II. U est une autre cause de dispense qui se ren
contre trop souvent dans l'état actuel de nos mœurs, surtout pour les enfants et pour les ouvriers, c'est l'impossibilité dans laquelle les exigences de leurs parents ou de leurs maîtres qui les font travailler les mettent d'observer la loi du dimanche. Ces parents et ces maîtres abusent certainement de leur pouvoir, à moins qu'ils ne se trouvent eux-mêmes dans un cas exceptionnel de nécessité ; cependant ceux qui sont sous leur autorité ne peuvent souvent, sans s'exposer à de fâcheux traitements, ou à des pertes très-graves, aller entendre la sainte messe, ni suspendre le travail qui leur est imposé. Une femme, un fils de famille, ne peut pas abandonner, Tune son mari, l'autre son père, pour aller trouver ailleurs plus de liberté de suivre les pratiques de la religion; il n'est pas toujours possible non plus qu'un jeune apprenti quitte l'atelier de son patron, niune domestique la maison de son maître, du moinsimmédiatement,avantd 'avoir trouvé une maison sûre, sous les rapports essentiels delà moralité. Donc, * si ces personnes ne peuvent obtenir le temps nécessaire pour aller à l'église entendre la messe, ni la permission de ne pas travailler à des œuvres interdites, elles seront, à raison môme de cette impossibilité, dispensées de la loi du dimanche. Il leur convient alors de suppléer par des prières, et par quelques autres actes de piété, à ce qu'il ne leur est pas permis de faire, afin de sanctifier le jour du Seigneur, et de ne pas contracter, pour le reste de leurs jours, la triste habitude de vivre en dehors des observances de l'Église.
Qu'ils sont heureusement inspirés ces hommes honorables qui s'appliquent surtout, dans les grandes
Btés, à ramener les mœurs publiques à la saluaire habitude du repos du dimanche! Nous ne wuvons qu'applaudira leur zèle et leur souhaiter un mccès plus complet. Ils ont compris comment les frais intérêts des individus, des familles et de la société se trouvent dans une observation plus filèle des lois de l'Église. N'est-il pas déplorable pi'un nombre considérable d'enfants, d'ouvriers, l'employés dans toutes sortes de maisons de commerce et d'administrations, soient contraints de se priver d'un repos qui leur serait salutaire sous tous les rapports, de ce repos du dimanche auquel tous ont un véritable droit,, et qui leur servirait à s'affermir dans les saintes pratiques de la religion, en môme temps qu'il leur procurerait un honnête délassement, à la suite des fatigues de la semaine ? -