‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrineChapitre 35 sur 82 · AUTORITÉ M5S PARENTS DANS LA FABOLLB · texte numérisé non relu

AUTORITÉ M5S PARENTS DANS LA FABOLLB

dans une fausse paix, le laisser paraître avec une conscience peut-être souillée devant le tribunal du Juge suprême, pour y recevoir la sentence d'une éternelle condamnation, ce n'est pas prudence, ce n'est pas piété filiale, c'est une insensibilité, c'est une cruauté qui n'a pas de nom.

II. Dieu a fait aux enfants qui observent le quatrième commandement la promesse d'une vie longue et heureuse. Il accomplit sa promesse dans un sens plus relevé que les Juifs charnels ne l'avaient compris, en réservant un bonheur éternel à la piété filiale. Il ne faut pas douter cependant que ces promesses ne commencent à se vérifier sur la terre, par la protection particulière dont Dieu couvre les enfants respectueux et obéissants envers leurs père et mère. Ces enfants sont doublement heureux : ils portent dans leur conscience une paix, une satisfaction très* grande; et, de plus, ils sentent, ils voient d'une manière visible sur leur maison, dans leurs affaires, dans l'intérieur de leur famille, l'effet de la bénédiction du Ciel. Si tous ne vivent pas longtemps sur la terre; s'il arrive même quelquefois qu'on en voit enlevés de ce monde à la fleur de l'âge, c'est que Dieu veut leur procurer un plus grand bien. Il en retiré quelques-uns avant qu'ils aient abandonné la voie de la piété et de la justice, selon cette parole du Livre de la Sagesse : Il a été enlevé de peur que son esprit ne fût corrompu par la malice, et que les apparences trompeuses ne séduisissent son âme; il appelle les autres pour qu'ils ne soient pas enveloppés dans les malheurs publics dont les hommes sont menacés,

ni affligés de voir les misères qui atteindraient leurs

3Û& QT7ATRIBBI8 COMMANDEMENT

amis ou leurs proches ; fc juste, dit Isaie, a âé ma dans le lieu du repos l .

Les menaces faites aux enfants qui violent la loi du respect dû à leurs parents ne sont pas moins terribles, que les promesses que nous venons de lire ne sont consolantes. Le Saint-Esprit a dit dans le Livra des Proverbes : Quiconque maudit son père et sa mère, sa lampe s'éteindra au milieu des ténèbres*. Il est écrit ailleurs que celui qui centriste sa mère est maudit de Dieu.

On ne peut lire, sans en être saisi, l'histoire que saint Augustin rapporte d'une famille sur laquelle avait pesé la malédiction d'une mère. Pendant que la ville d'Hippone célébrait des fêtes à l'occasion de la translation des reliques de saint Etienne, premier martyr, il vint deux frères, Paul et Pallade, qui souffraient d'un mouvement convulsif de tous leurs membres, sans avoir un moment de repos. Les miracles qui s'opéraient par l'intercession du glorieux martyr, auquel saint Augustin les exhortait d'avoir recours avec une humble confiance, les attirèrent à l'église;, ils étaient prosternés devant ses reliques, répandant bien des larmes, et le peuple assistait à un office public. Saint Augustin . était en chaire, quand s'éleva subitement une grande clameur ; des cps de joie, des bénédictions, des voix Confuses, annonçaient qua ces deux frères venaient d'être guéris. Le saint évèque, qui avait déjà entretenu ses auditeurs des souffrances de ces .deux étrangers, voulut que l'un d'eux montât en chaire tout

* Isaïe, tvra, •*.

3 Proverbes* x» r 17.

f AUTORITE MES PARENTS DANS- LA FAMILLE t&ï

près de lui* pour raconter lui-même la cause et rjiifr toire de ses malheurs. Paul dit alors : « Nous étions a dix frères: l'aîné proféra des injures intolérables a contre notre mère commune, et il s'emporta même «jusqu'à oser porter les mains sur elle. Nous qui « étions tous là présents , nous le souffrîmes avec « patience, et ne dîmes pas même une parole à notre « frère pour lui reprocher sa conduite. Elle, alors, « outrée de douleur, résolut de punir ses fils par « ses malédictions, et, dans l'excès de son amertume, «elle se précipita vers une église, où, les cheveux « épars, le sein découvert, elle demanda à Dieu que, « chassés de notre patrie et condamnés h parcourir, « sans avoir nulle part un asile, les terres étrangères, , mous fussions pour tous les hommes ua exemple ■ a de terreur. La prière de notre mère fut aussitôt v «exaucée; la vengeance céleste éclata; et l'aîné> /* a le premier et le plus coupable rd'entre nous, fut en « même temps, saisi d'un tremblement général de ses «membres. Nous fûmes tous, dans le cours de «l'année, tourmentés successivement de cette ma- « ladie, chacun selon Tordre de sa naissance. Notre « mère, voyant l'effet de sa jnalédiction, ne put « soutenir les remords de sa conscience ; elle se a pendit, terminant une vie malheureuse par une «mort beaucoup plus funeste; et nous, devenus «un objet d'opprobre, nous avons dû abandonner «notre patrie, où il nous était impossible de suppor- « ter désormais les regards de nos concitoyens : nous « nous sommes dispersés en divers lieux. » Ces malheureux moururent misérablement, accablés de souffrances et tottrmentéd-dwBOuveûir de leur mère. Paul

