‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 75 sur 90 · LEÇON XXI · texte numérisé non relu

LEÇON XXI

itica fait annoncer an monde la venue dn HeMle ec la rédemption.

De tous les dogmes de la révélation primitive, celui qui intéressait davantage le monde était la rédemption ftiture par le Messie : il n'en est pas non plus sur le* quel Dieu ait plus éclaré les prophètes. A mesure qu'il se manifestait davantage à nos pères, par l'organe de ces hommes inspirés, il leur montrait, avec . un plus grand jour, l'ordre et la suite de ses desseins"^ pour notre salut. Nous voudrions pouvoir expliquer toutes ces prophéties, car elles sont admirablement propres à nous faire bénir Dieu, en nous montrant la suite de ses desseins miséricordieux, et comment il a préparé l'œuvre de notre salut ; nous dirons du moins, en premier lieu, celles de ces prophéties qui concernent la naissance, les souffrances et la mort du Messie; et, en second lieu, celles qui ont fixé les temps où devaient s'opérer ces mystères.

§ 1. — PROPHÉTIES RELATIVES A LA NAISSANCE, A LA VIE ET A LA MORT DU MESSIE

I. Abraham avait reçu la promesse que le Messie naîtrait de sa race : Jacob, sur son lit de mort, an-

AXSSQSXOBS^ DIT MBMB a&f

&O0ça que ]a tribu de Juda suhsùiterait jusqu'à, la voBua de ce Sauveur, a Lescapimue sortira pas de (( Juda, et.il y aura toujours des prâaeea de sa race, « jusqu'à ce que celui qui doit âîre envoyé vieuna; (c c'est lui qui est Taltente des natioas^ » Moisô rappela aux Juifs ces promesses» et il leur fit espérer qu'uB temps viendrait où Dieu, susciterait ce prophète par excellence, qui les conduirai! dans les voies^ du salut.

Quatre siècles après Moïse, David, roi et prophète, composa, d'admirables cantiques, qui se chantent encore dans toutes les langues. L'âme remplie des pmmesses fiâtes à ses pères, l'esprit éclairé de lumières suraiatupeUes, il célèbre dans ces cantiques la gloire du Messie, alors môme qu'il avait eu d'abord en vue son fils Salomon; car il est assez ordinaire aux pro- "^phètes de passer d'un objet à un autre, l'inspiration ne s'assujettissant pas aux règles ordinaires du disr coors. Dans le psaume lxxi, David se réjouit de l'exaltatiou de son flls^ur le trône^ et, à cette occasion, il prédit la gloire future de celui dont Salomon ne pouvait être que la figure, a II dominera d'une mer à « une autre mec, et jusqu'aux extrémtés de la terre. « Les habitants du déseVtse prosterneront à ses pieds. « Tous les rois Tadoreront, toutes les nations le ser- (( viront, il arracberale pauvre et le faible à la tyran- « nie du puissant. Oa priera par lui, on le bénira tout <( le jiQur;sonnomsubfiistaradansleâ siècles, il est « avant le soleil. Les nations de la terre le gloriûeront, a elles seront toutes bénies en lui. » Ailleurs, David

* Oenèse, zlix, lo.

360 RBVÉLATION MOSAÏQUE

dit ces paroles bien remarquables : « Le Seigneur a (( dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite Jus- « qu'à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de a marchepied; le Seigneur va faire sortir de Sion le « sceptre de votre autorité. Établissez votre empire « au milieu de vos ennemis, la principauté est avec (c vous; elle éclatera au jour de votre force, dans la « splendeur des saints. Je vous ai engendré avant « l'aurore. Le Seigneur l'a juré, il ne s'en repentira % 0 pas : vous êtes prêtre pour l'éternité, selon l'ordre a de Melchisédech, « Nous pourrions citer d'autres psaumes, rien n'étant aussi fréquent, dans ces divins cantiques, que l'annonce de celui qui devait donner la paix au monde et réconcilier l'homme pécheur avec Dieu. David nous le représente, opérant cette grande œuvre par ses souffrances et ses humiliations, il nous parle de ses pieds et de ses mains percés, et d'une"^ robe que ses gardes tireront au sort : il nous le représente ensuite dans son triomple, disant à son Père : « Je vous louerai. Seigneur, dans une assemblée nomu breuse : les extrémités de la terre se souviendront <( de vous et se convertiront. Tous les peuples Tado- « reront : au Seigneur appartient Tempire, et il ré- « gnera sur toutes les nations'. »

Mille ans devaient s'écouler encore avant la naissance du Messie, et Dieu continuait son œuvre.

