‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 80 sur 90 · MIRACLES DB JBSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

MIRACLES DB JBSUS-CHRIST

« prophètes ont anaoncé aura son accomplissement : « le Fils de THomme sera livré à ses ennemis, qui lui « cracheront au visage, le flagelleront, et le mettront (( à mort; mais le troisième jour il ressuscitera. »

II. La résurrection de Jésus-Christ devait mettre le sceau à tous les autres miracles et donner aux hommes l^ preuve la plus éclatante de sa divinité* Un jour, pressé parles demandes du peuple qui désirait voir un nouveau prodige, il dit : « Cette génération incrédule u demande un signe ; il ne lui en sera pas donné d'au- (( tre que celui du prophète Jonas : comme Jonas est « demeuré trois jours dans le corps d*un poisson, <( ainsi le Fils de l'Homme demeurera trois jours et « trois nuits dans le sein de la terre \ » Dans une autre circonstance, il dit aux Juifs, en leur pariant de m corps : « Détruisez ce temple, et dans trois jours ^je le réédiflerai ^ » Souvent il donna les mêmes assurances, représentant toujours sa résurrection future d'entre les morts, comme le signe authentique de sa oiission. Nous allons voir comment se réalisèrent ces promesses.

Les Juifs, pour obtenir une condamnation à mort contre Jésus-Christ, l'accusèrent de s'être fait Fils de Dieu, et d'avoir manqué de respect au temple ; mais, conaaie ces crimes prétendus touchaient peu le gouverneur romain, ils changèrent le plan de l'accusation, et ils prétendirent que Jésus-Christ avait voulu se faire roi au préjudice de César, et empêcher le peuple de payer le tribut. Au milieu des cris confus, des injures, des blasphèmes, il garda un silence modeste et

* Évaog. ée S. MM^hieu, xii, so.

s Évang'. de S. Jeaa, ii, 19.

402 KÉVéLATlOW cmsmRfffB

magnmime, e^ il m IiiisM cendattHaer. Nobb ne re(fi> rons p«s îés twccnstaîices de sa moft, que perooime n^gnore ; mais ce qu'il ne fent |w» omettre, c'est la douceur îïmïrér&ble du Sauteur, sa chanté pour eeax même qtri fiwitmgeiït, laeKgriitéqu'il montre daesses douleurtr. On a tù de» philosophes mourir ave^ ealme, on a w dtes justes soaffHr arec tine pîeusfe résignarticm; Jésus^Christ meurticomme i!'«0n^fent' au PilJS^Bfiqne de Dieu. M n'est pas moins grand sur la croix, où il souffre et ofc fliie demeure attaché que parce qu'Aie veut, qu'il ne l'était quand il commandait avec empire aux flots delararer; il se inontr^ tiSrojours le Fils unique de Dieu.

Qtiaiïd il flit déposé de la croix et placé dans un séptdcre, ses ennemis' demandèrent au gt^uvemeur romain qu^l iît garder le Cforps pardtes soldats etq\fiL permît que l'on apposât d^ sceaux sur la pierre cfpf fermait îe tombeau , de peur que les Apètres ne vinssent l'enlever furtivement. Dieu perttoettait 4out ceci pour rendre plus manifeste le miracle qui aidait s'opérer : c'était le vendredi soir. Le dimaneh« matin, dé pieuses femmes se rendirent au sépulcre; les disciples, entre arutres Pierre et Jean, yailèrent aussi, lorsique> à leur grande surprise, ils apérçfiri6»it \a pierre renversée, un ange vêtu de blanc assis à oWé, et les linges qui avaient servi" à la sépulture mH ensemble dans un môme lieu. L'ange îéw dit : cf Ne craignez pas, tous cherchez J^sto de Na«aré(h, ii n'est plus ici ; il est ressuscité comme il î'avâit prédit*. » Jésus apparut lui-même, d*ôb©rt 'à Itagde-

1 Notre-Seigneur avait prédît qu'il rê»Stt«citerrft- le 49*^i96hne jour ou après le troUième jour; car les 'évAngétiMeS S0 servait in-