et Pallade, plus heureux, trouvèrent miséricorde auprès de Dieu. On comprend ce que cette histoire dut produire d'impression sur les fidèles. Saint Augustin s'en servit pour rappeler à son peuple les paroles de l'Écriture sainte, qui nous montre les terribles effets de la malédiction d'une mère, et pour avertir les parents de se bien garder de maudire jamais leurs enfants *.

§ 2. — AUTORITÉ DES SUPERIEURS DANS L'ÉGLISE ET PANS LA SOCIETE CIVILE.

î. Il est une autre paternité vénérable aux yeux du chrétien, et dans laquelle se manifeste aussi d'une manière bien frappante, la sainteté, la bonté, l'infinie miséricorde de Dieu, c'est la paternité des âmes, c'est Pautorité de l'Église. L'Église nous a engendrés à la * vie surnaturelle de la grâce ; depuis le jour de notre naissance spirituelle, elle n'a cessé de veiller sur nous avec une sollicitude maternelle; elle nous entourera de ses soins, nous couvrira de sa protection devant Dieu jusqu'à notre dernier soupir; disons mieux, jusqu'à ce qu'elle nous ait introduits dans le séjour éternel des élus.

Ce n'est donc pas sans raison que nous donnons te nom de Pères aux pasteurs de l'Eglise. Mes petits enfants, écrivait saint Paul à des fidèles qu'il formait à la vie chrétienne, je ressens pour vous les douleurs de tenfantement, jusqu'à ce que Jésus-Christ soit formé en vous 1 . Nos supérieurs peuvent tous nous tenir ce langage,

i ÇiU de Dieu, liv. XXII, ch. toi; sermon 322. 3 Ép. aux Galates, iv, 19.

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puisque chacun d'eux, selon le degré de ministère qui lui a été confié pou mous, concourt à former, à conserver, à perfectionner en nous la vie de la grâce, qui est la vie propre des enfants de Dieu. Le premier de ces pasteurs, celui dont l'autorité est la plus éminente, et s'étend sur tous les chrétiens, est le vicaire de Jésus-Christ, notre saint-père le Pape. Il n'est pas un fidèle, dans quelque pays du monde qu'il soit, qui ne doive se regarder comme l'enfant du SouverainPontife. Après le Souverain Pontife vient notre évoque, dans la personne duquel nous vénérons aussi Jésus-Christ, et dont l'autorité , quoique subordonnée à celle du Pape, est très-grande, très-élevée, digne à tous égards d'une vénération profonde. Sous l'autorité éminente et la haute direction de Tévêque, sont les prêtres, dont les uns ont le gouvernement immédiat d'une paroisse, d'autres se dévouent à nous dispenser la parole de Dieu, et les sacrements qui nous vivifient; tous ainsi participent à la paternité divine.

De là ressortent des devoirs analogues à ceux que Dieu nous a imposés envers nos père et mère. Le caractère auguste que la foi nous fait vénérer dans le sacerdoce, nous oblige à respecter beaucoup ceux qui en sont honorés. Quelle dignité pour un homme mortel! quelle auréole de gloire éclaire ce front sur lequel a coulé l'onction sainte du sacerdoce î Quelle puissance a été donnée à celui qui d'une parole attire et rend présent sur les autels Jésus-Christ; qui, par là vertu de son ministère, éclaire les intelligences, ferme les portes de l'enfer, brise les liens du péché, rend la vie aux morts spirituels, réconcilie le pécheur avec Dieu!... Non, il n'y a rien sur la terre de plus respectable que

le prêtre. S'il arrive que le ministre de Dieu mêle à la sainteté de son sacerdoce des mœurs qui ne soient pas pures ; s'il paraît sujet à des défauts, ou même à des -vices, et Dieu le permet quelquefois pour éprouver son Église, c'est un malheur; il faut le déplorer, mais que ces torts, quelque graves qu'on les suppose, ne nous fassent jamais oublier le caractère divin que cet homme a reçu. Au lieu de divulguer ses égarements, couvrons-les de notre silence, nous estimant heureux, si nous pouvons les dérober aux regards du monde.

