‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 77 sur 90 · VENUE DE JÉSUS-CHRIST : SON CARACTÈRE · texte numérisé non relu

VENUE DE JÉSUS-CHRIST : SON CARACTÈRE

les hommes, et c'est là sans doute une des fonctions qui lui sont le plus souvent attribuées dans les livres saints; Jésus-Christ s'annonce, en mille circonstances, comme le juge souverain, le juge unique de tous les hommes, celui qui doit prononcer sur leur sort éternel avec une autorité absolue,^qui rendra à chacun selon ses œuvres, et qui, à la fin des jours, pour procéder à un jugement public et solennel, apparaîtra, dans un état de gloire et de majesté, accompagné de tous les anges comme de ses serviteurs.

S'il enseigne sa doctrine aux hommes, il parle d'une

manière souveraine et absolue. En proposant aux

hommes cette loi qui devait accomplir la loi ancienne

et la conduire à la perfection, il ne le fait pas comme

les scribes et les pharisiens, qui ne s'appuyaient que

^ur le texte de Moise, ni comme les prophètes, qui en

déféraient sans cesse à la loi; il parle comme ayant

puissance; il détruit en quelques mots les traditions

de la Synagogue, en ce qu'elles ont de contraire à la

parole de Dieu; il ajoute de nouveaux préceptes aux

préceptes iaits à l'ancien peuple; il les impose au

genre humain tout entier. Législateur des bommeFi

F ilne dicte pas, comme Moïse, ses lois au nom de Dieu ;

il parle en son nom propre, et, comparant ses ensei-

^ gnements à ceux que Dieu avait donnés au peuple

^ hébreu, il s'égale à lui, en disant à plusieurs re-

'!' prises : Et moi je vota dU.

^ Il annonce et dévoile aux hommes les secrets de

)(' l'avenir; mais il n'attend pas, comme les prophètes,

il' les moments de l'inspiration divine. Il parle des événements futurs comme de ce qui se passe sous ses '

jîsi yeux, et c'est par occasion qu'il en développe les mys-

3SS RÉVBLATIOK CHKBrmâTNS g

tères» Rieii ne lui est eaché : il pénètre le secret dm ecBuns^ qai n'est eonnu ^e et Dieu, d'après les saintes Écritures. Et, pour qu'on ne soupçonne pas cpoB c'est une science empruntée, et cpi'il ne possède pas en propre, il dédare non-^seuleiuent opi'il est la tamière du monde, cf^'il est la sagesse de Dieu qui enipoie les prophètes, a^ais encore, ce que n'a janaôs osé dire Torgurtl humain dans l'exoès de sa étaienoe, qu'il eai Im vérité et la ^ie*.

Alors même que JésasoCbrist n^en eût pas dit dalantage, noua eossicms dA cenclure de ces par(de& qu'il est ▼éritablecaent Die«, puisqu^l a*attribue les opératiotts, les attributs esBsntiels ot les droits aupr6mes de Dieu« Mate il ne se borne pas à ces premtàves manifestations, il se donne dans les termes les plus ex-* plicites pour le fïl$ de Dieu. Il ne s'iagplt nullement ioi ^ de cette filtatioQ adoptive, qui nous autorise tous à nous dire les enfents de Dieu. Cest un titre qui lui est propre, qu'il ne partage «Tec personne; il se dit le Fiit unique de Dieu^ et, poa:r ne nous laisser aucun doat» à cet égard, il nous habitue par son enseignement h le considérer comme égal à son Père, comme ayant une même nature, une même puissanee avec luî« Mm Père et moi $omwe$ «m,.. Tout ee que mon fiert a, eei è moi.,, le Père a iù vie en lui-mêtne^ h Fils a aussi ia vie en lui-mim^,.. Père^ ghrifiez-moi de eeéte gloire que f avais avec vous, avant que le mendè existât^.

Jésus^brM réitère^eetteaffirmalton ctems tes circonstances, les plus solennelles, en présence des prêtres

^ Hktoire du dogma esikoUque^ farn: U^ OiaguluUc, tome II» liv. VIT, chap. ii.

' S. Jean, 9r., cil. n, M.