MttàCfiSS MB JmdB^CHRlffr 403

lekM, Mifittile.à Piaive elàqti^iquds aoDres^îBtijpiefi. Ces apparilioiifi se firent duas tes eifeoofctncai lias plEis firo^es à b0iis coovaiiKsraée la TéaUté d» lairé* sttrreotion. Les saintes iemaMS, dont parié rÉva&gUe et les dfficiples du Sauveur étaiest rlonitiéii dans ttne sorte d'incrédulité, ou du moins ils avaient perdu Tîntelligenee das parotaa da ieurdivki Iflaitre. Marie- Magdeleineet ses eoo^^agnws élmeAt ni pm préoœupé68 ée lièéa que Jésus - Ohriat reasuscÉterait la trainèmejcior, que, ae mêmej(mr, ^Ites-se rendaient (ia grand floatin au tombeau pom eaibauiaer son oârpa« et etlsB aa demandaient Time è Faatre : « Qui a nous ^teea k pierj^^ de devant le sépulcte ^» G^était le aeisl objet de leur seilicrtude ; elles ne savaient pas

différemment de ces deux etpressions, qni ont le même sens dans Je stylB de l'Éoritape. L'accompiissemeût de «ôtte propbétie ne 4i d9TBiand«it pa^t£ ce fût Bpf^ès trois jowrs \»ieinein€nliéviâu8 que s'effectuât la résurrection, il suffisait que lie tr<4sième>our fûtau moins commencé. Notre-Seigneur était mort le vendredi, il était rttsté dans le tombean tout te samedi, il en sortit le dimanche iD«tij2« quand le Jour éuit d^ commeseé. li «q «ortit par sa propre vertu, sans déplacer la pierre qui couvrait la porte du sépulcre^ les gardés purent ne pas s*en apercevoir. Ce qui causa leur frsfÊur pe« de tem^ «près, «e fut te trcmMatteat de terre qui eut lieu et Tapparitian da l'ange, qm renversn Ja pierre et s*assît dessus. (Évang. de S. Matthieu, xxyiii, 2.)

Re^^etHis de leur frayeur, ces gardes s*Birfuireiit e?t rapportèrent aoK pmifiveA des Joifi ee qui était arnvé ; maiifi cenK-tt ienr donnèrent de 4'argent pour les engager à n'en pas panier, et à dire que, pendant qu'ils dormaient, les disciples de Jésus avaient enlevé te corps de leur MaTtore. C'était une imposture Hdiccile: s'ils dornaaient, oomoient savAient^its ce -qui s'était paâsé peadant leur somoieil 7 D'ailleurs, était-il à «upposer que les disciples, qui deux jours aruparavant, quand leur Maître vivait encore, Tavaient abandonné ou trahi au premier danger, fnsseet veniis, qmand ils le savaient mort, au milieu des gardes armés; qu'ils eussent déplacé et roulé une pierre énorme, pénétré dans le sépulcre, enlevé le corps, sans qu'un seul de ces gardes fût réveillé par le bruit?

404 REYÂLATION CHRBTIBNNB

qu'on avait mis des gardes au lombeau. QaaiKl elles eurent vu le sépulcre ouvert et qu'elles n'y eurent plus trouvé le corps du Sauveur, elles s'imaginèrent que quelqu'un l'avait enlevé et caché quelque part dans les environs, ce qui leur fit verser beaucoup de larmes *.

Le même jour, sur le soir, deux des disciples s'en allaient à Ëmmaûs, village éloigné de Jérusalem de deux lieues environ, et ils s'entretenaient ensemble de ce qui venait de se passer à la mort de Jésus* Christ. Jésus s'approcha, et il se joignit à eux sans qu'ils le reconnussent. Il le&r demanda le sujet de leur conversation et le motif de leur tristesse. « Quoi ! « lui répondit l'un d'eux, seriez-vous le seul étranger « à Jérusalem, qui ne sachiez pas ce qui s'y est passé « ces derniers jours; ce que l'on a fait contre Jésus « de Nazareth qui était un prophète puissant en œu-^ « vres et en paroles, et comment les princes des fc prêtres et les magistrats l'ont fait condamner à « mort? Nous espérions que ce serait lui qui rachète- « rait Israël, et cependant, après tout cela, voici déjà « le troisième jour que ces choses sont arrivées. A la a vérité, quelques femmes de celles qui étaient avec « nous nous ont fort étonnés; car, étant allées dès « l'aurore au sépulcre et n'ayant pas trouvé son corps, « elles sont venues nous dire qu*elles avaient eu une « apparition d*anges qui disent qu'il est vivant. Quelle ques-uns des nôtres sont allés au sépulcre, et ils « ont trouvé tout comme les femmes avaient dit; mais « pour lui, ils ne Font pas trouvé. » Jésus leur repro-

* Évang. de S. Jean, zx, 13-15.

