‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrineChapitre 34 sur 82 · AUTORITÉ 3BS PARENTS DANS LA FAMILLE · texte numérisé non relu

AUTORITÉ 3BS PARENTS DANS LA FAMILLE

dans le père et dans la mère. C'est d'eux que nous avons reçu la vie; c'est par leurs soins que nous avons été élevés; leur sollicitude pourvut aux besoins de notre enfance, et elle a préparé notre avenir. Mais, dans tous ces biens que nous avons reçus d'eux, pouvons-nous ne pas voir Dieu, d'où procède toute paternité, sur la terre comme dans le ciel ? C'est lui qui est notre véritable père ; c'est lui qui a mis sur le front de celui qui nous donna le jour ce rayon de majesté devant lequel nous devons nous incliner avec un respect affectueux, et dans le cœur de notre mère, cette tendresse, cet amour si patient, si dévoué, si intelligent de nos besoins, qui fît le bonheur de nos premiers ans.

Il était donc bien convenable que Dieu, après nous avoir prescrit, dans les trois premiers commandements du Décalogue, de l'adorer, de respecter son saint nom, de sanctifier le jour qui lui est consacré, rappelât immédiatement nos devoirs envers nos père et mère. « Celui qui craint le Seigneur, dit le Saint- « Esprit, honore ses parents, et il obéit, comme à ses « seigneurs, à ceux qui l'ont engendré. Honorez votre « père dans vo$ œuvres, dans vos paroles, et avec une « patience inaltérable , pour qu'il vous bénisse, et « que sa bénédiction demeure sur vous jusqu'à la fin, « car la bénédiction du père affermit la maison des « enfants, et la malédiction d'une mère en arrache «les fondements; celui qui contriste sa mère est « maudit de Dieu. » Tobie bénissait avec effusion de cœur son fils, qui avait constamment eu pour lui les soins les plus affectueux, et il lui disait : « Écoutez, « mon fils, les paroles de ma bouche, et posez-les

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« dans votre cœur* comme le fonde tuent de. voir* u conduite. Quand Dieu aura reçu mon âme, enseveli lissez iboû corps, et voue honorerez votre mère tous « les jours de votre vie ; car vous devez vous souvenir a de tout ce qu'elle a souffert pour voua dans ses <( entrailles *. »

Nous honorons nos parents par les marques de respect, par l'obéissance et par les services effectifs que nous leur rendons.

Bien au monde ne peut dispenser un fils de l'obligation de respecter ses père et mère, pas même les défauts qu'il découvrirait en eux. L'intérêt ferait un devoir de cacher aux yeux du public les défauts et la mauvaise conduite des parents, car la gloire du père rejaillit sur sa famille, et un père sans honneur est une sorte d'opprobre pour ses enfants; mais un motif plus relevé impose cette réserve et commande toujours le respect; c'est le caractère sacré et ineffable que Dieu a mis en eux, caractère digne de toute notre vénération.

Le devoir de l'obéissance est tout aussi grave que celui du respect; il est cependant plus restreint et moins absolu. Tout aussi longtemps que les enfants vivent sous, la puissance paternelle, le père a le droit de les gouverner, de leur prescrire tout ce qu'il juge convenable, soit pour leur éducation, soit pour leur instruction, soit enûn pour les intérêts, pour l'ordre et L'administration de sa famille. C'est de tous les droits humains le plus incontestable et le moins contesté, car il repose tellement sur la nature* que sans lui on

>fifidésiaslique, . tir, 841 ; Tobie, 1?, £** .

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&a concevrait ni ordre ni bonheur possible pour la famille, ni dès lots pour la société.

Néanjaaoins, comme ce droit vient de Dieu et n'a été donné que pour le bien, il ne peut s'appliquer qu'à ce qui est bon, il ne peut s'exercer que conformément aux lois divines. Si donc le père, par ignorance ou par un abus criminel de son autorité, commandait quelque chose de contraire à la loi de Dieu, il ne pourrait y avoir obligation d'obéir : il n'y a pas de droit contre Dieu. Notre-Seigneur a prévu le cas où» ce que demandent les parents serait opposé à la loi de Dieu, quand il nous a dit 4 Celui qui ne m'aime pas plus que son père et sa mère n'est pas digne de moi. Non, le droit de commander n'est pas absolu et sans limites dans son objet; il ne l'est pas non plus dans sa durée, ou du moins il se circonscrit à mesure que les enfants avancent en àge~ Comme il tend principalement à leur t éducation et au gouvernement de la famille, il vient un temps où, l'éducation terminée et le fils formant un établissement à part, devenant lui-même chef de famille, ii ne sera plus obligé d'obéir à son père comme autrefois et dans la même étendue. Il devra toujours déférer respectueusement aux avis qu'il en recevra pour sa conduite personnelle et pour la correction de- ses mœurs ; mais il acquiert le droit de se gouverner et de diriger ses affaires comme il l'entend U législation civile qui nous régit fixe à vingt et un ans la majorité pour la plupart des actes de la vie.

Il est un autre devoir que Dieu nous impose à l'égard dû nos parents , c'est de subvenir à leurs nécessités

Nous ne leur rendrons jamais en, ce. point tout ce

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que nous avons reçu d'eux ; nous ne pourrons jamais assez dignement reconnaître les peines qu'ils ont endurées et les privations que bien souvent ils se sont imposées pour nous. Peut-être est-ce à ces sacrifices qu'ils ont faits pour nous procurer une instruction supérieure, que nous devons la situation qui nous est faite, les avantages dont nous jouissons dans la société : serait-il possible que nous eussions le cœur assez mal fait pour rougir de leur indigence?' A Dieu ne plaise que nous descendions jamais à ce point de vanité et d'égoïsme qui tarit la source des sentiments élevés, desséche le cœur, et déshonore un homme î Plus nos parents souffrent, plus nous devons les entourer d'égards et leur prodiguer des soins affectueux. Consolons leur douleur, soulageonsles dans leurs infirmités, et surtout, au milieu des sains que nous donnons à leurs nécessités matérielles , n'oublions pas les intérêts supérieurs de leur âme.

Combien qui, par défaut d'esprit de foi, par faiblesse, par de vains ménagements ou pour toute autre cause, négligent les nécessités spirituelles de leurs père et mère, et les laissent mourir sans prendre des précautions convenables qui puissent assurer leur salut!... On n'y pense pas, ou bien l'on craint d'avertir un père qu'il est temps de mettre ordre à sa conscience et qu'il va paraître devant Dieu... On doit, sans doute, user de prudence pour ne pas produire une commotion périlleuse dans l'état du malade ; il y a des insinuations, il y a des paroles consolantes à dire, il y a des ménagements que la prudence suggère; mais laisser son père s'éteindre

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