éi (les magîstralBv quanâ U' esl^ traduit éèymX wju « Le» sénatevrs, les prisi]ee& des prêtres et les serii^es^ « s'assembler entf et. Tayaut £»t venir dans leur ecmr « seil, ils lui dfocuit : Si vousètes le Gbrtat» ditoSrQtûUA- « le? Il teUT lépendil : Si je.\&a» le dis, vouft ne me (f croirez pas; mais déaQroiaî6 leFilB de 1- hamme sera (( assis à ]a droite de la puiasai^ee de Dieu* Alors ite <( InsisIèreBi: ¥ouft êtes donc le Fils de Dieu? U leur (( répoadit :.Vqu$ U 'dite^ je h suù. Us s^âeriicent aus- « sitôt : Qu'avonfi-iuHia besoin de témoins, puisque « nous rêvons entendu nous-mêmes de sa propre « bouche*? » Conduit devant legraûd prôtte et accusé de Touloir se faire passer poiur lie Fils de IKeu,. Jésus-Christ gaule le sitenee^ (c Le grand pràtse Tadr « jure au nom du Dieu nvant de déclareir s'il est (( réellemeat le Christ, le Fils de I>ieu. Jésus ràpond : ^l^ow favea dit; je vous déclare de plus que vous verrezk « Fils de l'homme assis à la droite de la vertu de Dteu^f et (( venamt sttr les nuées dacieL A oes* aiiOfts». k* grand prê- (( tre déchire ses rêterments en disimt : lia tdaftphémé, « yoms venez, de l'enAendre ; q|ue yetus ea semble? et « tous pépondîrent : Il a mérité la mort \ »>-

Certes, ai JéBus>4]ihnt8t n'était pas I>ie«ft,, il aurait commis un grand crime et envers la majesté suprême et envers les hommes,, puisqu'il aurait voulu s'attri-r buer par ses discours la natiMre divine, ee qui est la crime le plus impaitlonnable doat une opéature puisai: se rendre coupable. Venu dsms un temps oùTuniverai était plongé dans le polythéisme, il devût prêcher l'ur nité de Dieu, et ériter, avec un soin serupuleois, toute

Évang. de S. Luc, ch. xxii, 66 et suiv. Évang. de S. Matthieu, ch. xxvi, 63 et suiv.

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parole qui fût propre à favoriser Terreur. GependantS déclare qu'il est Dieu^ comme son Père. Quand les Juifs, scandalisés de ses discours, les lui reprochent comme un blasphème et veulent le lapider, parce que, . lui disent-ils, étant homme^ vous vous faite» Dieu; quand plus tard ils veulent le faire condamner à mort par Tautorité publique pour le punir de ce sacril^e attentat contre l'unité divine, il ne dit pas un mot pour leur faire entendre qu'ils ont mal interprété sa pensée, et qu'il n'a pas la prétention de s'égaler à Dieu. Alors que le grand prêtre l'adjure au nonrde ce qu'il y a de plus sacré, de dire s'il est réellement le Christ, Fils du Dieu vivant, à ce moment solennel où il devait faire la déclaration la plus nette pour rendre gloire au Très-Haut, pour ôler toute équivoque et éclairer les hommes sur un point d'une si grave importance, il répond qu'il est vraiment lepj^ de Dieu....

Ses disciples le crurent: souvent ils protestèrent que lui seul avait les paroles de la vie éternelle; qu'il était le Messie promis par les prophètes, le Fils de Dieu, le Sauveur des hommes. L'évangéliste saint Jean lui applique le passage où Isaïe représente, sous des traits magnifiques, la gloire du Dieu d'Israël, et il ajoute : haïe a ainsi parlé quand il a mi sa gloire et qu'il a parlé de lui^. L'apôtre saint Paul enseigne que tout a été créé par lui^ dans le ciel et sur la terre^ les choses visibles et invisibles; tout a été créé par lui et en lui : il est avant tout^ et toutes choses subsistent en lui. Il est^ ditil ailleurs, le Dieu béni au-dessus de tout dans les siècles.

^ S. Jean, xii, 41.

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Et, dans une autre épttre, il relève la profonde humilité de Notre Seigneur en nous faisant observer que, hndis qu'il était dans la fovme^ c'esl-à-dire dans la nature de Dieu, et qu'il ne regardait pm comme une usurpation d'être égal à Dieu^ il s'est néanmoins anéanti jus^ qu'à prendre la forme ou la nature de serviteur... en lui habite cor/torellement la plénitude de la divinité^.

Il est donc bien vrai que Jésus -Christ s'esl annoncé au monde comme le Fils unique de Dieu et le Messie promis dès l'origine aux premiers hommes. Ce n'est point une doctrine élaborée par une suite d^études, qui ne sesoit formée qu'avec le temps et n'ait reçu sa dernière forme, dans la société chrétienne, que trois siècles aprè» la venue du Souveur, comme l'ont imaginé certains incrédules. L'Évangile, les Itptlres des fôtres, sont des monuments authentiques de cette 3yance au berceau du Christianisme; depuis que les premiers fidèles l'ont reçue de la bouche même du Seigneur, et qu'elle leur a été enseignée par ses disciples immédiats, elle n'a jamais varié parmi nous.

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