MIRAOIfES DE JESUS-CHRIST 405

^ba alors la difQcuIté qu'ils avaient à eroire à ce que les prophètes araieût annoncé ; il leur expliqua en détail les Écritures; il entra en^^uite dans Ëaimaûs, se mit à table avec eux, rompit le pain et le leur distribua. Ace moment, dit rÈvàngéliste, leurs yeux furent ouverts, et ils reconnurent le Sauveur, qui disparut aussitôt de devant leurs jeux. Ces deux disciples n'eurent ri^n de plus pressé que de retourner à Jérusalem pour raconter aux Apôtres ce qui venait de leur arriver ; mais tous ne les crurent pas.

Jésus', qui avait apparu séparément à piqsieurs disciples, entra dans une salle, où les onze Apôtres s'étaient réunis et renfermés pour se souatraire à la poursuite des Juif^ ; il leur dit : La paix soit avec vous. Une autre fois, pour dissiper leurs doutes et les mieux convaincre de sa présence, il leur montra

j^es pieds et ses mains, ses blessures, la cicatrice de son côté, qui avait été ouvert sur la croix par un cpup de lance. Il voulut donner cette preuve de sa résurrection à l'un de ses disciples qui avait témoigné moins de dispositions à le croire. Nous lisons dans rÉvangile que, lors des premières apparitions de JésuSrChrist à ses Apôtres, après sa résurrection, Thomas ne s'étant pas trouvé avec eux au moment où ils avaient vu le Sauveur, il neputse résoudre à croire ce qu'on lui en disait ; il protesta qu'à moins de le voir lui-même de ses propres yeux, et de toucher de ses mains les cicatrices de ses plaies, il ne le croirait pas ressuscité. Quelques jours s'étaient à peine écoulés, qu'une nouvelle apparition eut lieu. Les Apôtrès étaient encore réunis et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, il se mit au milieu d'eux^ leur doima

sa paix, et il dite Thomas : Appràekez ^ottemùtnet Umehet me$ plaies ; mettez votre ioigi dans -ta cwainee de mon céîêtt ne soyez plus incréduk, mais soyez fiièk, Sq ce TDomeiit, tons les doutes s'évanouissent; Thomas se prostenie anx pieds de Jésiis-ChRst et il fadore, sa lui disant : Vom iks rmm Seigneur et mon Dieu "*,

C^st le cri de' la conseîeiice; en ne peut pas raiseih nablement reftfser de eréire à des ftitis aussi maaifestes. Thomas crait'â ^tts^hffst, pafce^que^eses propres yeux il loToit pleîa deTie; les autres Apôtres qtà: avaient été inerédtâes iMMifxie Thomas, cm du moins f6rt incertains, «nrt été également convaincus, et ienr convictien a été teMe, t^u^ils ont tout sacrifié, et qu'ils sont moft& pour a»B«f'ef la fésurrecfîon de leftrr maître. T<o«s, sur la parole de ces témoins si dignes de foi, nouscrOTOns auxtaiTOdes, nous^eroTsns à la' résurrection. 1

Qmiconque crcStàfe réalité de f«s*faîtS'évabgéBqnes croit à la divinité «de Jésus-€hrist. Il ne i^agit pas ici de théories abstraites, prises ^en debers de Thonnne, et sanff nulle application à sa nature. L'homme tel qu'il est, s'H ne suit que les inspirations de son eœur et la lumière qui rédaire, ne sera4*il pas nntweBemwt porté à reconnaître Tactien de Dieu daM les faitS' que nons avons exposés? Quand il voit Jésosdkristcomaianderateeantelempireà la nature, qu'i sa voix les tempfitesâ'àpaisetit, les malacUes dispams* sent, les tombeaux rendent ïeurs morts; quand iF le cmitemple sortant tm-^aêine vietvriaus dtr Bépcdere où Qoa Tavait déposé, peul^-fl, sans foîire violmee à h