A David succédèrent d'autres prophètes, dont la mission, tendant au même but, était de faire connaître les signes auxquels on pourrait discerner le Messie, et quelle serait l'œuvre qu'il consommerait sur la

' Psaume xxi, ?3 et 29.

ANNONCES BU MKSSIB 3'61

terre. Isaïe disait : « Il sortira un rejeton de la tige de H Jessé^ une fleur naîtra de sa racine, et l'Esprit du :i Seigneur se reposera sur lui : Esprit de sagesse et « d'intelligence, Esprit de conseil et de piété. Il se <f ceindra de la justice, et la loi lui servira de bau- « drier. Le loup habitera alors avec l'agneau, le léo- « pard se reposera auprès du chevreau, le lion et la « brebis demeureront ensemble, et un petit enfant les « conduira... En ce jour le rejeton de Jessé sera élevé H pour être l'étendard des peuples, les nations ac- « courront à lui, et son sépulcre sera glorieux ^ »

Ce qu'Isaïe attendait, il Ta vu de ce regard prophétique qui pénètre l'avenir et considère comme présent ce que Dieu doit opérer dans la suite des siècles. « Le n peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une « grande lumière; le jour s'est levé sur ceux qui haiu bitaient dans les ombres delà mort. Un petit enfant <f nous est né, un fils nous a été donné ; son nom est « l'Admirable, le Conseiller, Dieu, Fort, le Père des <( siècles à venir, le Prince de la Paix. Son empire ' <( s'étendra de plus en plus ; il s'assoira sur le trône <( de David ^ » Isaïe a vu aussi comment cet enfant opéreraitlesalut dumonde; et il est entré dans des détails si précis, qu'on le prendrait pour un historien, plutôt que pour un prophète. Tandis qu'il annonçait ainsi la naissance du Sauveur, ses abaissements ineffables et la conversion des peuples, un autre prophète marquait le lieu môme où il naîtrait : c'est le prophète Michée : « Et toi, Bethléem Bphrata, dit-il, tu es pe- « tite parmi les cités de Juda f De toi sortira celui qui

* Isaïe, XI, 1, a, 10.

s Isaïe, IX, 0, 7.

COURS d'instr. I.

362, -RssnsuiXiov vûau^B

a est I4 domimlm d'Israâ. Il demeurera ferme, et ' <( il paratira dans la £oree de Jébova son Dieu, et. il <( sera glorifié jusqu'aux extréouftés de la terre; e'ast (( lui qui est la paix ^ »

II. Gepeudaut, ni David, ni Isaie, ni weun? aatirei pro-. phète n'avait prédit l'époque précise où naitsait le^ Sauveur. Vdci à quelle oeo^on Dieu la ré«ék. Nausavoiffî vu le peuple juif réduit en eaptiviié par Nalmcbodonosor, 901 de Babylone, qtû piit et brûla la ville et le temple de Jérusalem, 4â6aBS4qpirès<|ueSaloiBon en avait j^tô Its fond&manta, et 58!» ana aidant l'ère chrétîBime. Ust demi^sièete ne s'était pâa. écoulé depuis- c«tj6 vouement, quâ Cjrua, prince de la nation des Perses^ s'empara de la superbe Bab^iofi^e, qui commença, dès lorS; à subir le: juste cb&timent de sa cruauté, à l'égard des autres nations,^ surtout à l'égard des Juifis. Bile n'était entne les mdn^ de Dieu qu'un -f instrument de justice, et, quand eile eut servi à ses desseiins, Dieu la détruisit pcr les maias du grand Gyrus,. que le prophète Isaïe avait appelé par son nom et dont il avait afiooacé las triampbe^, deux œnts ans avant sa naissmioe.

