LES FATALISTES
Nous avons vu les sceptiques méconnaître la nature humaine, en refusant à l'homme la certitude de certaines vérités ;;ils l'ont également méconnue, ceux qui ont osé dire qu'il n'y a pas de liberté morale, sous le prétexte d'une dépendance absolue des organes, du cerveau surtout ^ Nous n'avons pas un sentiment moins vif de notre liberté que de la certitude ; le défaut de liberté n'anéantirait pas moins pour nous Tordre moral que ne le ferait un doute universel. Nous devons donc rejeter comme fausse toute opinion sur l'organisation de l'homme qui tend à le mettre sous
' Il est facile de reno arquer que nous ne blâmons pas indistinctement toutes les théories des physionomistes, mais celles-là seulement qui sont nées du matérialisme, et qui blessent la liberté humaine ; nous ne les envisageons ici qu*à ce point de vue.
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îdO RémjlTZON PRIMITIVE
une dépendance des organes, incompatible a^ee la liberté.
On a voulu déterminer le caractère de Tbomme par sa physionomie ; sa capacité intellectaelle par le déve^loppement de son front; sesînclinations et aptitudes par certaines protubérances observées sur le crâne.
Nous ne contestons pas que les dispositions de l'âme, quand elles sont bien prononcées, ne se réfléchissent au dehors : c'est une suite naturelle de l'union de l'âme et du corps. La physionomie de l'homme révèle les pensées de son âme; ses yeux expriment, dans un langage plein de vivacité, les affections qui le préoccupent : là se peignent ]a douceur et la majesté, les passions qui l'agitent, comme les vertus, la candeur, l'innocence, qui rembellissent. Cependant on s'exposerait à de bien graves erreurs si on voulait toujours juger l'homme d'après cet extérieur, car souvent il est tout autre qu'il ne parait. L'expérience dit assez avec quelle circonspection nous devons apprécier les caractères, pour éviter des jugements téméraires.
Cette réserve ne doit pas être moins grande quand on veut mesurer, en quelque sorte, les aptitudes intellectuelles par la seule proéminence du front. On sait que dans les natures cultivées, l'angle facial est généralement plus développé que chez les peuples sauvages ; ce qui fait présumer qu'il y a ordinairement du rapport entre le développement de cette partie et celui des facultés intellectuelles. Mais ce rapport est-il facile à constater relativement à l'individu? Les phrénologues ont-ils jamais pu s'accorder dans leurs systèmes? Ces systèmes sont-ils autre