' Évang. d6 S. Jean, xx, n, 2«.

rectttod» Dirtweiito itoMn esfril, «me^nreir là qiietleB eofiMftafaHini; fbrtm^s, des je«vx du èasvrd, o«i T^aSM 4e (^•}<fae9'reœot4»«ee4>éte'qiie d'ariEtPM koaifiie&turaiêirt mi» en^svfre? De t«l$ prodiges, jfotet)^ à une tie «pure, etcoim)Mfés pav an pmdége jitcwéelBlMt, ptria réBtirre<!itk^yBMt»ce dcmc dee^évéfieiiievtâi^'^ Mit {^Mflfcte ,d'«nrÉbfier à «ne ^tetMt jMmmrW^... Moft...; ou i f^amémé qm Dieu, en ]»en)eti»At4eiMs éféDMMint^ a vMi«i nous iftdsire ein ^nstir^ ee^éfoL MtàmariBf (Ui il fattt conynmh K!flB}ési3m^<ikm!^%9i Siaiu

§ ^. — A0COB«>USSBMENT DBS PRORHBTIB8 EN NOTRE-SEXfîNKUR JÉSUS-CHRIST,

Les mîraèles que nous ermm rappot%isii& pwwent dire ffote lV3BVivr>edè€eiui qui éettMe 9»r leiMtide, dDfit H loanitteiit M dont tt Auspend les lois potr le seul a^te ée sa ' volcnrté el peur te réaKsall« <te ses éesh seim. Lee $ropl»élies ^év^telit une «eagedse et une seienee drrkie, qui 'voit âans VmemtmixnBÊè'ésmle présent, et qui aia&ifbsle^^tttuaâ îMmfllalt, eèé mettes dasBeins qd'élle Teut ^tceomplit» diins -IH wUe des temps. CT^edt toujours un^téiB^rptage poÉNiKile l'xntervention immédiate de Dieu : elle ne paraît p«s avec im moindre éclal dans les «annenees prophétîqu<eB que dans les tBirades.

Un wprH'éelairë ne petftt»nsi*érerFac«ottï|âis8ement des prophéties: retfiilrfes à Jëflus^lii*isl isans y trwiTwunepiifcuve^léeirtPfe de la dMiiiléîdto «Oîlitisliaonstne. Rappelons-now, en effeft, t^ queDien afaH prédire plusieurs siècles avant la venue de Notre-Seigneur; rapprochons de ces aniiDHceff prophétiques ce

408 BBTKLATiaN CHRBTIBNNB

que l'Évangile n<Mis a dit de sa peraonoe et de ses œu- Yjces, et nous demeurerons coovaiaeos. Il est certam que, conformément aux traditions de leurs pères, les Juifs attendaient le Messie à l'époque même où Jésus- Christ a paru. Depuis bien des siècles il était attendu; mais, quelque besoin que les hommes éprouvassent de sa venue, quelque extraordinaires que fussent les personnages que Dieu avait suscités, de temps à autre, pour délivrer la nation du joug de ses enneaiis, jamais ces envoyés, malgré l'éclat de leurs œuvres et de leurs vertus, ne passèrent pour le Messie promis à Abraham, tandis qu'au siècle dont nous parlons les pensées se tournaient de ce c6té, et tout homme extraordinaire passait dans l'esprit des Juifs pour être le Messie. Ils avaient eu cette idée de Jean-Baptiste. La femme samaritaine dit à Jésus- Christ : Je sais que k Même ett sur le point de paraître ; lors donc quil sera venu, il nou$ apprendra touies^ choses ^ Cette persuasion générale favorisa les entreprises audacieuses de plusieurs Juifs, qui se firent suivre d'ime multitude, en se disant le Messie, et on peut dire que ce furent eux qui attirèrent les derniers malheurs sur leur nation par les fréquentes révoltes qu'ils occasionnèrent contre les Romains.