Peu de temps après r^eiutrée. de Qyms dans Babylone, Daniel, un des hommes les plu» pieux parmi Im Juifs de la captivité, Daniel priait, pour obtenir la délivrance de. son peuple. Peoidant qu'il était en priera, range Gabriel vint lui annoncer ima délivrance d'uoa tout autre importance. « Pendant ma prière, dit le « propbète, Gabriel, que j'avais vu dans une appari* <c tion^ vola tout d'un ooup vers moi, et il ma dit ..

' Michée, t, 2, 3, 5.

^ AXNOMCBS DIT MBSSIff 3413

« Daniel) je suis veniiinms doainâr rintelUgenee; 8oy«i « attentif à ma parole; Dieu a réchiit à soixa&teMlix « seioaiMs, powr le peuple et pour la viUe sainte» te it temps où la préraricatioa doit être abolie, où Viai- <( quité sera expiée, et la justice étem^te amenée aur « la terre; alors le Sràit des saints s^ra oinU Sachez « donc et remarquez-le tà&i : depuis l'ordre donné de « rebâtir Jérusalem jusqu'au Messie, il y aura sept ce semaines et soixante-cteus: semaines, ed les plaeea « et les a»iraille»seroQl rétablies de nouveau dans des « temps ilcbeux. Après les soixante-^deux semaines^ « le Messie sera mis à mort; le peuple qui le renon* « eera ne sera plus son peuple. Il viendra un peuple « sous la conduite d'un chef qui détruira la TiÛe al le « sasetuaire^ il j aura une grande désolation. U ccm*- ^ Armera son £dliance avec plusieurs dans unese*^ « maine, et dans la moitié de la semaine, il fera cesser « i'oblation et le sacrifice. L'abomination de la déso- (c lation sera dans le temple, ei la désolation s'étendra « jusqo^À une mine entière ^ »

Cette prophétie s'accorde amec celte de Jacoh, en ce qu'eite déclare qu'après la mort dki Mettre le peuple juif sera dispersé, le temple miné> et la nation perdue : elle nous dit de plus, d^une manière très*ft>r« meUe, que tout ceci aura lieu après soixante-dix se* maines, à dater du jour où l'ordre sera donné de rebâtir Jérusalem.

Pour rimteHigence de ces paroles, il lEaut ae souvenir que lee Juilli avaient deux sortes de semaines : des semwiee de jours, terminées par le sabbat, et des

' Daniel, ix, 24, 25, se, «7.

semaines d'années également terminées par une année de repos ou année sabbatique, pendant laquelle les terres devaient demeurer sans culture et les dettes étaient remises. Ici, Daniel ne parle pas d'une se* maine de jours, puisque ce n'est pas dans un si court espace que devaient se consommer les événements dont il parie ; il ne peut âtre question que de semaines d*atinées, lesquelles forment 490 ans. Voici maintenant le point de départ. Cyrus publia d'abord un édit pour rendre aux Juifs leur liberté, et leur permettre de rebâtir le temple. Plusieurs fomilles partirent alors sous la conduite de Zorobabel, et on entreprit aussitôt de rebâtir le temple; mais on éprouva de grandes diffiimllés de la part des Samaritains et d'autres peuples voisins. Ces difficultés, jointes à la malveillance des gouverneurs, Cirent suspendre les travaux tout 1^ temps que vécut Cyrus. Les Juifs ne réussirent pas mieux sous les premiers successeurs de Cyrus, Cambise, Smerdis et Xerxès; mais Artaxerxe Longue- Main, (ils de Xerxès, donna, la vingtième année de son règne, un nouvel édit par lequel il autorisait Néhéiiiie et Ësdras à rebâtir la ville et les murs de Jérusalem. D'après lé calcul des plus savants critiques, cet édit, daté de la vingtième année d'Artaxerxe ou d'Assuérus, fut donr."^ l'an 454 avant l'ère chrétienne; alors commencèrent donc les soixante-dix semaines prédites par Daniel *.

