certain. Les savants peuvent chercher la solutiofli de ces problèmes : il leur est permis de croire qu'il y a eu plusieurs créations suecessivas : '^ comme il est parfaitement libre de soutenir qu'il n'y a eu qu'une seule création instantanée.» suivie de diverses révolutions qui ont détruit en partie, et déplacé Qn partie les espèces créées primitivement. U nous suffit, pour demeurer dans l'orthodo^de, d'affirmer que tous le^ hommes, quelque pays qu'ils habitent, quelle que soit leur couleur, descendent du premier homme; et nous verrons plus tard qu'il n'a été fait aucune objection sérieuse contre cette unité de la famille humaine.
Quant à la prétendue génération spontanée qu'ont imaginée les athées, génération dont Dieu ne serait point la cau3e première et souveraine, nous avojas vu, dans l'exposition des preuves de l'existence de Dieu, que c'est un non-sem. L'être ne sort pas du néant.; la
ERREUR!^ Sttt ËA CftéAUOîT BB l'hOMMB 17 1
'vîe ne peut pas procéder de la mort ; ma être or gamsé, à quelque état qu'on le suppose, îie peut pas re* eeYoîr s<m organisation d'une substance inorganique. La foi et la raison repoussent cette hypothèse.
Peut-on dire, avec quelques savants, qu'il se produit, dans certaines ciH^onstanoes, tmis en vertu de lois que Dieu a faites, par conséquent sous son action souveraine, une organisation spontanée de la matière morte... que des végétaux et *ôs animaux d'une pe^ titesse extrême naissent de la i^rte, sans provenir d^'aucun corpè vivant?... On pourrait le conjecturer et le dire sans blesser la foi; mais nulle raison solide, nuJle expérience scientifique n'a encore démontré que cela soit jamais arrivé. Des études et des expéfiMces faites en France , par les soins de l'Académie des sciences, par des hommes d'une valeur supérieure, Ê ont prouvé le contraire. Un des membres de la commission, composée de chimistes, de physiciens et de naturalistes, pour étudier cette question, conclut dans ces termes : « Ainsi, l'hypothèse de la production d'ô- « très vivants par de là matière morte ou qui n'a jamais « vécu, n'est pas seuleùieût inutile pour expliquer « la multiplication des animalcules microscopiques « dont les infusoires se peuplent si souvent au contact « de l'air; elle est aussi en désaccord avec des faits « bien constatés... Les êtres organisés, dans l'état ac- « tuel de notre globe, reçoivent toujours la vie de « corps déjà vivants, et grands dû petits, ne naissent <c pas sans aviofir'des ancêtres K »
^ Milne-Bâwards» Bapport tur ks progrèt récênU det scieneet zoologiques en France, 1 vol. tn-8, 1867. — De Vairoger, la Genèse des e^èces, 1 vol. in-l^, 1878.
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n. La transformation progressive des espèces, imagi- ^ née pour expliquer Texistence de rhomme, n'est pas moins chimérique que la génération spontanée des athées.
Faire venir Thomme d'un singe, d'un reptile, d'un poisson, d'un mollusque !.,. Quelques-uns l'ont dit, d'autres Pont répété; quelqu'un l'a-t-il jamais cru? Je pense, pour l'honneur de Thumanité, que personne ne Ta pris au sérieux, et je croirais perdre mon temps si j'entreprenais de discuter cette opinion extravagante, qui n'aurait pu se loger que dans un cerveau malade, si on la considère autrement que comme un roman, en histoire naturelle.
Après tout, si vous ne vouliez pas faire à l'homme Tapplication de cette théorie de la transformation des espèces, si vous n'aviez en vue que le règne végétal et animal, sans toucher à la famille humaine, la théo- ^ logie n'aurait rien à démêler avec vous ; dites, si vous le voulez, que des animalcules microscopiques peuvent, en s'unissant, donner naissance à d'autres petits Insectes, lesquels, en se transformant, de génération en génération, deviendraient des moutoas, des bœufs ou des éléphants, vous pourrez être un ignorant ou un insensé, vous ne serez pas un hérétique ; la révélation ne nous a rien dit de ces sortes de transformations.
Bornons-nous à constater qu'il n'y a pas d'exemples de ces changements dans l'histoire naturelle. L'homme parvient, par un travail intelligent et patient, à obtenir des perfectionnements et des variétés dans les races, dans les plantes comme dans les animaux, mais toujours et uniquement dans certaines limites que la nature ne lui a paâ permis de franchir.
JBR&BU&S Smt LA CBLEATlOVf DB l'hOMMB 173
Un des saYdnts qui ont le plus étudié l'histoire naturelle dans ce siècle, Agassiz, qui d'ailleurs n'était pas chrétien et qui ne peut être suspect aux yeux de personne en cette matière, a dit : « Depuis l'introduece tion première, en ce monde, des animaux et des « plantes, il n'apparaît pas le plus petit indice qu'une « espèce se soit transformée en ime autre ^ » On a comparé les animaux qui se trouvent représentés dans les sépultures égyptiennes, les débris fossiles que l'on a trouvés dans les couches inférieures de la terre, avec les mêmes espèces encore vivantes, et l'on n'a pu signaler de différence entre les unes et les autres, de sorte qu'après plusieurs siècles^ on ne voit pas de trace de changement, bien moins encore de transformation. Des espèces d'animaux existantes à une période que Ton ne peut assigner, ont été détruites par des révolutions survenues dans le globe, rien ne prouve que les espèces que nous avons, n'ont pas toujours été ce qu'elles sont aujourd'hui.
Ce n'est donc pas par des faits, mais uniquement par des suppositions gratuites, que Ton a mis en avant l'opinion de la transformation progressive des espèces. L'homme est encore, sauf des variétés accid^telles de couleur, de taille, de vigueur, ce qu'il a été en sortant des mains de son Créateur.