Le Messie devait naître d'une Yierga; Bethléem avait été désigné pour le lieu de sa naissance. Il devait venir quand le sceptre serait sorti de Juda, c'està-dire que le peuple juif aurait perdu le droit de se gouverner par ses propres lois, sous la direction de ses chefs naturels : il fallait néanmoins que cç peuple

* Èvmg. de S. Jean, nr, <5.

ilCCOlfPUSSBMBNT PB8 PEOPHETiES 409

I sobsislât encore, avec la diatiadion de ses tribus, afin

I que loQ pût s'assurer que le Meissie était issu de la

1 tribu de Juda; il flgiUait que le temple fût encore de-

s bout, puisque les prophètes avaient annoncé qu'il

i honorerait ce temple de sa présence. A sa. parole, les

i nations idolâtres devaient se convertir et renoncer à

: leurs superstitions pour se soumettre à sa loi, car Isaïe

i avait dit : « Il viendra un temps où la maison du Sei-

s « gneurserabÂtie sur une haute montagne et s*élèvera

; « au-dessus des collines : les nations y viendront en

r « foule, se disant les unes aux autres : Allons à la

i a montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de

r « Jacob ; il nous enseignera ses voies, et nous mar-

: « cherons dans ses sentiers. Alors la loi sortira de

d « Sion, et la parole du Seigneur sortira de Jérusalem

: « pour se faire entendre à tous les peuples ; les or-

t. <4iueilleux seront abaissés, le Seigneur seul sera

; <( graad, et les idoles seront réduites en poussière ^ n

t Tels étaient les caractères distinctifs du Messie, le

. lieu et l'époque de sa naissance, ses œuvres, l'effet de

1 sa parole ; il devait, de plus, souffrir et mourir, et

I néanmoins paraître comme le Dieu fortj VAnge du grand

conseil, avec toute la gloire qui est due au Fils unique

de Dieu. Or est-il venu, à l'époque déterminée ou dans

aucun d^s siècles qui ont suivi, un autre personnage

que Jésus, le FUs de la vierge Marie, en qui ces

caractères se soient rencontrés? Peut-on assigner

une seule marque donnée par les prophètes qui ne

lui convienne pas dans le sens le plus absolu? A-t-il

paru, je ne dis pas seulement dans la Judée, mais

» Isaje, u, «, j.

410 KktiltA.TSOK CtlÉÉflBtHM

dans l^lnive^s entier, un emey^ dn xAét eer^me Jésos i La prédication de TÉvangile tfa4-e!tepas fité pour le monde Tëpoque d'tme rôvoluliofl iimnense, qui a mis fin au règne de ndolâtrie cher la plupart Ite peuples et fait offrir à Dîetr partout un sacrifice nony^u? Cest donc lai, manîfesteinent, qui était le Messie. Aussi les Juift, qui ne l'ont pas reconnu, après smt été agités pendant un sîètfle entier de la pensée qu'il allait venir, voyant écoulor tous les temps «mirqués par leurs propbèftes, ne savaient plus qu'en penser, et on assure qu'ils ont prononcé ranatbènae eonlre celui qui srupputerart les temps du Messie, « eomine « on Toit, dit Beissuet, dans une tempête qui a écarté « te vaisseau trop loin de sa route, le pflote déees- « péré abandonner son calcul et aller f te mène le « hasard*, m

Cette incrédulité des Juifs, qui ontrésîijte a la dotj ble lumière que faisaient briîler à leursryeux tes paroles des prophètes et les miracles de lésoM^lhrist, était elle-même annoncée en plirs$et:trs -endroits des divines Écritures, et Daniel, dont nous avons cité affleuTS les paroles, après avoir dit Tépoque précise où viendrait le Saint des saints, avait ajouté : Le pem^ pte qui lerenontera ne sera plus sen peuple; tes hosties et les saerifices seront abolis ; fabaminaîion de la fUsol«H»n sera dbte le temple, 'et la désolation ira jusqu'à une mme aitière ». Il y a dans cet endurcissement des Ju9b ub mystère qui nous dévoile toute Topposîtion -que hi vérité peut trouver dams les cœurs, eft jusi^n'e* va In liberté de ces eowirs, maîtres de tésfeler à ia grâce,

^ Disc, iurl'hiit. univ,, II* part., ch. xxiii. ' Daniel, ix, 27,

ACCOMmSBBMBirr Mb mOFffiSTIES 411

alors mêw» qn TesprHrmpmad seretoserà^Ia lumière qui -t^iaire. Sam doute, une partie oonsiêérable de U nation se compeittt, et -elle f^rma, ootofme noue le verrons bientôt-, les premiers éiénvents de TliSglise; DMB8 le corps méffle ^e 6tM& uafliéa persista à ne tou«* loir pas reeonnoitre Jésus pour son BacuTew, et oe fiit iseoBteetaMemeift la eausadetonises malheurs.