Kpoque mémorable sous tous les rapports! lies Juifs retournent à Jérusalem; Ësdras et Nébémie s appli({uent à réformer les abus qu'une longue cap-

* Dnfuurt mr Vhiiioire univêrteilet I'* part., 8« époque; II* part» ch. IX.

ANN(»(CBS DU MBSSIE 365

tivité avait introduits; les murs de la ville sainte se relèvent, et dans son enceinte le peuple a la cons<»]ation de revoir le temple, d'offrir de nouveau à la gloire de Dieu les sacrifices prescrits par la loi. Alors aussi Dieu, qui allait faire cesser les prophètes, inspire Zacharie, Aggée et Malachie, qui rappellent toutes les promesses et annoncent le Messie à venir. Aggée voit les vieillards pleurer au souvenir du premier temple, parce que le second ne lui était pas comparable en magnificence: il les console en les assurant que le nouveau temple, tout inférieur qu'il était à celui de Salomon, sera glorifié, parce que le Désiré des nations l'honorera de sa présence*. Malachie, enfin, montre, dans un temps peu éloigné, une victime auguste; victime toute pure, qui sera substituée aux hosties de la loi, et offerte sur tous les f"points du monde, depuis le lever du soleil jusqu'au couchant. Geiie victime est l'ange de l'alliance, après lequel soupiraient les enfants de Dieu, depuis le commencement du monde : J'envoie mon ange^ dit le Sei^^ gneuvy pour me préparer k$ voies^ et vous allez voir arri* ver dans son temple le Seigneur que vous cherchez ^ et l'ange de r alliance que vous désirez *.

Quelque précises que soient ces prophéties pour déterminer le caractère distinctif du Messie et l'époque de sa venue dans le monde, les Juifs s'efforcent d/en éluder le sens, et quelques écrivains philosophes, tout en se disant chrétiens, se donnent une peine infinie pour ôter à ces prédictions, comme aux faits mi* raculeux consignés dans les Écritures, l'apparence

• Aggée, II, 8, 9.

' Malachie, m, l, 2.

306 ssfiiATsoN veaàWuE

fluêine du sumaturd. Mais*iBii let Jaife laMtomes, ni tas phiie^phes ne nous lorottl atexkdcmiker dee témotgBBges aussi positif^, qu'il a plu à Bien dé nous donner, sur l'œuvre qu'il dorait aecomplir dans la Mite 46$ temps* Il est un fiait que les pmari&rs ne «onlesteront pas:^'est que leurs ancêtres «lui véeurettt avant Jésu3<3n»sty et ceux «^sne qui Vmé^u ésM les prefttiers siècles de Tèrt cfaréttenne^ wtendRîent unanimement oes pro^^ties dans le sens que iKniSleur dennons ; c'est «insi que lesavaî^itinter- {mitées, entre autresy les vidUards ehoisis, à cause âe leur safg«8se et M leur inteliigenee des Écritures, pour faire la ^raon des livres samts, deux ou trois iMurfes aiMiBft Jésus^Ghrist. Or, peui^on se flatter jewc quelque vraraeviblaKiee de mieux ixmiprendffe aujourd'hui les tesUès sacrés qu'on ne toeeotnfirenaiÉà eetie époque, où la langue hâMra^ue était mieux eoimue, 4P époque où les traditions explioaittTOsdesiute^héties étaient eneore toutes vivantes au seni de la nafiMu, époque, enfin, où nul événement n'était sarmsu ifiâ peu détmimer les esprits du sens natusei des Éezitares pour les jeter dans l'esprit de s;^tèflie? Que ceux qui n'ont pas eu le bonheur de recenni^re le Mes^ promis dans la personne de Jésus-^Ohnst» s^effoi^eent de donner aux Écritures une interpréÂalion inouïe ataort eux, c'eiA naturel; mais 1^ Juifs an:^ 4Jens n'étalent pas exposés aux mêmes tmitations, et ils étaient d'ailleu» plus en état de bien comprendre les textes ées Éeriiures.

