‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrineChapitre 75 sur 82 · DÉSORDRE DÛ PÉCHÉ · texte numérisé non relu

DÉSORDRE DÛ PÉCHÉ

« et profonde plaie qui consiste dans l'imprêèslon de « son excellence propre, de sa grahdeur propre, Vou- « lant toujours se persuader qu'elle est quelque chose « d'admirable, se repaissant de la vue de sa propre a perfection, et ne voyant rien autour d'elle qu'elle nô « veuille s'aâsujettir; d'où vient l'ambition, la domi- (( nation, ^injustice, la jalousie ; tii rfeii en elle-même « qu'elle ne veuille s'attribuer; d*où vient là présomp- « lion de ses propres forces. Et c'est en tout cela qu'il « faut reconnaître la naissance de ce qui s'appelle « f orgueil *. »

Les saintes Écritures désignent cette passion soùà le nom de superbe, qui Signifie s'étever au -dessus, parce qUè l'orgueilleux prétend s'èleVër aU-dessUs de lui-mêtne, en s*attrîbuant Un mérité qu'il n*a pas, et eu poursuivant une gloire qui ne lui est pas due. Dieu permet qu'il obtienne quelquefois cette gloire, objet de tant de convoitises; mais, colnme ia passion est insatiable, l'orgueilleux ti'est jamais Satisfait, et Chaque succès qu'il obtient est pour lui un nouveau sujet d'inquiétude qui allume de plus en plus le feii qui le dévore. Qu'il obtienne cette gloire vaine, stérile, qui ne lui donnera jamais de bonheur, ou qu'il la poursuive sans l'atteindre, l'orgueil lui fera commettre beaucoup de fautes ; il Sera la souréè première de plusieurs désordres qui viennent d'être signalés; il le rendra ambitieux, vain, ingrat envers Dieu, souple jusqu'à la bassesse à l'égard des supérieurs, de qui il espère quelque élévation, des places, des dignités; fier et insolent à l'égard de ses égaux, dur et hautain pour ceuï qui lui sont soumis.

1 Bossuet, Traité de la concupiscence, ch. xv.

gent, c'est d'en Amasser encore, c'est <Tèh avoîf beaucoup, avec la pensée qu'il pourrait àfc jooîf s*îl le toulait ; du reste, bien loin d'en jouir, il né veut pas, il n'ose pas y toucher, et, plutôt que de diminuer son trésor, il s'impose de dures privations, il mène une vie pénible et sans honneur* L'arabe possède bien moins son argent qu'il n'est possédé par 8â passion; elle lui resserre ie cœur, elle le rend dur à regard des pauvres, souvent injuste è l'égard des ouvriers et des domestiques, elle lui fait commettre des fraudes dans les contrats. Passion détestable, qui rend l'avare ennemi de Dieu et odieux aux hommes!

C'est ainsi que les passions si diverses qui agitent l'homme et qui le portent au mal, prennent toutes leur racine dans l^amour désordonné de sol- même, amour que les saintes Écritures désignent souvent sous le nom de tkair, et auquel elles n'attribuent pas moins la superbe, l'envie, les colères, que rivrogneri * et les autres excès que l'homme peut commettre par l'abus des choses sensibles. La chair, ainsi considérée, le monde et le démon, sont donc, avec la faiblesse propre à toute créature, les causes du péché ; mais ces causes n'imposent jamais de nécessité.

Ni le détnon, malgré ses ruses, ses artifices et sa ifcalice; ni le monde avec ses maximes, ses séductions et l'entraînetaent de l'exemple; ni la chair avec ses ftiblesses, n'entraînent la volonté si elle ne consent librement è les suivre t la volonté a toujours dans la grâce de Jésus-Christ rédempteur la vigueur nécessaire pour résister. * Jésus-Christ, dit M. Olier, a « vu trois ennemis capitaux qui assiégeaient notre « ftme î la chair, le diable et le mondé. Contre la

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