Qui ne serait frappé de i^oèômpIiBsèment de la pSH rote de Diéu?t[ai ae Iserait lK)tkeiié du ufcAheur de ee^ , peuple, objet MtrsMs^de tant de prédfledloÀ?... H est écrit dans nÊhrangile qU'an jour Netre-Seigneur, . YOjmt Jérusalefm, pleura sur ^e s et qufîS dit : ^ Oh ! « si du ineinsen xîe jour, qui est encore pGFurtoi un « jour de grâce, tu avais su connaître là paix qire je ^ tt t'apporte ! Mais maintenant tout ceia est eaché à tes tt yeux, ert il Rendra des jours 011 tes erinerafe ftront / #hiïe crrconfaQbtien autour de les murailles-; ils f en- , « fermetont et te presseront de tous ofttés ; Ms t» ren- , « Tereerent parterre, tôt et tes enfante, et is ne te , « laisseront pas pierre sur pierre, parce que tu n'as , « pas Toulu comiatlre le j emroù tu as été ▼isitée. » Une , autre feis, comme ses cRscîptes lui montraient les superbes édifices du temple, il leurrépondit : « Je rous « le dis ^n Tératé, de tout ce qiie vomr foye», il ne restt tera pas pierre 'sur pierre (jui ne soit renversée..; « et este s'accomplira avant que cette génération soit tt passée 3. »

Il n'y arait pas quarante anfeque Jégus-€hrist élart mort quand Jérusalem fut détruite et son temple renversé. L*ki8ioire n'oBte rien de pareil aux c^amités

' Evang, de S. Luc, xxi, «, 82

412 IlBVàl«ATION chrkhennb

de c^le malhaarense tilte. Les sigaeft que Noire-Sei*^ gneur avait donnés aux fidèles les avertirent à temps de se retirer & l'écart pour ne pas être enveloppés dans le chètioiQnt des Juifs infidèles. C'étaient des tremblements, de terre, des mortalités, des séditions, des phénomènes dans l'air, et enfin l'arrivée des armées romaines aux environs de Jérusalem. L'historien Josèphe, témoin oculaire de la plupart des événements qu'il rapporte sur la guerre des Juifis, cite un grand nombre de ces figues qui avaient jeté la consternation dansle peuple et lui faisaieni pressentir Texces de ses maux, isans ppuvoir cependant les lui faire préveair p^r une sage soumission à Tempire romain. Le bruit de ces prodiges se répandit au loin, et Tacite en a recueilli le souvenir : « Il arriva, dit-il, des préce sages funestes que celte nation ne pouvait détour- % ner ni par ses vœux ni par ses sacrifices. On rit daof « les airs des armées s'entre-choquer et le temple tout « en feu par des éclairs. Ses portes s'ouvrirent d'elles- <( mêmes, et l'on entendit une voix plus qu'humaine « qui criait que les dieux se retiraient ^* » Nous ne raconterons pas les événements qui suivirent : ils sont assez connus. On assure que onze cent mille Juifs périrent, soit dans la guerre intestine à laquelle les factionaise livraient dans Tintérieur 4e la ville, soit dans le siège et le sac de la ville, et, au moment où Jérusalem fut livrée au flammes, les rues ruisselaient de sang, les égouts étaient remplis de cadavres. La ville

* Tacit., Hiit., lib. V, cap. ziii. Josèphe dit:.« Le jour de la fête de la Pentecôte, les sacnf^ateurs étant dans le temple iutériear, ils entendirent une voix qui répéta plusieurs fois : SarUmt d*t«î, iorUms d'ici. »

ACC0MPUS6BBIBNT DBS PROPHBTIES 413

fui entièrement ruinée, et quoique les Romains eussent fait tous leurs efforts pour^ conserver le temple, malgré les ordres les plus absolus que Tite avait donnés à cet égard , ce temple fut brûlé comme le reste ^ Les vainqueurs firent passer la charrue sur la place qu'avait occupée la ville, ne laissant pas un édifice debout, exécuteurs, sans qu'ils le sussent, de la pçirole de Jésus-Christ : Avant que cette génération soit passée, il ne restera de Jérusalem, ni de son temple, pierre sur pierre qui n'ait été renversée.