Heureusement ces scandales sont rares ; et, malgré tes faiblesses, suite inévitable de la condition humaine, les pasteurs de l'Église se distinguent dans la société par l'élévation de leur caractère, par la simplicété de leurs habitudes, par la pureté de leurs mœurs, par leur dévouement. Ces vertus privées ne sont pas, il ^st vrai, le fondement du respect que nous leur devons, mais elles rendent plus facile l'accomplissement de notre devoir.

L'obéissance nous sera également rendue facile, si nous ne perdons pas de vue que les supérieurs ecclésiastiques sont, à notre égard, les organes de Celui qui leur a dit : qux vous écoute, m'écoute. L'obéissance due à TÉglise est de tout autre nature que celle que nous pouvons rendre à des autorités humaines, parce que c'est à Jésus-Christ vivant et parlant dans la personne des premiers pasteurs qu'elle s'adresse. Elle soumet l'esprit dans ses pensées les plus intimes; Je cœur dans ses affections naturellement les plus indépendantes; les sens extérieurs, l'homme tout entier. Quand le Souverain Pontife nous enseigne ce qu'A faut croire, quand il porte des lois sur la disciple

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il le fait avec une plénitude de puissance,, et un* assistance du Saint-Esprit» qui nous fait recevoir sa parole comme celle de Jésus-Christ, qui nous soumet à l'empire dç son autorité paternelle, comme à la volonté de Dieu. L'évêque n'a pas d'aussi grandes préror gatives, ni les mêmes promesses; mais, tant qu'il demeure uni au corps des pasteurs, dans la communion du Saint-Siège, nous lui devons vne obéissance religieuse, car c'est au nom de l'Église qu'il nous parle ; il nous transmet la doctrine de l'Église; nous devons, présumer qu'il nous gouverne selon l'esprit de sa discipline. L'autorité du pasteur immédiat de la paroisse, da directeur de la * conscience, du prédicateur, est moins grande que celle de l'évêque ; si le prêtre était isolé, sa parole ne nous rassurerait pas suffisamment; 1 mais, s'il demeure uni à l'évêque comme l'évêque demeure uni à la chaire de saint Pierre, il a droit à jtfotre obéissance. Dans son enseignement,, nous écoutons celui de l'Église; nous vénérons en lui l'autorité de Jésus-Christ, qui a dit à tous les pasteurs agissant, enseignant, dirigeant les fidèles dans l'unité de l'Église et la subordination hiérarchique : Celui qui vous éeoute^ ri mute ; celui qui vous méprise, me méprise.

IL Les habitudes de respect et d'obéissance contractées daos la famille et dans la société religieuse préparent à l'État de bons citoyens. Plus un enfant aura été respectueux pour son père ; plus il se rendra docile aux enseignements et à la direction de l'Église; plus aussi on le verra soumis, non par contrainte, mais par principe de conscience, aux lois de l'État, et dévoué au service de sa patrie.

Ce sont, au fond, les mêmes traditions, les mêmes

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idées. Dieu paraît d'une manière moins sensible dans le chef d'un État, qu'il ne se montre dans le père de famille, et dans le supérieur ecclésiastique; son action se cache dans les événements qui changent la forme des sociétés, et déterminent les attributions diverses de ceux qui sont chargés du gouvernement des peuples. L'institution des pouvoirs politiques semble plus abandonnée aux passions, aux intrigues, à l'habileté des hommes. Cependant Dieu est aussi réellement pour la société, qu'il l'est pour la famille et dans l'Église, la source du véritable droit, le principe d'où émane toute autorité ; tout vient de lui et doit retourner à lui. // n'y a pas de puissance qui ne vienne de Dieu, dit l'Apôtre saint Paul ; c'est pourquoi celui qui résiste au pouvoir, résiste à V ordre de Dieu I .

Si nous n'admettions pas que toute autorité vient originairement de Dieu, comment expliquerions-nous . la légitimité du pouvoir, pour y trouver l'idée morale* d'un droit? Serait-ce une création de l'homme? Mais le pouvoir s'impose à la société, et il existe indépendamment des hommes. Il faut : ou que les hommes se réduisent à vivre dans la solitude, ce qui est contre les instincts de notre nature; ou que, s'ils vivent en société, il j ait une autorité qui les domine. La société n'est pas un nombre plus ou moins considérable d'individus existant à côté les uns des autres, sans rapport entre eux, sans nulle obligation réciproque, sans aucune tendance commune, poursuivant chacun des intérêts privés : un pareil état de choses, bien loin de former une société, ne donne que l'idée du chaos. Il

T Ép. aux Romains, xiri, l, 2.

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