Cette €t)Servation est ausisni concluante qu'elle est simple. Nous pouvons Topposer avec une égale confiance à tous ces interprètes rationalistes des Écri-

tefes qui, pouma pas y trouver du s«^niat«»«l, veulent tat^t eorpliqu^r pâ»> l«s figures hardies du style ^iitique et l'enthousiasme poétique des prophètes. Ite nous disent que nous n'avons pas un recueil ée prophéties sur les temps à venir, que les prophètes ne portent que d'évéfîements naiwrels pa«îés dfe leur tenipô, ou qu'il élaft fiiciJe de prévoir, évélïetasiente qtii^PftûdissHieat sous leur plufiOfe, parîft»inï8{Çe8'brïllani^es dotit ils les revêtaient.

Otïand on est éécfdié àiie rien cNjilfe de ce qm sort de l'brdfe commtr»; quand, par esprit de sy^ème, m veut tout expliquer nalwellement dans tes Écritures, il est facile de faillie ^des objectioDS et de s^tner des doutes sur tes ohos^s les plus cer^nes; alors on dégage les faits des leireonstances, on disât&mle même ^ une partie de ces faits, et on les présente sous un feux Jour. Rien ne tiendrait ornière ^a^ par^lie isiétiiode. Mais cens: qui cherchent la vérité 4MB la simplicité de leur cœur ne procèdeiit pas ainsi. <ltfoo Hse atlentifement et sérieusement les prophètes^ que Ton ^Ofisulïe la ^adition qui nous e transmis, avec leurs paroles, le sens dans lequel elles ont toujours été enteuâues; entn que l'on s'adresse à Dieu avec simplicité de cœur pour lui demander Fintell^enoe de son 4gBCvre : nousmedésirons riea de plus pour celui qui «émit tenté de «se laisser séduire par ces vamssystiènies. Les prophètes lui apparaîtront alors teliement supérieurs au reste des hommes, qu'il ne o<»ncevra même pas que l'on ait jamais^eu l'idée d'établir un parallèle entre eux et ceux que Tas^iquité profane a considérés com^me inspirés par l'eiMoainastûe ou par le souffle des fiausses divinités. Cétaicaïl 'effective-

368 EEVÉLATION MOSAÏQUE ^

ment des hommes tout divins par l'éminente sainteté de leur vie et par Téclat de leurs œuvres, autant que par les lumières extraordinaires qu'ils avaient sur l'avenir.

Ce coup d'œil qui perce le voile qui nous cache, à nous mortels, le secret des siècles, ne pouvait être dans les prophètes qu'une illumination descendue d'en haut. Us annonçaient très-fréquemment aux Jui& des événements relatifs à l'état de leur société ou à la situation des peuples voisins; ces annonces, toujours vérifiées avec une rigoureuse précision, devaient inspirer une pleine assurance sur l'accomplissement futur des prophéties qui concernaient le Messie. Ce n'étaient point d'ailleurs des conjectures ; ce n'étaient pas de ces énigmes, ni de ces oracles équivoques, qui se prêtent à tout événement. Non : les prophètes ne parlaient pas ainsi au nom de Dieu; ils exposaient, ^ comme s'ils les eussent vus de leurs yeux/ les événements qu'ils étaient chargés d'annoncer.

On a remarqué qne souvent les prédictions sont mêlées au récit de faits purement naturels; mais, très-souvent aussi, les.prophètes prédisent les événements relatifs au Messie, sans nul rapport à d'aut'-'^s faits. Nous en avons cité de nombreux exemples ; c'était même le cas le plus ordinaire. Après tout, que . nous importe à quel moment ou à quelle occasion ^ prophète s'est élevé par l'esprit de Dieu à la connais-sance de l'avenir? Nous appartient-il de dicter au Saint-Esprit l'ordre selon lequel il doit inspirer ses prophètes? Certes, quand je considère que tout, dans les temps anciens, surtout dans le peuple juif, était une préparation à l'œuvre par excellence de la Rédemp-

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