Les paroles de Jésus- Christ devaient avoir plus tard un accomplissement encore plus littéral. Les Romains avaient fait disparaître jusqu'aux traces de Jérusalem et de son temple; il n'eu subsistait plusrien sur le sol, mais il y avait au-dessous du sol les pierres des fondations : il fallait que ces pierres elles-mêmes fussent levées, et ce fut Julien l'Apostat qui fut chargé de réaliser l'oracle divin. Il ne croyait pas aux propliéties, et il détestait la religion des Juifs. Il les engagea cependant à relever les murs de Jérusalem et du teippie, et voulut concourir à ce travail par des sommes considérables : son intention était probablement de convaincre d'erreur les prophéties qui avaient déclaré que ce temple ne se relèverait pas de ses ruines, ou de susciter des embarras nouveaux aux chrétiens en fa-, vorisant leurs ennemis les plus déclarés. Quoi qu'il en soit de son dessein, nous savons , par le récit même d'auteurs païens et juifs, que pendant que le gouverneur de la province employait tous ses efforts pour le faire réussir, et que les Juifs s'y prêtaient avec un

» Ballet, Biit. de Vétabl. du Christ., n»'29, 104-107.

414 ItÈyÈllftTKfS ClfliftVULHME ^

eiiliM)!iiMsméfaiex(Hvim des tourbiSofns de fiam* mm^ qvii Boilaieiït tied ftodeeerentâr psr des élancementsconlintreîs, rojélèfeîïtlo«t€fsle8rpierres, brûlèrent plumeiîrs owritefs et rendirenr la place Hraccessîble, de manière qu'cm se- vit contraint d'abandonnet l'entreprise, fl fot donc tapessiblé d^élever une nouvelle constniction, et les pierres qui avaient s^tn de fouit- Daetft au temple ftirent dispersées an loin.

Depuis ce temps, le peuple juif a élÈ jeté aux quatre vents ; il vit sans sacrifice, sans autel, sanssacerdoce; il a même cessé de vivre comme peuple, puisqtfan'a point delien isocial qui réunisse les indî vidas en corps de nation. Cependant ces individus, disséminés sur tous les points du monde, ne se stot jamais confimdus avec les peuples au milieu desqueb ils vivent depuis près de deux mille ans. En cela, comme en tout \ reste, la natïon jurve ne ressemble à rien de ce qui voit ailleurs. Elle est toujouts le signe donné de Dieu aux peuples, et elle accomplira sa mission jusqu'à la fin des siècles. Mie raccompHssaît autrefois, en conservant dans le monde les traditions sacrées et en préparant les voies au Messie; elle î'accomplîlayjourdTiui, en portant aux yeux de tous les Irommes, dans les livres qu'eBe garde reKgiensement, eomme dans te fait seul de sa dispersion, la prettte que le Messie est arrivé.

pROPâKS^enoww (smisfnAKisME 415-

LEÇON XXiV

LapropagatûMi du Ctnislmrisina est un d«s pla& gTSOicIs miroieles qw^ Dieu ait failB pmr «oofininsr la veàuB et la amskm tQËmie4uMe6flie,dl6«st»€ii'iB^6 temps i'i9Ge^cnpii88€iflieiit<left prophélias >q« ominvir çaient la coQwevalesi deB peufÉes; e-^est à ne point de cpie nous niulons la eoneidér^ en ee noAenl;.

mt^

§ î. zàfe» 0B8 kpovaass poum pRâdiCR hlstkmritm jm asAis-

x!aUPlRB AOtfi/^IK ET AUX JlîAinQN» Ul^ BUIS Él.QI6KÉ£)SL. — SUCCÈS EXTRAORDINAIRES QU'iLS OBTIENMENT. — LA RELI- GION s'Établit partout ; elle se propage da'NS l'l^ivers

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