DROIT DE PROPRIÉTÉ
déments publiés à une époque récente. La doctrine de l'Église se résume dans ces deux propositions : îl Taut respecter le droit de propriété parce qu'il est 'fondé sur l'ordre de la divine Providence ; il faut observer religieusement les règles de la justice dans les actes par lesquels on acquiert la propriété.
§ 1. — LE DBOIT DB PROPRIETE EST FONDÉ SUR i/ORDRE DR LA DIVINE PROVIDENCE. — CE Qu'lL FAUT PENSER DU COM- MUNISME.
I. Le droit de propriété ne peut pas être l'objet xf\u> doute sérieux. Dieu, qui a créé l'univers pour notre usage, a voulu que l'homme travaillât à la sueur de son front, et que les biens qu'il a acquis par le travail, ou qu'il s'est appropriés, alors qu'ils n'appartenaient , à personne, formassent sa propriété individuelle. Cet ' ordre de la Providence se manifeste dans l'histoire du monde, dès les premières pages de la Genèse.
La propriété nous apparaît dans la famille d'Adam. Caïn cultivait la terre, Abel avait préféré la vie pastorale. L'un était maître des champs qu'il cultivait, et il en offrait à Dieu les fruits, comme une chose dont il était libre de disposer; l'autre avait un troupeau, et les premiers-nés de ce troupeau, ce qu'il avait de meilleur, il le donnait à Dieu, en le lui offrant par des sacrifices. Ces premiers indices de propriété fixent moins l'attention, parce qu'à cette époque où les hommes, encore si peu nombreux, voyaient toutes les richesses de la création à leur disposition, chacun d'eux ne devait pas se préoccuper des choses qu'un autre voulait s'approprier. Il n'en fut plus de même quand les familles
se multiplièrent, quand se formèrent les tribus, quand | s'élevèrent des cités, quand le monde, en un mot, commença à se peupler. Alors on vit les hommes défendre avec énergie l'héritage qu'ils avaient reçu de leurs pères, ou qu'ils avaient acquis par leur travail, j L'atteinte au droit de ces propriétés fut considérée comme une injure que Ton devait repousser; les guerres entre les villes n'eurent pas ordinairement d'autres motifs, non plus que les querelles entre les individus. Rapporterons-nous ici ce que les premiers monuments de l'histoire nous disent dans ce genre, et les traits si nombreux de la vie des patriarches, d'Àbraham, d'Isaac, de Jacob? Qui ne sait qu'ils possédèrent des troupeaux considérables, qu'ils acquirent des terres pour la sépulture de leur famille, et transmirent ces biens à leurs enfants? Les familles, comme les peuples, avaient leurs propriétés distinctes; la propriété était dès lors, comme elle est aujourd'hui, l'un* 1 des conditions de l'état social.
Cet accord universel des peuples nous est une preuve certaine de l'ordre de la Providence que nous invoquons ici ; et, n'y eût-il rien de plus explicite dans les traditions chrétiennes, il nous suffirait pour établir que Dieu l'a ainsi voulu. Oui, c'est manifestement Dieu qui, en destinant l'homme à vivre en société, a mis en lui deux sentiments qui seuls rendent cette destinée possible,: l'amour de la famille et l'idée de la propriété. Aussitôt que l'homme peut faire quelque usage de la raison, se révèle l'empire que ces sentiments exercent sur lui. Les usages qu'il adopte, les lois qu'il rédige, les institutions qu'il fonde, n'ont pas d'autre base, et l'histoire atteste que les empires ont